Sébastien Castro en interview pour sa nouvelle pièce « Un succès fou »

Sébastien Castro en interview
© Matthew Totaro

De retour avec sa 3ème pièce, Sébastien Castro a été pris à son propre piège ! Désireux de la roder dans une poignée de villes en région avant de l’installer quelque temps sur Paris, il a dû faire face à l’engouement de programmateurs et de spectateurs devenus des inconditionnels, tant de son jeu que de son écriture !

Après que « Une idée géniale » a reçu deux Molières et sans cesse rempli les salles, « Un succès fou » – dont le titre colle à merveille au parcours de l’auteur – semble bien partie pour suivre le même chemin, elle qui a affiché complet un peu partout avant même que la troupe ne finisse ses répétitions. Avec leur humour fin, leur goût pour l’absurde et leur créativité sans faille, les boulevards contemporains de Sébastien promettent, comme ceux de Ray Cooney, Jean Poiret ou Robert Lamoureux de devenir, un jour, de véritables classiques du genre…

Morgane Las Dit Peisson : Ta nouvelle pièce a affiché complet avant même d’avoir été jouée, c’est signe que les gens ont confiance en ton travail…

Sébastien Castro : C’est surréaliste ! Les gens ont réservé en ne connaissant rien d’autre que l’affiche, le titre et la distribution… C’est un gage de confiance incroyable ! Je rêvais de démarrer l’exploitation par une tournée plutôt que par Paris comme ça se fait habituellement. Ça permet en effet aux programmateurs de découvrir la pièce avant de l’acheter…

On a pris ce risque avec l’espoir de faire au moins une quinzaine de dates alors qu’on en a finalement 50 ! C’est fou de réaliser que les salles et le public nous ont accordé toute leur confiance, sur un simple pitch… 

Sébastien Castro en interview
© DR

Une 3ème pièce dont le titre colle à merveille au succès de tes créations…

Quand quelque chose « marche », ça ajoute une pression bénéfique… (rires) La différence avec les débuts, c’est que la 1ère fois, on n’a rien à perdre ! Maintenant que des gens aiment mon travail, la pire chose qui pourrait m’arriver serait de les décevoir. C’est assez angoissant et je crois que c’est à cause de ça que je mets plus de temps à écrire. J’ai besoin que ce soit toujours plus abouti, de pièce en pièce

Et puis, même si je souhaite par-dessus tout que les spectateurs rient du début à la fin, j’ai aussi envie d’amener un peu plus de profondeur et qu’on s’attache davantage aux personnages.

Adoubé par le public, mais aussi par le métier, « Une idée géniale » a reçu 2 Molières…

Ce qui comptera toujours le plus pour moi, c’est la présence, l’avis et le bonheur du public. Les Molières sont comme une énorme cerise sur le gâteau ! 

On retrouve des comédiens avec qui tu as déjà travaillé et des « petits » nouveaux…

C’est rassurant de bosser avec des gens que l’on connaît, avec qui on va plus vite, avec qui on est déjà à l’aise et en même temps, je suis très heureux de travailler avec trois nouveaux acteurs, car c’est stimulant. Ça permet de ne pas rester en vase clos et de s’ouvrir à d’autres phrasés, d’autres rythmes, d’autres sensibilités. Donner la réplique à de nouveaux partenaires et être à leur écoute, ça incite à jouer différemment et à se dépasser.

Sébastien Castro en interview
© DR

Une comédie au cordeau…

Avec José Paul – le metteur en scène -, la précision se fait au millimètre alors que le public a parfois l’impression qu’on est en roue libre ! (rires) La comédie tient, bien sûr, sur le texte et l’interprétation, mais aussi sur le calibrage… À une seconde près, un effet et une réplique peuvent tomber à l’eau, surtout quand on complique les décors en jouant sur plusieurs niveaux…  

« Un succès fou » et ses anti-héros…

On a trois personnages centraux – Océane, Antoine et Simon – qui ne se connaissent pas du tout, mais qui ont pour points communs d’être seuls, fauchés et d’être par hasard, le même soir, dans le même immeuble, à trois étages différents. Ils ne sont pas dans la meilleure phase de leurs vies, mais le fait de se retrouver à la même adresse, les uns au-dessus des autres, va aligner leurs destins et, ce soir-là, ils auront Un succès fou !

Sébastien Castro en interview
© DR

Un décor en 3D…

C’est pour ça qu’il me fallait un metteur en scène hors pair et une décoratrice – Citronelle Dufay – pleine d’inventivité ! (rires) On part donc sur les routes avec un immeuble de trois étages qui voyage dans 100 m3, qu’on monte et qu’on démonte à chaque représentation !

C’était une belle angoisse pour les nombreux et fantastiques techniciens, mais c’est tellement agréable et magique d’entendre le public réagir lorsqu’il découvre le décor, qu’on ne regrette pas de s’être donné du mal !

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Forum de Fréjus pour Le Mensuel / Photo Matthew Totaro

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