INTERVIEW

Amel Bent en interview pour Le Mensuel en 2014 album Instinct

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Amel Bent

en interview 

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AMEL BENT


album  Instinct

 
 

 

« Je ne peux pas aller sur scène avec des chansons

qui ne représentent qu’une infime partie de ce que je suis… »

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C’est avant même de dévoiler son nouvel album Instinct qu’Amel Bent a commencé à investir les salles de France pour faire découvrir à son public ses derniers titres en avant-première. Le pari était évidemment risqué puisqu’elle n’a pas bénéficié, comme cela se fait en général, des retombées médiatiques du lancement de l’album en question et pourtant, même si ses fans n’ont découvert ses nouveaux titres qu’en concert, ils ont été séduits au point d’entonner en choeur des refrains qu’ils entendaient pour la toute première fois. Des airs, des textes et des rythmes qui ont su captiver un auditoire grâce à leur richesse et leur authenticité…

 

   

amel-bent-interview-le-mensuel-2014-instinct-CMorgane L : Votre 5ème album Instinctest sorti le 24 février dernier donc trois ans après le précédent. C’est un projet que vous aviez en tête depuis longtemps ?

Amel Bent : Ah oui ! Dès que j’ai su que je n’allais pas partir en tournée avec l’album précédent, je me suis dit que c’était le moment de plancher sur celui-ci. Ça fait facilement deux ans ou deux ans et demi qu’il me trotte dans la tête ! (rires)

C’est quelque chose qu’on a tendance à oublier aujourd’hui mais c’est important de prendre le temps de faire les choses…

C’est sûr ! Moi je n’aime pas faire des albums trop rapidement. D’ailleurs, la plupart du temps, dès que j’en finis un, je pense au suivant même si je prends ensuite le temps de peaufiner les chansons. En réalité, faire un album en amène un autre car on est dans un moment de création où l’on est très inspiré.

Avec l’album Instinct, on a la sensation, qu’après dix ans de carrière, vous avez fait les choses plus naturellement ou en tous cas plus « personnellement »…

J’ai senti que, à ce moment précis, j’avais besoin de m’éloigner un peu de tout ce que j’avais pu faire avant. C’était moi aussi mais j’avais justement envie de suivre mon instinct et ne pas calculer pour rester dans la lignée de l’ancien album. J’ai toujours été honnête dans mes démarches, alors j’ai voulu le rester avec ce que j’aime aujourd’hui. Ce nouvel album est à la fois un pont avec les précédents albums mais aussi une ouverture sur de nouveaux genres et de nouveaux thèmes…

Et tout simplement on grandit, on vieillit, on découvre plein de nouvelles choses et on désire à un moment que ces choses se retrouvent dans les nouvelles créations…

Exactement ! J’ai toujours eu ce souci d’honnêteté. Je ne peux pas aller sur scène avec des chansons qui ne représentent qu’une infime partie de ce que je suis. Je désirais sincèrement que toute ma personnalité se reflète dans cet album, et pas seulement les côtés sombres et les peines mais mon caractère et toutes mes émotions. Il n’y a pas que du négatif dans la vie. C’est vrai que j’avais beaucoup axé les titres précédents sur les mauvaises expériences et les douleurs mais même si on en retrouve dans ici, il n’y a pas que ça, elles font partie d’un tout plus complexe. Cet album est à l’image de la vie.

En 2004, avec Nouvelle Star, vous avez commencé à vous confronter au public, aux médias et à l’univers du disque. Quand on est tout jeune, on essaye de se plier à tout ce qu’une production attend de nous, on veut faire bien mais au bout de dix ans, on arrive à ne prendre que le bon, se libérer du reste pour devenir soi, tout simplement ?

C’est exactement ça. Au départ, on n’y connaît rien. Moi j’aimais chanter et je n’avais aucune notion du business qui va avec. Je ne voulais pas devenir chanteuse, j’avais l’impression de déjà l’être alors que je n’avais pas du tout conscience du métier que c’était. J’ai découvert que c’était tout un métier qui demandait énormément de travail et qui obligeait à se blinder. On se rend compte que des gens vous aiment et d’autres pas, que des gens vous aident alors que d’autres vous enfoncent. Il faut composer avec tout ça. Et surtout, à la différence d’autres métiers, on vit les succès et les échecs, les bons moments et les mauvais moments, en public. Il faut se protéger sans s’enfermer dans sa bulle, il faut trouver le juste milieu. Je pense que je l’ai trouvé à la longue. Je suis passée par des phases un peu difficiles parce que je suis très nature et que je n’aime pas me cacher derrière un personnage.

Instinct est donc un album éclectique ?

Oui et ça se voit sur les réseaux sociaux, il y a eu pas mal de réactions par exemple sur le clip Regarde-nous. Certains apprécient, d’autre moins. Et en même temps, mon album, ce n’est pas Regarde-nous 1, Regarde-nous 2… (rires), il y a des ballades, des chansons à voix et je savais que si je ne changeais pas un peu maintenant, je ne l’aurais jamais fait…



Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel
Interview parue dans l’édition n°346 de mars 2014

Dates de tournée ici
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