« On crée une confiance, un langage commun… »
Éric Laugérias en interview
Quelque peu doux dingues sur les bords, les deux énergumènes connus autant pour leur travail sur scène qu’en télé, sont actuellement sur les routes, en tête-à-tête… À l’affiche de la pièce « Les grands enfants » – titre qui leur va comme un gant -, Éric Laugérias et Frédéric Bouraly feront deux haltes très attendues dans la région cet été, aux festivals des Nuits de Robinson et des Théâtrales d’Èze. Aussi complices sur les planches qu’en dehors, ils vont nous entraîner dans la 1ère tempête amicale que sont amenés à affronter leurs personnages…
Morgane Las Dit Peisson : Ce n’est pas la 1ère fois que vous travaillez ensemble…
Éric Laugérias : Frédéric avait en effet joué dans Avé César ! que j’avais adaptée et mise en scène mais c’est la 1ère fois qu’on joue tous les deux…
Frédéric Bouraly : Il a parfois du mal à l’avouer tant il est pudique avec ses sentiments (rires), mais c’est Éric qui a beaucoup œuvré afin qu’on se retrouve sur les planches et pour Les grands enfants, on a enfin réussi à accorder, par bonheur, nos emplois du temps !

« Il y a des choses artistiquement essentielles qu’on n’a pas besoin de se dire… »
Frédéric Bouraly en interview
C’est plus fluide quand on se connaît déjà ?
Frédéric : Il y a des choses artistiquement essentielles qu’on n’a pas besoin de se dire, on n’échange finalement que sur les détails à peaufiner…
Éric : Peu importe de quel côté on se place, quand on a déjà travaillé avec quelqu’un – si en plus on l’apprécie -, tout est plus facile et plus rapide. On crée une confiance, un langage commun et puis, si on se retrouve sur de nouveaux projets, ça signifie qu’on défend le même théâtre. Sans compter qu’avec Les grands enfants, on a eu la chance d’être dans une position confortable : on a eu le privilège d’être habillés sur mesure par les auteurs et mis en scène par Anne Bouvier, qu’on aime et qu’on admire ! Les répétitions ont été très agréables car on n’avait qu’à se laisser aller à nos conneries… Et ça, c’est ce qu’on sait faire de mieux ! (rires) Le plus dur, finalement, c’était pour elle… Je pense qu’on a été son chemin de croix… (rires) Plus sérieusement, son regard féminin a été essentiel à cette pièce très « masculine » écrite par Sébastien Blanc et Nicolas Poiret…
Une pièce sur une amitié solide…
Éric : C’est une comédie qui repose – en tous cas au début – sur l’amitié, sur le plaisir qu’on peut avoir à rire ensemble et sur les moments de complicité. Nos deux personnages sont inséparables depuis toujours, alors il a bien fallu que Frédéric et moi, nous composions pour donner le change ! (rires)

Frédéric : On déconne mais c’est vrai que c’est quelque chose qu’on n’a pas eu à forcer et les gens semblent le ressentir. Dans la pièce, ma fille est en couple avec son fils et on est persuadés qu’ils vont nous annoncer un heureux évènement, donc on est aux anges ! Mais au lieu de faire de nous des grands-pères, ils nous apprennent leur divorce… À partir de là, tout notre équilibre vacille ! On cherche à tout prix à comprendre les raisons de cette séparation, on remet en cause l’éducation que l’autre a donnée et, de fil en aiguille, ça devient évidemment cruel… Ça nous permet de dévoiler deux jeux différents et c’est ce qui fait de cette comédie, une partition passionnante à interpréter et, je crois, à regarder !
© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson à La Chèvre d’Or d’Èze pour Le Mensuel / Photos Les Grands Théâtres
