INTERVIEW

Matt Pokora en interview

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À tout juste 33 ans, Matt Pokora semblerait presque avoir déjà vécu une vie entière tant la sienne, depuis ses premiers pas sur scène, a débordé d’intensité… Car si aujourd’hui le jeune homme affiche la joie qu’il ressent à l’idée d’être papa pour la première fois comme peuvent le faire bien des futurs pères, le reste de son parcours n’a jusqu’à présent pas tout à fait ressemblé à celui du commun des mortels ! Ex membre d’un boys band, premier gagnant de Danse avec les Stars, coach dans The Voice, personnage principal de la comédie musicale Robin des Bois, créateur de sa marque de vêtements, chanteur à la tête de huit albums solos et d’autant de tournées colossales, l’artiste que rien ne semble effrayer vient tout juste d’ajouter une corde à son arc en donnant la réplique à Muriel Robin à l’occasion d’un téléfilm sur le thème de maladie d’Alzheimer…

 

M. POKORA en concert PYRAMIDE TOUR

NICE / 15 NOVEMBREMARSEILLE / 17 NOVEMBREPARIS / 26 NOVEMBRE

 


« Inconsciemment j’ai attendu que tout s’aligne… »


INTERVIEW PARTIE 1

la suite dans le numéro de novembre

MORGANE LAS DIT PEISSON : AVANT D’ENTRER EN SCÈNE, TU SEMBLES ASSEZ SEREIN…

MATT POKORA : Bizarrement, je crois que je n’ai jamais vraiment stressé ! (rires) J’aime tellement l’idée d’être sur scène que j’éprouve surtout de l’envie ! Je sais que je vais m’y sentir bien, que je suis prêt et que tout est carré alors ça ne m’angoisse pas, au point que beaucoup s’étonnent de me voir jouer à la Playstation cinq minutes avant… Je crois que je suis tout simplement dans mon élément…

ET ÇA DURE DEPUIS 16 ANS…

Personne ne voit jamais le temps passer et je n’ai pas échappé à la règle malheureusement… Ces 16 années se sont enchaînées sans que j’aie véritablement eu le temps de m’en rendre compte mais lorsqu’aujourd’hui, par exemple, on en parle, je mesure le chemin parcouru et je réalise surtout que depuis 16 ans, j’ai l’immense privilège de pouvoir vivre de ma passion et ne faire que ce que j’aime… C’est une chance incroyable alors j’en profite à fond chaque jour !

TU ENCHAÎNES LES PROJETS DEPUIS TES DÉBUTS…

Les rares fois où je m’arrête un peu, le travail me manque très vite ! (rires) Quand j’ai annoncé par exemple que j’avais besoin de prendre une année loin de la sphère médiatique, ce n’était pas pour me reposer mais pour me consacrer à la création de Pyramide. Quand on est réellement passionné par quelque chose, on est happé, presque vampirisé ! (rires) Il m’est impossible d’arrêter de penser, d’imaginer ou de rêver…

ENTRE LA SORTIE DE PYRAMIDE ET LA TOURNÉE, IL Y AURA MÊME EU UN TOURNAGE…

Celui du film Le premier oublié qui sera diffusé en fin d’année sur TF1… Le tournage s’est magnifiquement bien passé ! C’est quelque chose que j’avais envie de faire depuis très longtemps mais je pense qu’inconsciemment j’ai attendu que tout s’aligne : le bon âge, le bon projet, le bon rôle… C’est un film dramatique qui m’a permis de camper un rôle très touchant, celui d’un fils que sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimerne reconnaît plus après qu’il soit sorti de sa vie pendant dix ans… Cette maladie a malheureusement emporté mon grand-père et un de mes oncles alors ça m’a tenu à coeur de participer à la narration de cette histoire…

UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE PARTAGÉE AVEC MURIEL ROBIN…

Elle a été super généreuse avec moi, m’a pris sous son aile et m’a énormément appris… Et puis elle est la preuve qu’il faut arrêter de ranger les artistes dans des cases car si elle excelle en tant qu’humoriste sur scène, elle est tout aussi remarquable dans des rôles dramatiques comme celui de Jacqueline Sauvage ! Cette femme peut être aussi hilarante que bouleversante, c’est stupéfiant à voir !

INCARNER QUELQU’UN D’AUTRE ET S’OUBLIER…

Ça m’a obligé à apprendre à lâcher prise… Je suis tout le temps dans le contrôle, je programme et je répète sans cesse et bien que sur scène, je réussisse par moments à tout oublier, je n’avais jamais vraiment été autant « contraint » de m’abandonner… Se glisser dans la peau d’un personnage exige d’accepter de laisser les émotions monter et surtout d’aller les rechercher au plus profond de soi… C’est déstabilisant de ressentir de véritables peines ou colères face à une histoire qui n’est pas la sienne… Il y a par exemple une scène où bien que ce soit mon personnage qui craque, c’est moi qui ai eu besoin d’une dizaine de minutes pour m’en remettre… D’ailleurs, moi qui suis habitué à déconner en permanence en coulisses, j’ai cette fois-ci eu souvent besoin de m’isoler avant d’entrer sur le plateau…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pendant la Fête de la Musique à l’Hôtel Beau Rivage de Nice • Photos Virginie Arcaro


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Interview parue dans les éditions n°406 #1, #2, #3 et #4 Septembre 2019

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