- interview / théâtre contemporain
- « Une heure à t’attendre » avec Thierry Frémont aux Théâtrales d’Èze
- ★ 02 août 2026 / 21:00 / Èze / Oppidum du col d’Èze
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- à retrouver également à Ramatuelle, Cannes, La Ciotat
« C’est une pièce extrêmement bien écrite, sensible et brillante… »
Thierry Frémont
Homme de cinéma et de théâtre passionné tant par le jeu que par les textes, Thierry Frémont ne s’adonne jamais à un scénario ou à une pièce par hasard. Cette fois-ci, il a jeté son dévolu sur « Une heure à t’attendre », une joute verbale (en compagnie de Nicolas Vaude) aux allures de thriller…
Morgane Las Dit Peisson : La pièce s’ouvre sur deux hommes attendant une femme…
Thierry Frémont : Une heure à t’attendre débute d’une façon légèrement étrange, car on ne sait pas bien à quoi s’attendre… Il y a plusieurs tons dans cette pièce et, lorsqu’elle démarre, on est sur quelque chose qui fait penser à l’univers de Pinter. Un homme en surprend un autre dans une garçonnière, ils ne se connaissent pas mais se mettent à échanger. Il y a une sorte de malaise un peu comique qui plane… L’arrivant titille le premier sans lui dire ce qu’il fait là, l’autre part à la pêche aux questions et on finit par comprendre qu’ils attendent « simplement » la même femme. L’un est le mari, l’autre l’amant…

Un triangle amoureux revisité…
La pièce utilise vraiment le code du vaudeville en répondant au schéma mari, femme, amant mais en version tragi-comédie. On n’est pas dans de la blague et de la porte qui claque, tout repose sur de l’esprit et sur la tragédie que vivent ces deux personnages. Être profondément amoureux de la même femme, c’est un drame et c’est de ça qu’ils vont parler pendant une heure. Ce qu’ils veulent essayer de déterminer, c’est qui la mérite…
« Qui la mérite ? » et non pas « À qui elle appartient ? »…
C’est exactement ça, ce sont deux hommes intelligents qui veulent respecter cette femme, ses choix, ses désirs et ses chamboulements amoureux, au prix de leur propre souffrance. Tous deux sont prêts à s’effacer pour laisser la place à celui qui sera le plus aimé par elle… C’est une pièce extrêmement bien écrite, sensible et brillante, pleine de rebondissements, de (très) bons mots et de traits d’esprit. Si la personne attendue n’avait pas été la femme de leurs vies, ils auraient certainement pu être les meilleurs amis du monde tant – malgré leurs différences -, ils ont de points communs… D’ailleurs, le fait de la jouer avec l’aérien Nicolas Vaude met tout ça en abîme : diversité, admiration, respect et goût des mots…
© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson à La Chèvre d’Or d’Èze / Photo Léane Le Meur
