Anthony KAVANAGH
en interview
il est très entouré, d’un coup,
puis il repart, seul … »

Au début je me disais que j’étais un étranger et j’avais peur que les gens se disent : « S’il n’est pas content, qu’il retourne dans son pays ce négro ! » (rires)
Et du coup, j’ai senti que j’avais le droit de m’exprimer comme n’importe quel humoriste français. Il y avait beaucoup de choses que je me permettais de dire au Québec, pas ici…
Mais maintenant, je me sens adopté car le public adhère, il est présent.

J’en parle dans mon spectacle, j’ai l’impression de revivre ma vie à travers mon fils. On a envie qu’il ait une meilleure vie que celle qu’on a eue, donc on fonce, on sait qu’on a une raison de faire ce qu’on fait.
Je vais faire toute la saison et il y a d’autres belles choses qui se passent. Je vais commencer à co-écrire un scénario de comédie policière qu’on va tourner l’année prochaine et je vais tourner un autre film à la rentrée, un film d’horreur « avec de l’humour dedans », ce n’est pas une parodie. Je bouge beaucoup…
Mon fils m’appelle «Monsieur» mais ce n’est pas grave… Je le connais à peine de toutes façons ! (rires)

Au Québec, le public a tellement de choix que c’est plus dur de garder cette fidélité. Les humoristes sont les chouchous du public québécois.
C’est peut-être plus facile pour se lancer mais pas pour durer. Ce sont deux manières différentes de voir le showbizness, au Québec, on n’a pas de star system.
On fait beaucoup de choses parce qu’on n’a pas d’Assedic… Pour manger il faut faire plein de trucs, de la télé, de la radio, apprendre à danser, à chanter… C’est ce qui nous pousse à être polyvalents.
Je le dis parce que je l’ai vécu le week-end dernier en Suisse. J’étais un peu malade mais l’accueil a été tellement chaleureux que le public m’a porté littéralement.
On oublie tout sur scène. C’est un métier très difficile car faire rire les gens quand toi tu as envie de pleurer, quand ça arrive, c’est très dur et on est seul sur scène, on n’a personne sur qui s’appuyer.

J’ai arrêté pendant 5 ans de faire de l’humour car après 14 ans de one-man-shows, je me sentais un peu seul, j’avais envie de partager le plaisir.
J’aimerais qu’il y ait des sas de décompression, dans les loges et après la pièce.
Souvent l’humoriste arrive seul, il est très entouré d’un coup, puis il repart, seul.
Le Mensuel