- interview / album / concert / festival
- album « Une vie » de Julien Clerc
- nouvelle édition parue en novembre 2025 chez Parlophone
- CD / 17 titres / 16.99€ – disponible en plateformes
- La tournée
- Festival Quand je pense à Fernande : 24 juin 2026 / 21:00 / Sète / Théâtre de la Mer
- 02 juillet 2026 / 20:30 / Vaison-la-Romaine / Théâtre Antique
- ★ Le Mas : 04 juillet 2026 / 19:30 / Puget-sur-Argens / Le Mas des Escaravatiers / invitations à gagner sur l’appli Le Mensuel
- 20 septembre 2026 / 18:00 / Cannes / Palais des Festivals
- 16 octobre 2026 / 20:00 / Avignon / Confluence
- 17 octobre 2026 / 20:00 / Narbonne / Arena
- 19 septembre 2027 / 17:00 / Aix-en-Provence / Arena du Pays d’Aix
« Je n’aurais jamais pensé que ça durerait aussi longtemps !«
Julien Clerc en interview
Si certains considèrent qu’il n’est pas toujours convenable de parler d’âge, Julien Clerc affiche le sien avec fierté et on le comprend ! Car en le voyant sur scène ou en échangeant avec lui, on a peine à croire que l’interprète de « Fais-moi une place », « Ma préférence » et « Cœur de rocker » s’apprête à célébrer ses 80 ans et ses 60 ans de carrière, tant il est resté vif d’esprit, humble, curieux et passionné. D’une générosité sans faille (y compris en interview), c’est en concert, en compagnie du public comme au Mas des Escaravatiers cet été, que l’artiste – aux 28 albums et aux centaines de chansons – retrace « Une vie » de création.
Morgane Las Dit Peisson : Vous serez sur les routes jusqu’en fin 2027…
Julien Clerc : Vous savez, je suis d’une génération qui a été « dressée » à faire de la scène, alors je ne suis jamais aussi heureux que lorsque je sais qu’une tournée va m’emmener loin et longtemps !
Tous les gens que j’admirais quand j’étais adolescent et qui avaient de longues carrières, avaient un rythme hallucinant ! Brel et Barbara, par exemple, passaient leur temps sur la route, donc dès le début, j’ai été habitué à trouver ça normal…
Notre métier, selon moi, c’est avant tout de faire de la scène et c’est, je crois, cet endroit-là qui nous permet de perdurer. En 60 ans, j’ai vu l’industrie musicale changer plusieurs fois et très rapidement, mais s’il y a bien quelque chose qui reste fiable et immuable malgré les baisses de ventes d’albums, c’est le concert.
La vérité de la scène, quel que soit le matériel que l’on a à sa disposition, est primordiale, car on y vit un échange émotionnel unique avec le public. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est en train de reprendre ses droits…
Bientôt 60 ans de carrière, c’est étourdissant…
Être artiste, c’est plus une façon de vivre qu’un métier, alors j’ai toujours eu conscience de la chance que j’avais de pouvoir me concentrer sur une chose simple à dire, mais moins à faire : écrire de bonnes chansons et les chanter pour les gens.
En revanche, je n’aurais jamais pensé, à 20 ans, que ça durerait aussi longtemps ! Spontanément, j’ai cru qu’un jour, cette source se tarirait… Pourtant, quand je me mets derrière un piano, je suis encore capable aujourd’hui de trouver immédiatement quelque chose. Je peux vous créer une musique facilement même si ça ne veut pas dire qu’elle sera à garder ! (rires) 9 fois sur 10, je la laisse de côté mais j’ai toujours ce réflexe-là, de vivre cette vie que je m’étais choisie en inventant de petites mélodies…

Impossible, en concert, de faire l’économie des tubes…
Évidemment, dans mes tours de chant, bien que j’aie envie d’accorder un peu de place aux nouveaux morceaux, je me dois de venir avec les chansons « importantes »… Celles qui, même pour les gens qui ne connaissent pas mon travail en détail, sont des repères. Alors malgré les centaines de titres que j’ai dans mon répertoire, le choix de la setlist se fait assez rapidement, car les incontournables que le public attend sont nombreux… Du dernier album Une vie, il n’y en a finalement que trois qui ont réussi à se faire une petite place ! (rires) Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne m’en lasse pas…
J’ai d’ailleurs vu une interview de Sting à ce sujet, où il expliquait qu’à chaque concert, il redécouvrait un petit quelque chose sur ses morceaux cultes, et qu’il en avait fait une sorte de quête. J’aime bien cette idée-là, car ça permet d’une part de ne pas s’ennuyer, et d’autre part de respecter ces créations sur lesquelles les gens ont parfois vécu des moments très forts de leur existence… C’est essentiel pour moi de ne pas trahir cette mémoire, et c’est pour ça que les plus anciennes chansons sont souvent celles qui me demandent le plus de travail.
J’aime rester fidèle aux premières versions et c’est pour ça que je réécoute régulièrement les enregistrements originaux, afin de m’imprégner de la vérité et des intentions de ce moment-là. Si on se laisse aller aux modes d’aujourd’hui ou aux sentiments de l’instant, on dévie de la ligne. Je ne sais pas si j’ai raison ou non, mais c’est pour moi une marque de profond respect vis-à-vis du public qui a « élu » ces morceaux-là…
© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photo Anton Corbijn
