- lecture / roman / littérature étrangère
- paru le 01 avril 2026 chez Flammarion
- 304 pages / 22€
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Cette folle envie de tuer de Camilla Barnes paru chez Flammarion
Murder party en famille
Bien connue dans le monde du théâtre où elle sévit depuis de nombreuses années dans l’ombre – de la mise en scène à l’administration des tournées en passant par l’adaptation de pièces, la production ou les costumes -, Camilla Barnes a quitté son Angleterre natale à la vingtaine pour s’établir de notre côté de la Manche. Et bien qu’elle parle un français parfait, c’est dans la langue de Shakespeare qu’elle a donné naissance à son tout premier roman, drôle, piquant, touchant et séduisant à souhait ! Traduit par Cécile Arnaud, Cette folle envie de tuer a réussi à conserver l’humour so british de son autrice, alors que l’on sait – d’expérience – à quel point il est intraduisible en français ! Il suffit de se rappeler du succès du Duck Soup des Marx Brothers outre-Atlantique et de l’indifférence, chez nous, face à La soupe aux canards…

Origine oblige, le roman s’ouvre sur un couple d’Anglais – très imprégné des bonnes manières victoriennes -, qui a brutalement décidé, à la retraite, de quitter Oxford pour s’exiler en France, dans un petit manoir proche de Poitiers. « Maman » – surnommée QG pour « Quartier Général » à force de tout régenter entre deux dictons et de multiples manies extravagantes – et « Papa » – alias TC « Tueur de Chien » car il a eu le malheur d’en écraser un en passant son permis dans les années 60 – nous sont délicieusement croqués par notre héroïne Miranda qui, à travers des échanges avec sa sœur Charlotte et sa fille, ne rate aucune de leurs bizarreries… Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses !
On découvre leur ménagerie – chats, canards, poules et lamas -, Boswell (le congélateur) qui a fait le voyage avec eux il y a des années sans jamais avoir été vidé – mais qui n’a, pour le moment en tous cas, décimé personne – ou encore les « oreilles » de TC, qu’il omet soigneusement de mettre pour avoir la paix, et éviter ainsi, avec un certain flegme, les commandements du sergent-chef…

Alors que la vocation de Miranda – comédienne en train de monter Le Roi Lear à Paris – ne plaît pas à QG et que ses parents l’agacent prodigieusement, la jeune femme persiste à passer des week-ends auprès d’eux, tirant de ces immersions une matière narrative absolument désopilante pour nous qui ne sommes pas concernés (bien qu’on s’y reconnaisse un peu tous ici ou là). Car si l’on rit allégrement, à la lecture, des petits travers, des remarques vachardes et des dérobades dignes d’une pièce de théâtre, au quotidien, on peut comprendre que Miranda réfléchisse parfois sérieusement à occire ses géniteurs…
C’est fin, terriblement incisif et décapant… Idéal pour occuper les séances de farniente à la plage cet été !


