INTERVIEW

BB Brunes en interview

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Douze ans après Blonde comme moi, le groupe parisien s’apprête à dévoiler un cinquième album imaginé comme un retour aux sources d’un rock avec lequel il avait immédiatement charmé le public… Frais, lumineux, dépouillé, 80’s sur le personnel et nostalgique titre Habibi et plus instinctif que le précédent opus Puzzle, Visage – déjà taillé pour la scène – semble avoir bénéficié des diverses expériences de BB Brunes mais aussi de celles, solo, d’Adrien Gallo, Félix Hemmem et Bérald Crambes qui ont eu l’intelligence de constamment s’enrichir de rencontres et de collaborations tout au long de ces années…


« On voulait revenir à une forme de simplicité… »


MORGANE LAS DIT PEISSON : VOUS ÊTES VENUS PRÉSENTER DES TITRES DE VOTRE NOUVEL ALBUM AU MIDEM…

ADRIEN GALLO : Au moment où l’on se parle*, l’album Visage est totalement prêt et je dois avouer qu’on en est très fier ! On l’a enregistré dans un vrai studio, avec de vrais instruments, ce qui, de nos jours devient un exploit ! (rires) On a hâte que le public le découvre en septembre… 

PAS TROP DUR D’ATTENDRE ?

ADRIEN : Un peu mais ça fait partie du jeu ! (rires) Quand un album sort, en exagérant un peu, on est déjà souvent en train de plancher sur le suivant ! On se retrouve à faire la promotion d’un travail terminé un an auparavant alors c’est toujours un peu étrange d’essayer de se replonger dans l’état d’esprit dans lequel on était à ce moment là…

FÉLIX HEMMEM : C’est un petit peu rageant de patienter mais d’un autre côté, ça nous laisse le temps de présenter petit à petit nos nouveaux titres, de savourer les retours du public et à notre époque, ce n’est peut-être pas si mal d’être parfois « condamné » à désirer quelque chose…

VISAGE DÉVOILE UN PORTRAIT DE BB BRUNES…

ADRIEN : Pour Samy Osta – le réalisateur -, enregistrer un album, c’est en effet comme prendre une photo d’un instant donné, en faire le portrait, le figer, on aimait bien cette idée… Et surtout, on considère que les morceaux qu’il renferme compose le vrai visage musical du groupe. On est revenu à ce que l’on sait faire, le rock’n’roll…

VISITER D’AUTRES REGISTRES PERMET DE S’ENRICHIR…

ADRIEN : C’est ce qu’on a fait pendant cette dizaine d’années et on ne le regrette pas car ça nous a permis de ne pas nous ennuyer. C’est important de sortir de sa zone de confort pour apprendre à se connaître vraiment, découvrir ses limites et être en mesure de se réinventer…

UNE FRAÎCHEUR SE DÉGAGE DE VISAGE…

ADRIEN : Ça fait plaisir que ce soit perçu ainsi car c’était une de nos envies… On voulait revenir à une forme de simplicité et pour y parvenir, on s’est délesté de tout le superflu et de tous les effets que l’on avait tant recherchés sur Puzzle, l’album précédent. Cette fois-ci, on rêvait de lâcher-prise, de simplicité, de bonheur et de légèreté…

CHAQUE ALBUM EST NÉCESSAIRE À LA CONCEPTION DU SUIVANT…

ADRIEN : Exactement et c’est pour ça qu’il ne faut jamais rien regretter ni renier ! Visage n’est autre que le résultat d’un cheminement et il n’aurait jamais présenté ces sonorités là si Puzzle n’avait pas existé avant lui. Le devoir de l’artiste, c’est de rester libre d’expérimenter voire même de se tromper…

10 ANS DE SCÈNE…

ADRIEN : C’est à la fois beau et compliqué d’entretenir une longue relation avec le public… Il ne faut ni le décevoir ni le lasser, il faut se renouveler sans se trahir… C’est un juste équilibre que seul notre instinct peut nous permettre de trouver. Le danger, quand on « dure », c’est de céder à l’intellectualisation au détriment du plaisir…

© * Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pendant le MIDEM de Cannes • Photos droits réservés

 


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Interview parue dans les éditions n°406 #1, #2, #3 et #4 Septembre 2019

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