INTERVIEW

Christelle Chollet en interview pour Le Mensuel en 2014

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Christelle Chollet

en interview
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CHRISTELLE CHOLLET
 
 
  
 

 

« Je me revendique du music-hall, j’adore cette façon de tout faire à la fois

et de mélanger les genres et du coup les gens aussi ! »

Toujours aussi souriante et pétillante, Christelle Chollet poursuit la dernière partie de sa tournée avec la générosité et la passion qui la caractérisent.
Chanteuse, comédienne, pianiste et humoriste, la belle est douée de tous les talents
et c’est en mariant tous ces arts dans la plus pure tradition du music-hall qu’elle a su séduire la France entière avec son personnage haut en couleurs et court vêtu !
Une SOS Chanteuse excentrique mais dévouée corps et âme
à un métier qui lui permet de revisiter à sa manière tous les titres qui ont marqué la vie de sa créatrice…

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christelle-chollet-interview-2014-toulon-cannesCMorgane L : Comment vas-tu depuis Ramatuelle cet été ?

Christelle Chollet : Ça va super bien et tu vois je reviens tout le temps ici pour avoir le soleil. Je fais exprès d’avoir des interviews avec Le Mensuel pour venir à Toulon et dans le Sud en général ! Du coup, je suis hyper contente ! (rires)

Cette fois-ci, c’est toi qui nous apportes le soleil, après les intempéries…

Oui, les pluies torrentielles pendant dix jours ont été catastrophiques pour certains… Je suis solidaire à fond avec les gens de la région. S’il faut faire quelque chose, parrainer des associations, ils peuvent me contacter, sérieusement, je serai là.

Si tu aimes tant la région, il ne faut plus en partir !

Mais je viens souvent, je ne fais que venir ! Je me débrouille pour être fourrée tout le temps dans le coin, tu as remarqué ? (rires) J’ai des attaches familiales par ici et puisque je me suis mariée avec un Toulonnais, maintenant, je suis chez moi ici ! Vous n’avez plus le choix ! (rires)

Tu reviendras d’ailleurs à Toulon avec ton dernier spectacle…
Oui, le 2 avril aux Fantaisies Toulonnaises, avec le nouveau spectacle qui a déjà plus d’un an et demi et qui terminera sa course en fin d’année, en décembre après être passé par l’Olympia pendant trois jours, les 26, 27 et 28 septembre prochains. Ensuite, nous allons démarrer un autre spectacle, qui est déjà dans la tête de Rémi Caccia, mon mari Toulonnais ! (rires) Tu vois il est déjà bien avancé, il y réfléchit beaucoup, alors que moi… Du moment qu’il y a du soleil et la mer, que demander de plus ?

Il se lève toujours au petit matin pour mettre sur papier toutes ses idées ?

Ah oui, c’est même de pire en pire ! Plus il vieillit, plus il réfléchit, c’est très étonnant… Mais heureusement qu’il réfléchit, ça compense avec moi ! (rires) Sérieusement, il est à fond dans son travail. Il anticipe tout le temps, c’est un génie en la matière. Je l’aime toujours autant, je suis d’ailleurs autant amoureuse de l’homme que de l’artiste. C’est peut-être d’ailleurs parce qu’il est artiste lui aussi que notre binôme fonctionne aussi bien. Il m’écrit les plus beaux spectacles du monde et je suis ravie ! Et vu que c’est lui qui les écrit, je peux dire haut et fort qu’ils sont drôles ! (Rires…). Je suis absolument fan de mon mari. Tu as vu quand même, j’en fais des caisses pour qu’il m’écrive des shows ! (rires) En vérité, je suis complètement fan de lui, il le sait et il me dit d’arrêter de le dire à tout le monde, que personne ne peut me croire car je suis sa femme et que mon témoignage n’a aucune valeur. Moi je m’en fous et je le dis quand même !

Sur scène, notre SOS Chanteuse a donc repris du service ?

Oui elle est toujours là ! Elle est mariée, elle a un enfant, elle a monté sa propre entreprise, elle évolue socialement, elle évolue aussi « vestimentairement » puisqu’elle se balade en « costard-short »… Elle est beaucoup plus « class » qu’avant… (rires)

Elle s’est mariée en mini short ?

Elle aurait pu ! D’ailleurs, moi-même j’ai failli me marier en short avant que le côté traditionnel prenne le pas sur la folie ! Mais j’ai quand même réussi à trouver des robes un peu spéciales… Ce n’était pas un short, mais c’était très court quand même ! (rires) Du coup, on est en compagnie d’une SOS Chanteuse qui a évolué et qui, comme elle a monté sa propre boîte, n’a plus une minute à elle ! D’où son idée de se faire cloner pour être partout à la fois. Elle a un clone « chanteur alcoolique », un clone « rebelle », un de Jean- Jacques Goldman. Voilà, elle peut remplacer tous les chanteurs et chanteuses à la fois.

Plusieurs facettes de ton jeu de comédienne donc dans un même spectacle ?

Oui, cette nouvelle aventure que vit mon personnage m’a offert un panel assez large et je m’éclate à passer d’un rôle à l’autre. Même si c’est toujours moi physiquement, le personnage change et c’est très agréable. C’est un peu schizophrène comme spectacle mais ça me va plutôt très bien ! (rires) Je suis aussi très heureuse d’une chose, c’est que les gens qui avaient vu le précédent, « l’Empiafée », me disent tous qu’ils préfèrent ce nouveau spectacle. Il doit y avoir une raison !

Avec un premier spectacle qui a marché aussi fort, tu as dû avoir une petite trouille en préparant celui-ci non ?

Pas une petite, Morgane ! On a juste envie de se mettre dans un petit trou en se disant qu’on va attendre que ça passe mais finalement, on s’y remet et on y va. On sait surtout qu’on est attendu au tournant par les gens qui ont vu le premier spectacle et on meurt d’envie d’être à la hauteur de leurs attentes. Alors je ne veux pas crier victoire, mais on a fait huit mois à « La Renaissance » à Paris, deux mois à Bobino et là on fait une très belle tournée. On a la chance d’afficher complet à peu près partout alors j’ai envie de dire qu’on a un peu réussi.

Dans tes spectacles, on retrouve une atmosphère music-hall, il y a de la musique, de l’humour, de la danse, de la chanson… Qu’est-ce qui prime pour toi ?

Disons que pour moi le théâtre, le chant et le reste ne sont qu’une façon de raconter des histoires, si possible en faisant rigoler, parce que je trouve que c’est mieux. C’est juste la forme qui change, mais le fond est le même et comme j’aime bien toutes les disciplines artistiques possibles et imaginables, j’essaie de les apprivoiser et de les mettre dans mon spectacle. Je fais du music-hall en somme, oui.

C’est pour ça que ton spectacle est difficile à « résumer » et que tu es difficile à « caser ». Ni simple humoriste, ni simple chanteuse, tu es une artiste avant tout et il n’y a rien de mieux que de venir le découvrir sur scène…

C’est gentil… Oui je me considère comme ça mais c’est aussi pour ça ou à cause de ça que je me dis que mon spectacle est assez difficile à définir, à expliquer. Quand je veux en parler à des gens qui ne me connaissent pas du tout et qui n’ont pas vu mon spectacle, c’est vrai que c’est compliqué à mettre « en mots ». Mais c’est très gentil ce que tu dis de moi, merci. Et j’espère que c’est bien ça parce que ça me plait ! (rires) Je me revendique du music-hall, j’adore cette façon de tout faire à la fois et de mélanger les genres et du coup les gens aussi ! (rires)

Ce qui donne un spectacle libre et sans contraintes extérieures…

Oui tout ce qui compte pour moi, c’est prendre du plaisir, en donner et faire rire. Toutes les chansons et tous les parties parlées sont au service du rire. Parfois un sketchchristelle-chollet-interview-2014-toulon-cannesD devient une chanson, une chanson devient un sketch, je me sers de tubes que j’aime pour faire passer des messages drôles. Je ne me pose pas vraiment de questions avant de faire les choses, tout se fait assez naturellement. On est dans l’émotion ou dans le rire mais toujours dans la lignée de ce que je raconte. J’ai du mal à exprimer ça… Je me fais ma propre popotte qui deviendra ensuite un spectacle. Je n’ai pas vraiment de règles strictes, je pars d’une chanson qui colle bien à un sketch qui lui-même me fait penser à un style musical qui n’a parfois rien à voir avec la chanson de départ et c’est ainsi que je mélange tous les genres. Ce n’est pas très clair ce que je dis, c’est pour ça qu’il faut me voir sur scène ! (rires) Là, tout devient limpide ! En gros tout est au service du rire alors je n’hésite pas à tout revisiter à ma sauce. Rémi me dit parfois que ce n’est pas comme ça que l’on chante telle ou telle chanson et moi je lui réponds que c’est comme ça que je l’entends ! Dans ma tête je l’ai toujours sentie comme ça. C’était caricatural sur les chansons de Piaf car pour moi, les chansons qui font pleurer me font rire et je ne suis pas la seule puisque les gens rigolaient dans la salle. A priori ça parlait d’amour, de tragédie, mais je sentais un potentiel comique dans ces chansons là.

Et le plus compliqué, c’est de faire s’enchaîner avec fluidité tous ces différents styles…

Oui mais ça, c’est le problème de Rémi ! Je te rappelle que je ne réfléchis pas ! A un moment, il faut bien que les maris servent à quelque chose… à écrire des spectacles déjà ! Et puis tu sais bien qu’il faut coucher pour réussir, Morgane ! (rires)

Et malgré le succès que tu rencontres avec ce spectacle, tu penses déjà à un nouveau projet ?

Oui, il faut déjà penser au troisième parce que ça va arriver très vite. A la fin de l’année celui-ci sera terminé même si ça me fait un peu bizarre quand même… J’ai toujours du mal à lâcher mes spectacles car je trouve que le temps passe beaucoup trop vite. Là ça va faire un an et demi qu’il tourne donc trois ans en gros qu’on a commencé à travailler dessus, mais j’ai du mal à me dire qu’il faudra bientôt l’abandonner. En réalité, c’est l’inconnu qui me fait un peu peur et puis je me demande à chaque fois si je vais être capable de refaire aussi bien, de réussir à trouver de nouvelles ressources. Mais une fois que la machine est lancée, ça le fait ! (rires) Et puis en cours de route tu trouves des conneries à rajouter, tu as envie de chanter d’autres chansons et tout se fait à nouveau tout naturellement.

Tu ne te lasses donc jamais d’un spectacle ?

Non, je ne m’ennuie jamais quand j’ai un spectacle ! C’est pour ça que je ne remercierai jamais assez Rémi pour ces cadeaux si précieux qu’il me fait. Quand les gens rigolent, je ne m’ennuie pas, je ne m’ennuie jamais ! Je peux jouer un spectacle mille fois sans aucune lassitude, c’est pour ça que j’ai du mal à les lâcher. Surtout celui-là où je danse, je chante, je m’éclate, les gens rigolent, ils chantent, ils tapent des mains… Ce show est un rêve éveillé ! Et de toute façon, c’est la base du métier, reproduire et reproduire sans cesse…

« SOS Chanteuse » sera encore présente dans le prochain spectacle ?

Ah, ça, je ne peux pas trop t’en dire mais nous allons voir… Il est fort probable qu’elle fasse une petite apparition, je ne peux rien dire mais tu as touché du doigt un point sensible. Il va se passer des choses ! (rires)

Tu es une femme heureuse, une artiste très occupée, une maman et une épouse comblée et pourtant, tu trouves du temps pour soutenir la Chaîne de l’Espoir…

Oui je suis l’une des marraines car c’est une association très importante pour moi. J’ai des enfants moi aussi et voir que des enfants vivent dans des pays du tiers-monde, qu’ils n’ont pas la chance de pouvoir accéder à des soins, qu’ils sont atteints de maladies cardiaques ou de malformations et qu’ils ne peuvent pas être opérés dans leurs pays car ça coûte trop cher et que les structures manquent, ça me rend folle. C’est pour ça que je trouve la démarche de ces hommes et de ces femmes aussi admirable. De grands professeurs et des chirurgiens se sont en effet dits qu’il serait bien de faire venir ces enfants en France pour les opérer gratuitement. Et afin de les accueillir dans notre pays le temps de leurs traitements, des familles d’accueil bénévoles se substituent en quelques sortes à leurs parents le temps de leur séjour chez nous. On a fait une opération juste avant Noël mais il ne faut pas oublier que les actions de cette association durent toute l’année. Il faut du financement pour les faire venir parce que tout n’est pas gratuit, les soins restent coûteux ici aussi même si l’opération est gratuite. Et puis il faut également un temps d’adaptation à ces enfants pour qu’ils puissent repartir sereinement dans leurs pays complètement guéris. Il faut des fonds pour ça et tout le monde peut y participer en allant voir sur www.chainedelespoir.org. Je trouve que c’est un beau projet et il y a plein d’enfants qui en bénéficient encore cette année. Je suis très fière d’être l’une des marraines.

Pourquoi cette cause là plutôt qu’une autre ?

Car c’est important les enfants, c’est ce qu’il y a de plus important. Ils sont le monde de demain. Et puis parce que quand on en a, on va dire que je suis un peu pleureuse, on se sent immédiatement touché et concerné. Mais c’est vrai qu’en tant qu’artiste, on a beaucoup de sollicitations alors j’essaie de regarder que ce soit bien concret, que les dons servent vraiment et puis, comme dans tous les domaines, il y a le coup de coeur qui ne s’explique pas. Là, avec la Chaîne de l’Espoir, je sais que c’est concret parce que ces enfants, je les ai vus. Ils arrivent mal en point. On voit qu’ils sont opérés et on sait qu’ils repartent après. C’est très « réel ». Je me suis investie aussi contre le cancer aussi et quelques autres choses mais je n’en parle pas forcément dans les médias… Je pense que je peux m’investir à mon petit niveau sur des choses bien concrètes.

christelle-chollet-interview-2014-toulon-cannesECe doit être difficile d’apprendre à dire non mais aussi à dire oui face à toutes ces sollicitations… Dire non pour ne pas s’éparpiller et ne pas risquer de ne jamais avoir le temps de s’investir et dire oui en sachant que certains penseront toujours que c’est une occasion de se faire de la pub…

Ah oui je vois ce que tu veux dire ! Ca s’appelle le « charity business » et ça me dérange, ça me gène. Ou alors il faut s’appeler Johnny Hallyday ou Mylène Farmer pour être sur tous les fronts ! Eux n’ont pas ce genre de problèmes là puisqu’ils n’ont plus besoin de se faire connaître. Mais c’est vrai que tu as raison… C’est pour ça aussi que j’ai toujours du mal à en parler mais aussi à dire non aux gens. Quand on vient te demander si tu acceptes d’aider une association qui s’occupe d’enfants malades, comment fais-tu pour dire non ? C’est très ambigu, tu dis que tu ne veux pas entrer dans le « charity-business » et ils te répondent que ce n’est pas ce qu’ils veulent. Ils te veulent parce que tu représentes quelque chose, que des gens viennent voir ce que tu fais. En même temps, il faut aussi se demander si tu auras du temps car si tu t’investis, il faut donner de ton temps. Si tu ajoutes juste ton nom quelque part, ça n’a aucun intérêt. Il faut y être, il faut aller aux manifestations, il faut avoir le temps de faire ça. Pour « La Chaîne de l’Espoir » j’ai pris le temps de m’investir, de faire des photos, des télés, je me suis engagée à en parler. Ça me correspond bien et je suis très heureuse de le faire.

Ton goût pour l’enfance est très perceptible dans Scooby Doo, le spectacle conçu par Rémy…

Oui j’adore l’univers de Scooby-Doo !!! Je suis très heureuse d’avoir écrit les chansons du spectacle avec mon copain Raphaël Alazraki. C’est un vrai bonheur d’être dans la salle des Folies Bergère ou de l’Olympia et de voir 3000 enfants qui crient « OTTO O.T.T.O. » une des chansons que j’ai écrite, c’est vraiment incroyable ! D’ailleurs j’adorerais continuer à écrire pour des comédies musicales pour enfants car là je peux écrire, pour ça, je sais faire ! (rires)

Enfant, j’étais en adoration devant Chantal Goya, quel artiste t’a émerveillée ?

Moi, toute petite, c’était Elvis Presley, donc rien à voir avec Chantal Goya ! Quoique, il avait des paillettes… (rires) Je me prenais un peu pour lui d’ailleurs et dans tous mes spectacles, il y a un petit hommage au King. Dans ce dernier spectacle, il y en a encore un mais il faut le voir, il est très discret. La faute en revient à mon père qui avait un coffret du Reader’s Digest avec toutes les chansons d’Elvis, de toutes les périodes. Je trouvais celles des années 50 magnifiques et je les écoutais toutes en boucles. ! Ensuite, il y a eu « Qui c’est les plus forts ? C’est les verts évidemment », mon premier 45 tours que mon papa m’avait acheté quand j’étais petite. Comme quoi tu vois ça mène à tout le foot ! (rires)

Et la caméra t’attire toujours ? Il y a eu au cinéma « Hotel Normandy » et « Arrête de pleurer Pénélope » et à la télévision « La méthode Claire »…

Alors dans les deux films en question, j’avais des rôles d’à peu près trente secondes chacun ! (rires) Mais ce sont quand même de super expériences. Par contre, un deuxième épisode de « La Méthode Claire » va arriver sur M6 bientôt et j’ai pas mal de projets en attente.

Et tu avais un projet avec Anthony Kavanagh…

Oui on a tourné cet été avec Anthony Kavanagh un projet qui ça s’appelle « French Cops ». Donc c’est dans les starting-blocks. Maintenant, je vais repartir sur le troisième spectacle mais j’attends les projets cinéma avec impatience ! Mon rêve serait de jouer dans un film musical ou quelque chose qui ressemblerait à ce que je fais sur scène avec mon « SOS Chanteuse ». On y réfléchit toujours d’ailleurs… Pour le coup, là, je réfléchis moi aussi, on y réfléchit tous les deux… C’est encore dans les petits papiers. Mais je te le dirais. Le Mensuel sera le premier au courant ! (rires)



Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel
Interview parue dans l’édition n°346 de mars 2014

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