À retardement de Franck Thilliez, paru chez Fleuve Noir et Pocket : un thriller nerveux entre crimes et maladies psychiatriques

À retardement de Franck Thilliez
© Le Mensuel

À retardement de Franck Thilliez, paru chez Fleuve Noir & Pocket

Le mal sous la peau

On retrouve Franck Sharko, le policier fétiche de Franck Thilliez, que l’on suit régulièrement dans nos colonnes. Cette fois, l’enquête s’ouvre sur une disparition troublante : une femme, rentrée à pied chez elle en traversant les Buttes-Chaumont en plein hiver, s’est volatilisée. Ratissage du parc, caméras de surveillance, voisinage… Sharko et son équipe ne trouvent rien. Mais la direction du Bastion – nouveau siège de la Police Judiciaire – lui retire soudainement le dossier pour l’envoyer sur une autre affaire, plus curieuse encore… Ce qui n’est pas étonnant pour tous les fidèles lecteurs de l’auteur français ! Adepte du thriller psychologique qui pénètre, d’ouvrage en ouvrage, dans les pires tréfonds de l’âme humaine, ce dernier réussit – étrangement et magistralement – à tenir en haleine tous ceux qui s’engouffrent dans les chapitres de ses romans noirs, incommodants, effrayants voire, par moments, presque écœurants

À retardement de Franck Thilliez
© Fleuve Noir

À retardement (désormais disponible en version poche) ne déroge pas à la règle. Entre Capitale, banlieue et province, le polar va aussi bien nous conduire sur un quai de gare où un inconnu très agité aurait poussé un voyageur sur les rails avant de disparaître ; que dans une Unité Maladies Difficiles aux côtés d’Éléonore Hourdel – psychiatre – qui va recevoir un patient schizophrène voulant s’arracher le ventre avec les doigts, et qui va assister au suicide d’un homme dont la femme avait été tuée par un individu qu’elle avait déclaré pénalement irresponsable ; mais également auprès d’un homme (très) sauvagement assassiné et à qui on aurait fait avaler de force des cristaux de soude… Pour boucler la boucle, bien qu’elle invalide son identité, celui-ci serait le père de la psy…

À retardement de Franck Thilliez
© Fleuve Noir

Au milieu de cadavres, de cas étonnamment fulgurants de maladies mentales, de toxoplasmose inexpliquée et d’un mystérieux « Capitaine » évoqué par certains patients, Sharko pourrait bien s’enliser s’il n’était pas adepte de méthodes certes peu orthodoxes, mais diablement efficaces ! S’interrogeant sur de vieilles vengeances liées à un hôpital de la région de Rennes, et sur le fait qu’il existerait peut-être un phénomène de déclenchement à retardement, Franck Thilliez brouille comme à son habitude les pistes, tout en mettant en œuvre une mécanique d’écriture d’autant plus inquiétante qu’elle apparaît de plus en plus plausible au fil des pages. Les chapitres se raccourcissent et se resserrent, amplifiant le rythme haletant, à mesure que l’on avance dans ce puzzle peuplé de vers, de serpents, d’araignées, de crises psychotiques et paranoïaques, de meurtres atroces et de rivalités. Le résultat : un thriller nerveux, précis, dérangeant ; un dénouement inimaginable et quelques nuits sans sommeil…

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