Delphine Depardieu et David Brécourt en interview pour le festival Les Théâtrales d’Èze 2026

Delphine Depardieu et David Brécourt en interview
© Thierry B Ouvrard - BBO Studio
  • interview / théâtre / festival
  • Les Théâtrales d’Èze : 01 > 05 août 2026 / 21:00 / Èze / Oppidum du Col d’Èze
    • 01 août 2026 : « Du charbon dans les veines » avec Jean-Jacques Vanier, Aladin Reibel, Raphaëlle Cambray, Théo Dusoulié, Julien Ratel, Juliette Behar, Jean-Philippe Daguerre
    • 02 août 2026 : « Délivrez-nous » avec Déborah Elmalek, David Brécourt
    • 03 août 2026 : « Les grands enfants » avec Frédéric Bouraly, Éric Laugérias
    • 04 août 2026 : « Une heure à t’attendre » avec Thierry Frémont, Nicolas Vaude
    • 05 août 2026 : « Le malade imaginaire » avec Anne Coutureau, Camila Halima Filali, Etienne Paliniewicz, Isabelle Gardien, L’Éclatante Marine, Sébastien Gorski, Serge Avédikian, Tigran Mekhitarian
  • invitations à gagner sur l’appli Le Mensuel

À l’approche de leur 4ème édition, Les Théâtrales d’Èze ont majestueusement dévoilé leur programmation il y a quelques semaines, à La Chèvre d’Or, en y conviant plusieurs des artistes qui rythmeront nos soirées du 1er au 5 août prochains. Parmi eux, l’incontournable acteur et directeur artistique du festival – David Brécourt – et Delphine Depardieu, qu’il a eu l’excellente idée de choisir pour marraine cette année ! Car au-delà du Molière reçu pour son rôle dans « Les Liaisons dangereuses », la comédienne s’illustre par sa passion pour ce métier, pour le labeur qu’il exige et pour sa transmission. Bien qu’un peu trop humble pour l’admettre, elle est l’ambassadrice parfaite de cet évènement d’envergure qui a pour vocation de rappeler que le théâtre est fait pour tous…

Morgane Las Dit Peisson : Delphine Depardieu, marraine des Théâtrales d’Èze cette année…

David Brécourt (directeur artistique des Théâtrales d’Èze) : Après Francis Huster, Véronique Jannot et Pierre Arditi, je souhaitais d’une part préserver la parité et, d’autre part, confier cette tâche à une personne évidemment talentueuse, mais aussi simple et généreuse. Ce sont des critères essentiels pour participer aux Théâtrales d’Èze ! (rires) Et puis, je trouve surtout que c’est une des actrices les plus douées de sa génération ! Elle ne jouera malheureusement pas cette année, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est que partie remise ! Quand une bonne comédienne a l’intelligence du texte, ça donne toujours quelque chose de phénoménal, de grand et d’incroyable, alors je désire de tout cœur que le public d’Èze puisse la découvrir sur scène…  

De magnifiques compliments…

Delphine Depardieu : Honnêtement, je n’y prête pas vraiment attention car ça me gêne terriblement ! Et en même temps, ça me fait surtout penser au travail, aux 20 ans passés à faire ce métier de façon permanente parce que finalement, tout ça n’est je crois qu’un mélange de doutes, de persévérance et de technique, plus qu’un simple « talent »…

Bien sûr, les compliments font plaisir, mais j’ai le défaut de ne pas les écouter. Pourtant, je sais que c’est important d’apprendre à les recevoir… Je travaille dessus et à défaut de les écouter, je les entends ! (rires) Ils signifient que je dois continuer sur cette voie, de cette manière-là…

Delphine Depardieu et David Brécourt en interview
David Brécourt © Léane Le Meur

Il y a les éloges, les salles pleines et les récompenses…

Delphine : Même un Molière – et heureusement – ne permet pas d’être sûr de soi… C’est un métier où l’on est tellement privilégié quand ça fonctionne, qu’il faut être vigilant à ne pas se laisser griser. Je suis extrêmement – et David aussi d’ailleurs – respectueuse du public et de ce que je me dois de faire pour la scène. Il ne faut jamais perdre de vue que si on a la chance de jouer, c’est parce que des gens nous font l’honneur de venir et de payer leurs places. C’est nous qui leur sommes redevables.

David : Et surtout, rien n’est jamais acquis dans ce métier, on remet tout en jeu à chaque projet, à chaque soir de représentation… C’est fou mais c’est ce qui rend l’exercice si palpitant…

Le rôle de marraine…

Delphine : Pour moi, c’est un soutien total du festival, des équipes et des artistes qui  y viennent. Accepter cette mission, c’est en parler et le promouvoir à ma façon, parce que c’est important de défendre ce qui fait encore de nous, à l’ère de l’IA, des humains. Mettre sur pied un évènement exclusivement consacré au théâtre est aussi courageux qu’essentiel car les pièces qui s’y jouent sont de petits concentrés de vie, des reflets de notre société, des envies d’évasion… On déplore toujours d’avoir moins d’argent et on craint comme beaucoup d’être remplacés, mais le spectacle vivant ne mourra pas, il existe depuis la nuit des temps. La scène, c’est le vrai labeur, c’est la vérité du métier. J’adore l’image, le cinéma et la télé, mais le théâtre c’est être là tous les soirs, qu’on le veuille ou non, qu’on soit malade ou pas, c’est quelque chose de complexe. Bien sûr, c’est une passion et on a énormément de chance, mais ce n’est pas facile tous les jours pour autant.

Delphine Depardieu et David Brécourt en interview
Delphine Depardieu © Léane Le Meur

Un directeur de festival désormais expérimenté…

David : C’est un rôle que j’apprends toute l’année ! (rires) Acheter un spectacle est simple, mais au-delà des questions financières, il faut penser à un équilibre, autant dans la nouvelle édition que sur l’ensemble des propositions. Il faut jongler entre les sorties d’Avignon, les comédiens que le public espère voir mais aussi les jeunes acteurs que je crève d’envie de lui faire découvrir. C’est ce travail permanent qui me passionne depuis le début, c’est le fait de devoir me réinventer, de dénicher des pépites, de faire des rencontres, de transmettre… C’est extrêmement valorisant et enrichissant de m’occuper de ce festival qui, en plein air, a en plus la qualité d’attirer de nouveaux spectateurs qui n’iraient peut-être pas naturellement dans les théâtres…

Une programmation éclectique et audacieuse…

David : Je suis d’ailleurs très fier de pouvoir enfin proposer du Molière cette année ! Je suis fou de bonheur, surtout dans une version revisitée par Tigran Mekhitarian ! C’est intelligent, rythmé, moderne et ça rappelle à quel point ces textes-là sont intemporels ! Grâce à ses mises en scène, il a su faire revenir les jeunes dans les théâtres privés…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson à La Chèvre d’Or d’Èze pour Le Mensuel / Photo Thierry B Ouvrard – BBO Studio

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