INTERVIEW

Tristan Lopin en interview / Dépendance affective

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SI VOUS ÊTES FANS DES VIDÉOS QUE TRISTAN LOPIN PROPOSE RÉGULIÈREMENT SUR SA CHAÎNE YOUTUBE ET QUE VOUS VOUS DITES QUE VOUS CONNAISSEZ TELLEMENT SON TRAVAIL QU’ALLER LE VOIR SUR SCÈNE SERAIT REDONDANT, VOUS RISQUEZ DE PASSER À CÔTÉ D’UNE GRANDE PARTIE DE LA PERSONNALITÉ DE CET HUMORISTE. CAR SI SUR LE NET, IL N’HÉSITE PAS À ABORDER DES SUJETS D’ACTUALITÉ AVEC UN TON GRINÇANT, SUR SCÈNE, IL PROPOSE UN AUTRE UNIVERS, PLUS PERSONNEL, MAIS TOUT AUSSI IRRÉSISTIBLE !

 

TRISTAN LOPIN, DÉPENDANCE AFFECTIVE : AIX EN PROVENCE / 06 > 07 FÉVRIER • TOULON / 06 > 07 MARS • PERFORMANCE D’ACTEUR / CANNES / 11 AVRIL


« J’AI VÉCU CE BESOIN DE SCÈNE COMME UN SENTIMENT D’URGENCE… »


MORGANE LAS DIT PEISSON : TES DATES ONT TENDANCE À AFFICHER COMPLET…

TRISTAN LOPIN : C’est toujours hyper surprenant de découvrir qu’autant de gens se déplacent pour voir mon spectacle ! C’est extrêmement flatteur et agréable mais en même temps, on a dû mal à le réaliser…

ÊTRE ATTENDU AJOUTE UN STRESS ?

Alors… (rires) Je suis tellement stressé de base que je serais incapable de dire si ça s’empire quand c’est complet ! (rires) Je crois qu’en termes de stress, je suis en permanence au niveau max de toute façon ! (rires)

POURQUOI SE FAIRE MAL À ALLER SUR SCÈNE QUAND ON EST DE NATURE ANGOISSÉE ?

C’est très thérapeutique de monter sur scène et ce pour plein de raisons… Déjà, Dépendance affective est un spectacle que j’ai écrit moi-même sur mes propres angoisses donc ça m’a obligé en quelque sorte à regarder les choses en face et surtout à les décortiquer, les analyser… Et enfin, quand on finit par oser aller sur scène avec tout ça, c’est encore une autre démarche car ça signifie qu’on accepte, à partir de ce moment là, d’être jugé. Le regard des autres m’a longtemps paniqué donc me soumettre à leur avis et surtout accepter qu’ils puissent ne pas aimer ce que je propose m’a réellement fait grandir…

SUIVRE CE « TRAITEMENT » A ÉTÉ UNE ÉVIDENCE ?

Complètement, c’est étrange mais à un moment, ça l’a été. Monter sur scène la toute première fois c’est un mélange d’excitation, d’inconscience et de challenge ! C’est un peu comme sauter à l’élastique, on ne sait pas ce qu’on va ressentir, on a peur mais on en crève d’envie, ça bouillonne à l’intérieur…

J’ai vécu ce besoin de scène comme un sentiment d’urgence car d’un côté on a l’impression d’être à deux doigts de mourir tellement le trac nous fait mal physiquement mais d’un autre, on sait au plus profond de nous que si on n’y va pas, on ne se réalisera jamais pleinement…

ET POURTANT CE N’ÉTAIT PAS UNE ENVIE DE TOUJOURS…

C’est ça qui est curieux… À l’origine, j’écrivais sur un blog et je faisais une école de cinéma pour devenir réalisateur. C’est vraiment Bérengère Krief, qui avait lu quelques-unes de mes chroniques, qui m’a poussé à écrire des sketches. J’avais déjà fait un peu de théâtre mais jamais de la vie je me serais imaginé me lancer dans un one-man-show !

UN ONE-MAN QUI TE RESSEMBLE…

J’ai en effet choisi qu’il parle de moi, de ma vie, de mes expériences mais je crois de toute façon que pour réussir un tel exercice, on a toujours besoin d’y mettre un peu de soi et des choses qui nous sont proches. Les gens s’imaginent souvent qu’un comédien est un excellent menteur alors qu’au contraire, pour incarner un quelconque rôle il a besoin d’être sincère et d’aller puiser en lui. Dans mon cas, la thématique de la Dépendance affective s’est imposée tout de suite car j’avais déjà tendance à écrire pas mal de petites chroniques là-dessus tant ma première rupture avait été pour moi un séisme, un véritable cataclysme ! Quand on souffre, sur le moment, on a la sensation que personne ne pourra nous comprendre alors qu’en en discutant ou en en faisant des sketches, on s’aperçoit que nos sentiments sont finalement très universels ! (rires)

LES COUPLES QUI DURENT DEVIENNENT RARES…

Je crois que ça vient du fait que l’on vit dans une société axée sur le bonheur individuel… On se concentre sur nos carrières, sur notre propre bien-être et sur l’image reluisante que l’on va renvoyer aux autres mais peut-être plus assez sur la personne qui est à nos côtés… Et puis, on évolue aussi dans un monde consacré à la consommation et au jetable alors, inconsciemment, je pense que quand quelque chose cloche dans un couple, plutôt que d’essayer de comprendre et de réparer, on arrête et on « jette », on change… Je n’ai pas la science infuse mais je ne suis pas certain que ça nous rende vraiment heureux sur le long terme…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Westminster Hotel de Nice • Photos droits réservés

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Interview parue dans les éditions n°411 #1, #2, #3 et #4 du mois de février 2020

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