INTERVIEW

Interview filmée du groupe Lilly Wood and The Prick pour Le Mensuel en 2013

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 Lilly Wood & The Prick

en interview 

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LILLY WOOD & THE PRICK

  
 Interview de Nili Hadida & Benjamin Cotto réalisée au Mas des Escaravatiers en 2013

  

« Ça fait toujours du bien de sentir

que tu as une personne à côté de toi… » 

 

C’est sur scène qu’ils ont grandi tous les deux main dans la main et c’est en studio, pendant la création de leur deuxième album, The Fight, que Nili et Benjamin semblent avoir pris leur courage à deux mains pour faire un bond dans l’âge adulte. Plus mâture, plus expérimenté et plus professionnel que jamais, le duo n’a pas hésité une seconde à monter sur le ring pour défendre une musique certes plus avertie qu’auparavant mais qui n’a rien perdu de sa fraîcheur.

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lilly-wood-and-the-prick-interview-2013-C2Morgane L. :  Contents de revenir au Mas ?
Nili Hadida : Plus que contente, ravie…

Benjamin Cotto : Vraiment ravi !

Qu’est ce qui vous plait tant dans ce festival pour y être si fidèles ?
Nili : Je pense que ce festival et ce lieu, Le Mas des Escaravatiers, parlent d’eux-mêmes…

Benjamin : C’est à la fois ce cadre exceptionnel, c’est la proximité avec les gens, c’est l’accueil, c’est la région, c’est tout l’ensemble !

Nili : Le Mas, c’est un tout et c’est aussi une partie de notre histoire à nous. La première fois qu’on a débarqué ici, c’était il y a quatre ans déjà. À l’époque, c’était notre toute première tournée d’été. Et à peine arrivés, on a été (comme beaucoup je présume) émerveillé par l’endroit avant de l’être par l’accueil de l’équipe. Du coup, tout naturellement, on a eu envie de revenir régulièrement. Et c’est ce qu’on a fait. Au fil du temps et des visites, on est finalement devenu copains avec les organisateurs jusqu’à revenir en dehors des dates de concerts pour écrire une partie de notre dernier album il y a un an. On a d’ailleurs écrit un morceau qui s’appelle « Le Mas » en hommage à ce lieu qui nous est cher.

Donc « Le Mas » fait vraiment partie de l’histoire du groupe ?  
Benjamin : Oui, c’est un endroit que l’on ne pourra jamais oublier. Il a fait partie de notre évolution à tous les deux jusqu’à marquer notre deuxième album, « The Fight »…

Vous qui tournez beaucoup, connaissez-vous d’autres lieux comme celui-ci en France ?
Benjamin : Non, il y a des lieux formidables bien sûr mais qui sont très différents de l’ambiance familiale qui nous enveloppe ici.

Nili : Il n’y a aucun autre endroit qui soit comme Le Mas. Faire un festival chez toi, où le public est vraiment dans ta maison, ton jardin, je n’ai jamais vu ça ailleurs ! Il y a un côté super intime et familial qui est totalement unique !

Vous aimez être aussi proche du public ? Ce n’est pas un peu gênant pour un artiste ?
Benjamin : Non parce que ça te donnes vraiment l’impression de jouer avec tes amis, avec une bande de potes sauf qu’ils sont un peu plus nombreux ! (rires) C’est ça qui est assez cool, il y a une magnifique proximité mais qui n’est pas dangereuse. Ça ne fait pas peur contrairement à des salles ou des petits festivals où il arrive que tu ais une impression assez étrange en sentant que les gens sont vraiment trop proches de toi. Ici c’est différent, il y a un côté vacances que tu ressens vachement. Ils sont détendus et du coup, non aussi ! (rires)

Nili : Et puis, avant de faire des grandes salles, on a commencé dans des trous à rats ou dans des sous-sols à Paris devant trois pèlerins ! (rires) On a l’habitude de la proximité avec le public.

Après le succès de votre premier album, le deuxième, « The Fight » est né comment ?   
Benjamin : Ça nous semblait être un lieu commun mais le deuxième album est réellement très difficile à réaliser pour un artiste. C’est à partir de cet album là que l’onlilly-wood-and-the-prick-interview-2013-C1 commence à te mettre la pression en te disant qu’avec un deuxième album tu peux te casser très rapidement la gueule…

Nili : Surtout quand tu es un petit groupe qui ne sort de nulle part et que tu as un peu trop vendu sur le premier…

Benjamin : On avait réalisé beaucoup de choses avec le premier et on n’avait pas envie de les perdre alors on s’est battu pour celui-ci, beaucoup plus finalement que pour le premier, d’où son titre.

Comment avez-vous choisi de vous entourer pour monter sur le ring ?  
Nili : On a un fond très loyal alors on n’a pas désiré changer d’équipe. Et c’était intéressant de garder la même parce qu’on avait tous grandi et on s’était tous enrichis ensemble. On aurait pu, et on s’est posé la question, aller en Angleterre, faire appel à je ne sais qui de coté ou à la mode… Mais finalement on a refait pareil, on a travaillé en petit comité, en confiance et pour le troisième album, je me demande même si on ne va pas le faire que tous les deux tout seuls, ici. On n’a pas la folie des grandeurs. On ne voyait pas l’intérêt d’aller chercher midi à quatorze heures. Quand un truc marche je ne vois pas pourquoi le changer.

Pour le deuxième album, on n’a pas peur de ne pas arriver à le faire, peur de la page blanche ? Car pour le premier, vous aviez tout le temps de le faire, de l’écrire, il n’y avait pas de pression…
Benjamin : Non, je crois que petit à petit, avec l’expérience qui s’installe, tu as des automatismes qui se créent. Quand tu es en tournée, tu n’as pas forcément envie d’écrire parce que tu es dans une sorte d’euphorie constante lorsque tu joues tes morceaux. Mais à un moment, malgré le bonheur que ça te procure, tu as une légère sensation de rengaine, de routine qui pointe le bout de son nez et c’est à ce moment là, en fin de tournée, que l’on a commencé à avoir envie d’écrire de nouvelles choses, de passer à autre chose tout en s’inspirant de ces expériences.

Nili : C’est exactement ça, on n’a pas connu l’angoisse de la page blanche car l’écriture s’est imposée naturellement à nous comme un besoin. Avec Ben, on ne travaille pas sous pression. Ça ne sert à rien de nous dire de travailler, ça ne marche pas ! (rires) On fait les choses quand on a envie de les faire et comme on a envie de les faire. Pour l’instant, on arrive encore à trouver l’inspiration sans avoir à ce poser de questions…

Vous avez évolué, grandi sur scène tous les deux ensemble, c’est une chance, par rapport à des artistes solos, d’être à deux pour vivre ces expériences ?  
Nili : C’est une chance extraordinaire ! On se le dit souvent ! Et même si, dans certaines situations, on ne se le dit pas, on pense très fort « heureusement que tu es là » lilly-wood-and-the-prick-interview-2013-C3parce que vivre ça tout seul, ça doit être un peu rude, tu dois avoir du mal à prendre du recul. Parfois, on s’envoie chier avec Ben, comme en famille ou en couple, mais ça fait toujours du bien de sentir que tu as une personne à côté de toi.

Benjamin : Je pense qu’il faut être totalement schizophrène pour évoluer tout seul dans ce métier là parce qu’on te pose sans cesse des tas de questions, tu dois assumer tes choix et, même si tu entouré, tu as tout sur tes épaules. Etre à deux, c’est pouvoir s’entraider et surtout pouvoir avoir une autre option, de multiplier les propositions et les réflexions.

Nili : Après c’est sur qu’on s’engueule mais c’est comme tout le monde dans la vie. Dans n’importe quel couple, même professionnel, c’est sain de s’engueuler. Si tu ne t’engueules pas, c’est que tu as un problème. Moi je m’engueule tout le temps avec tout le monde, c’est mon grand truc. Je suis donc en très bonne santé ! (rires)

Comment faites-vous pour avoir un style musical toujours aussi frais, aussi instinctif ?   
Nili : Parce qu’on est trop nul pour prendre des cours ! (rires) On a beaucoup appris en tournée, sur le tas, comme on dit et il y a des choses qu’on fait maintenant qu’on ne savait pas faire avant. On n’a pas été à l’école des « musicien », c’est pour ça qu’on a encore de grosses lacunes mais c’est aussi ça qui a fait de nous ce que nous sommes.

Benjamin : Ce manque de technique fait qu’on est resté spontané. Plus tu apprends, moins tu es instinctif. C’est difficile de sortir d’un carcan trop scolaire, d’oser aller à l’encontre de ce que tu as appris. Tout ce que tu écriras, dans ces cas-là, se ressemblera toujours.

Nili : Mais il faut dire aussi qu’on s’entoure très très bien. Les musiciens qu’on a derrière nous forment une machine. On les adore et ils sont là pour que ça tienne la route et pour que nous puissions nous éclater sur scène. On n’est pas là pour faire une démonstration technique mais pour jouer nos morceaux et partager un moment de bonheur avec les gens.

 
Sur cette tournée, on retrouvera tout de même quelques extraits du premier ?
Benjamin : Oui quelques-uns, on ne peut pas s’en empêcher !

Nili :
Oui et c’est un plaisir car avant, lors de la première tournée, puisque l’on n’avait qu’un seul album, on paniquait un peu à l’idée de ne pas avoir assez de morceaux pour jouer une heure et demie… Maintenant on peut choisir ce qu’on veut !

La setlist change selon les dates ?
Nili : Oui même si dans les grandes lignes, le concert reste à peu près le même. Il arrive que parfois, on n’ait pas envie de jouer un truc, alors on en met un autre, on libre de choisir ce que l’on veut et ça c’est merveilleux…



Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson
Interview parue dans l’édition n°341 d’Octobre 2013
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