INTERVIEW

Julien Courbet en interview

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Avec l’augmentation de l’espérance de vie, il semblerait que ce que l’on appelait jadis la « crise de la quarantaine » se soit déplacée d’une petite décennie… Arrivé – quoi qu’en beauté – au demi-siècle, l’animateur radio, présentateur télé mais aussi humoriste a été, comme beaucoup, assez marqué voire intrigué par cette échéance qui bien souvent pousse la personne concernée à dresser un petit bilan de cette première moitié de vie. Préférant en rire plutôt que de dramatiser, Julien Courbet a choisi de partager son expérience avec tous ceux qui ont été, sont ou seront concernés par ce cap à travers un tout nouveau spectacle – Jeune & joli après 50 ans – qui, comme le premier, a été façonné avec l’aide d’Edouard Pluvieux et de Rémy Caccia.

 

Julien Courbet pour son nouveau spectacle « Jeune & joli après 50 ans » à Toulon le 30 mars, à Fayence le 31 mars (Réservations pour Fayence au 04 94 84 00 35)

 


« C’est fabuleux car je vois enfin les gens ! »


Morgane Las Dit Peisson : Notre dernière rencontre date du précédent spectacle Julien Courbet fait son comic out

Julien Courbet : Suite à cette merveilleuse aventure qu’a été la première tournée, je n’ai pas hésité une seconde à remettre ça ! (rires) Mais, bien que Julien Courbet fait son comic out ait été une expérience fantastique, j’ai conçu le nouveau – Jeune & joli après 50 ans – un peu différemment tout en ayant pris soin de conserver l’esprit qui avait alors plu au public… J’ose, grâce à l’expérience, beaucoup plus de choses qu’avant et je fais surtout très attention à ne pas perdre ma motivation première : m’amuser !

Quand on a goûté à la scène on ne peut plus s’en passer ?

C’est aussi addictif qu’une drogue ! Ça provoque une telle décharge émotionnelle qu’on ne peut en effet plus s’en passer par la suite ! Quand vous avez ne serait-ce que 300 personnes qui se lèvent, vous applaudissent et vous disent bravo, ça vous arrive en pleine figure et ça vous met les larmes aux yeux à chaque fois… Peu de choses dans la vie peuvent vous apporter une telle puissance de sentiments. Et puis, sur scène, il n’y a aucune tricherie, aucun lobby ni aucun arrangement possible. Je dis quelque chose, soit les gens rient, soit ils ne rient pas… C’est à la fois aussi compliqué et simple que ça ! (rires)

Sur les planches, vous découvrez des personnes qui vous aiment parfois depuis des années…

C’est fabuleux car je vois enfin les gens ! (rires) J’adore faire de la télé et de la radio mais ma grande frustration, c’est de ne pas être avec les gens à qui je m’adresse. Là, dans les salles, je peux les voir, les sentir, les entendre et c’est leur présence qui me pousse à me dépasser et à adapter mon jeu en fonction d’eux. Bien sûr, quand un spectacle est rodé, on sait ce qui marche, on sait où le public va rire mais il ne faut jamais se mettre en pilote automatique, il faut au contraire être à la fois très à l’écoute de ses réactions à lui et en introspection pour extraire de nous le meilleur de notre humeur et de notre état du jour. C’est un incroyable exercice d’observation, d’écoute, d’analyse et de sensibilité pour le cerveau qui, à force d’être en alerte perpétuelle pendant une heure et demie, nous empêche ensuite de dormir avant trois ou quatre heures du matin !

Au service des autres depuis plus de 20 ans pour les divertir et les défendre… 

Je suis un peu, c’est vrai, humaniste… J’aime profondément les gens et c’est pour ça que j’ai toujours eu besoin de les aider, les soutenir et les soulager. Je suis extrêmement touché de voir des salles pleines de spectateurs et des dizaines d’entre eux qui m’attendent à la sortie pour discuter… C’est difficile d’exprimer l’émotion que provoque en moi le fait de comprendre qu’ils ont acheté des places pour passer un moment avec moi… Nos échanges sont si beaux, purs et fantastiques qu’ils me permettent de réaliser que, malgré les atroces nouvelles quotidiennes du monde, notre espèce humaine vaut encore la peine qu’on croit en elle…

Jeune & joli à 50 ans

Je voulais impérativement avoir un fil conducteur pour ce nouveau spectacle et le thème de la cinquantaine s’est imposé tout naturellement… En discutant avec des amis, je me suis aperçu que j’avais perdu un peu de cheveux mais que j’avais des poils qui poussaient à des endroits inattendus… (rires) Et sans même m’en rendre compte, j’ai commencé à établir une liste des dégâts provoqués par l’arrivée du demi-siècle ! (rires) C’était une évidence d’aborder ce sujet car, certes je le « maîtrise » assez involontairement, mais je suis loin d’être le seul ! Évidemment, ça parle des changements physiques mais aussi de tout ce qui accompagne les 50 ans comme célébrer ses 20 ans de mariage ou encore élever deux ados… À 50 ans, la tête et le corps sont en parfait désaccord car si l’une veut rester jeune et continuer à plaire, l’autre accuse le coup et peine à suivre… (rires) Tout le monde se reconnaît ou reconnaît un de ses proches…

 

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photos droits réservés


Interview parue dans les éditions #1 et #2 du mois de mars 2018

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