INTERVIEW

Interview de Sylvie Vartan pour Le Mensuel en 2013 – Tournée Symphonic

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Sylvie Vartan

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SYLVIE VARTAN

 

 

  
« Il faut toujours que j’aie quelque chose de nouveau, que j’aie l’impression de recommencer,

d’être toute neuve sinon ce n’est pas drôle. »

 

Nos artistes français s’exportent plutôt bien, Sylvie Vartan en est une preuve vivante depuis de nombreuses années. Mais même après avoir chanté en neuf langues et parcouru les routes du monde entier, c’est en France que l’artiste a choisi de tourner cet été, en avant-première, dans le sud. Reprenant le concept d’un concert qu’elle avait donné l’an passé à Paris, elle a troqué l’orchestre bulgare avec qui elle avait alors partagé la scène, pour un orchestre tout droit venu de l’Île de Beauté et dirigé par une femme,
Pascale Jeandroz. Parce que, comme son nom l’indique, ce tour de chant sera « symphonic », c’est-à-dire accompagné (dans le cas présent) de 34 musiciens pour un spectacle de plein air qui s’annonce époustouflant. Une magie qui a tout de même un prix, celui des multiples contraintes techniques que jouer en extérieur va imposer aux musiciens et celui des contraintes artistiques que l’artiste n’aura pas le temps de tout régler elle-même si l’on en croit l’agenda surchargé qui l’attend cet été. Entre sa participation à un tournage et la préparation d’un nouvel album qui devrait être enregistré à la rentrée, celle qui rêvait d’être la plus belle pour aller danser devra accepter de se laisser guider sur ses propres titres par le savoir-faire d’un orchestre qui promet de les magnifier.

sylvie-vartan-en-interview-2013-portraitMorgane L. : Comment avez-vous eu l’idée un jour de vous produire avec un orchestre symphonique, comme vous l’aviez déjà fait à Paris l’an dernier ?
Sylvie Vartan : Oui, c’était à la Salle Pleyel, pour une date anniversaire (rires) et puis ça a vraiment été une expérience nouvelle pour moi. On va donc retenter l’expérience, c’est vraiment quelque chose que je n’avais jamais fait encore avant l’année dernière ! J’essaie toujours de varier mes plaisirs pour avoir l’impression de faire quelque chose de différent, de nouveau et je préfère ne pas habituer mon public à avoir toujours le même spectacle pour ne jamais nous lasser, ni lui, ni moi…

Même pour vous, sur scène, c’est important d’apporter régulièrement des changements ?
Très important parce que je pense que si l’artiste se lasse, ça se voit immédiatement. J’avais vu Elvis Presley, que j’adorais évidemment, lors de son dernier concert à Vegas. Il était fatigué, il n’avait plus la flamme, il n’avait plus l’envie et ça s’est vu. Quand on fait le même métier, on le ressent à la seconde. Il avait l’air d’avoir trop fait ça et pour rien au monde je ne voudrais arriver à ce stade là. (rires)

C’est vrai que l’on ressent tout dans une salle…
Le public ne peut pas vraiment s’en rendre compte mais il ressent quelque chose qu’il ne peut pas expliquer car c’est inconscient. Un orchestre soudé, par exemple, où les gens s’entendent, ça se sent aussi… Il y a quelque chose qui passe, un certain amusement, une certaine complicité qui est vraie, authentique et ça, ça passe.

C’est imperceptible mais ça donne ce petit truc en plus…
Oui absolument ! C’est très important de pouvoir s’amuser et d’être sincère. La sincérité, dans notre métier comme dans la vie, c’est tout. Ce ne sont pas des métiers que l’on peut faire de manière routinière, c’est pourquoi depuis toutes ces années, je fais des choses différentes avant tout pour moi, car sinon je sais que je ne serais pas sincère. Je ne sais pas faire semblant de m’amuser ! (rires)

L’orchestre symphonique, c’était quelque chose qui vous trottait comme ça quelque part un peu dans la tête depuis un moment ou ça a été un heureux hasard ?
Pendant trente ans, j’ai fait des spectacles gigantesques dans des endroits qui eux aussi étaient gigantesques, avec des danseurs, des chorégraphes talentueux et ça faisait longtemps que je me disais que j’en avais peut-être fait le tour, qu’il fallait que je change, donc j’ai opté pour une version plus « récital », avec des chansons différentes. Évidemment, les mêmes titres existent toujours car les gens veulent venir voir un artiste pour qu’il chante les chansons qu’ils ont aimées, qui ont marqué des moments de leurs vies mais elles sont traitées différemment. « La Maritza », par exemple,  est merveilleuse, les arrangements, faits par Philippe Delettrez, sont extraordinaires. J’ai repris d’anciennes chansons comme une qui s’appelle « Moi » et qui, avec un grand orchestre, a un rendu merveilleux. Et puis, il y a les incontournables comme « La plus belle pour aller danser » traitées différemment et c’est très jouissif de chanter avec un grand orchestre symphonique, avec des cordes etc. C’est splendide, c’est réellement autre chose…

Est-ce que c’est difficile justement de réadapter, de rechanter différemment des chansons que l’on maîtrise depuis de nombreuses années comme « La plus belle pour aller danser » ?

Oh oui ! Mais la récompense est merveilleuse car avec un grand orchestre, ça donne une autre couleur aux chansons, ça leurs donne une nouvelle vie même si quelque part on chante de la même façon, et que l’on est pris, entrainé par le même son.

Là, je reviens de Nashville où je viens d’enregistrer mon dernier album et franchement, là encore, c’est une autre expérience ! Pour être honnête, une fois que les concerts symphoniques se sont achevés, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire de nouveau jusqu’à l’idée me vienne… J’ai plus ou moins tout fait sauf le piano voix qui me semble d’ailleurs être une belle option pour la prochaine fois ! (rires) Il faut toujours que j’aie quelque chose de nouveau, que j’aie l’impression de recommencer, d’être toute neuve sinon ce n’est pas drôle.

C’est ça le secret ?
Oui. On nous demande toujours comment on fait pour avoir une longue carrière mais en réalité je crois que c’est ça le rai secret, il faut continuer à s’amuser et à se réinventer.



Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson

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