Marie-Castille Mention-Schaar en interview pour son film « Pour le meilleur » sur Philippe Croizon

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© Léane Le Meur
  • interview / cinéma / biopic / comédie dramatique
  • le 22 avril 2026 au cinéma
  • de Marie-Castille Mention-Schaar
  • avec Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux, Sandrine Bonnaire, Corinne Masiero, Pierre Deladonchamps

Marie-Castille Mention-Schaar

Pour son 8ème long-métrage, la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar a jeté son dévolu sur le parcours hors norme de Philippe Croizon (incarné par Pierre Rabine). Prenant le parti de la comédie romantique, la cinéaste nous invite à assister à la naissance de l’histoire d’amour entre cet homme amputé des quatre membres et Suzana, une jeune maman séparée d’un mari violent (campée par la lumineuse Lilly-Fleur Pointeaux). Si ensemble ils vont se reconstruire, ils vont également se lancer un défi colossal : préparer Philippe à traverser la Manche à la nage ! Alors que l’exploit semble impossible, « Pour le meilleur » revient sur les deux années d’entraînement, de doutes, de persévérance, d’efforts et d’encouragements qui ont permis à cet athlète de réaliser son rêve…

Morgane Las Dit Peisson : Ce n’est pas la première fois que vous vous inspirez d’une histoire vraie…

Marie-Castille Mention-Schaar : Même si mes films restent des fictions inspirées de faits réels, c’est très important pour moi qu’ils soient respectueux de ceux qui les ont vécus. Je veux impérativement que les mots de leurs interprètes sonnent juste, comme s’ils les avaient prononcés eux-mêmes. Dans Pour le meilleur, par exemple, Suzana m’a dit que dans le scénario, j’avais réalisé des rêves à elle dont elle n’avait jamais parlé ! C’est très gratifiant car ça signifie que j’ai vraiment compris la psychologie de mes personnages. C’est fondamental pour moi et c’est pour ça que j’aime autant passer du temps avec les personnes dont je m’inspire. J’ai besoin de les observer et de les écouter jusqu’à ce qu’ils rentrent dans ma tête et dans mon cœur…

Pourquoi avoir choisi l’histoire de Philippe Croizon ?

Je suis une ancienne journaliste, alors je suis toujours très intéressée par les reportages et les articles. Un jour, je suis tombée sur une interview de Philippe Croizon sur France TV et j’ai été tellement bluffée par ses propos et ses exploits, que j’ai trouvé incroyable qu’il n’y ait pas eu de long-métrage sur sa vie ! Je l’ai contacté, il a été d’accord pour me rencontrer et c’est lorsque je suis arrivée chez lui que j’ai découvert sa compagne – Suzana – et leur histoire. Instantanément, j’ai compris que ce serait le couple qui allait être au cœur du scénario…

Ce n’est pas un récit sur le drame de l’accident, mais une comédie romantique qui expose une volonté féroce d’atteindre un rêve… 

C’est vrai qu’il y aura, autour d’un fait, autant d’histoires à raconter que de personnes pour le faire… J’ai choisi un prisme, un point de vue. J’aurais pu tout axer sur l’accident de Philippe, l’hôpital, les souffrances, la rééducation, mais dans mon film, cet évènement n’est pas une fin, uniquement le point de départ de sa nouvelle vie, avec celle qui lui donnera la force de se lancer des défis extraordinaires.   

On retrouve Lilly-Fleur qui avait tourné, toute jeune, dans votre 1er film, Ma première fois

Ça a été un heureux hasard. J’avais repris contact avec elle un an avant le tournage sans penser à elle pour ce rôle. J’avais simplement envie de retravailler avec elle un jour. Et puis, lorsque j’ai dû faire des essais avec Pierre Rabine, j’ai eu besoin de quelqu’un pour lui donner la réplique… J’ai été tellement scotchée quand je les ai vus ensemble que j’ai pris conscience que c’était en réalité elle, Suzana. Tout à coup, tout s’est imbriqué, de sa ressemblance physique avec le personnage à la complicité qui était en train de naître avec Pierre… Il fallait que ce soit elle, alors je me suis battue pour que ce soit possible, et j’espère de tout mon cœur que ce film apportera un nouveau souffle à sa carrière, car elle le mérite !

Pierre Rabine n’était pas comédien…

C’est arrivé souvent car ça ne me fait pas du tout peur quand j’ai une intuition. Si je suis sûre de moi, je sens que je vais savoir leur parler, les diriger et d’ailleurs, je n’ai jamais eu de grosse déception. Au contraire, j’adore révéler des comédiens qui s’ignorent ! Évidemment, c’est moi qui suis allée vers Pierre parce que je recherchais un homme amputé des quatre membres sachant nager et que ça ne court pas les rues. Il m’a donné rendez-vous à La Roche-sur-Yon et dès que je l’ai vu, je l’ai trouvé aussi beau que j’ai aimé son énergie. Puis, il m’a parlé de lui et là, j’ai découvert toutes les similitudes avec Philippe… Comme lui, il a été électrisé et comme lui, il s’est pris de passion pour la natation… Il a accepté de lire le scénario, a eu le courage de faire les essais et à ce moment-là, je n’ai plus eu aucun doute, j’ai su qu’il serait parfait… Il a énormément travaillé avec un coach et le résultat me prouve que j’avais raison de croire en lui !

Aucune envie de passer par les effets spéciaux ?

Ça aurait pu être une solution en effet, mais je crois que même si je n’avais pas trouvé le bon interprète, je ne me serais pas tournée vers les effets spéciaux… Je voulais du réalisme, du dépassement de soi, de l’émotion… Et le fait de mettre en valeur deux hommes qui ont affronté les mêmes épreuves – heureusement rares – avec autant de force de caractère, c’est à la fois une belle leçon pour nous tous et un espoir énorme pour ceux qui y sont confrontés. Je souhaitais accentuer sur l’effort et la persévérance car je trouve que le courage, la détermination et la résilience dont ils font preuve tous les deux nous en donnent à tous…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Pathé Gare de Nice pour Le Mensuel / Photo Léane Le Meur

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