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Thomas N’Gijol Interview

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Thomas N’GIJOL

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Interview


Thomas N’GIJOL

21 Janvier 2012 – 20h30 – Casino du Palais de la Méditerranée – Nice – 26€ 
  



« Quand c’est unicolore ou unigénérationnel dans la salle, ça me dérange un peu… »

NGIJOL_0000_itwMorgane L :  Comment vas-tu depuis l’année dernière ?

Thomas N’Gijol : Tout va bien ! La vie suit son cours…
Ça va pas mal !

Est-ce que le one-man-show qui se jouera à Nice le 21 janvier sera le même que l’année dernière ?
Dans les grandes lignes, oui mais ça a un peu changé. Je ne sais pas si on peut dire que ça a évolué mais moi j’ai grandi.
Il y a plein de choses que je vois autrement et surtout, je suis aussi à mes dernières dates donc il y a une espèce de décontraction qui s’installe aussi, tout en restant professionnel et concentré, mais il y a quelque chose de très cool pour moi sur ces dates là. Je ne vais pas dire que ce sont mes meilleures dates en ce moment mais j’ai tout de même un peu cette impression à chaque fois.

 

Tu te sens plus décomplexé, plus libre ?
Oui, il y a un côté peut-être un peu moins solennel, un peu plus tranquille, plus zen !

 

On est sur les dernières dates, ça veut dire que tu prépares autre chose en ce moment ?
En termes de spectacle, non pas encore…
Je vais devoir m’atteler à l’écriture d’un spectacle mais il ne sera pas en boîte avant une bonne année et demie.
J’espère que ce sera prêt pour courant 2013 mais on en est encore loin là !

 

Dans « A block ! » tu commences à intégrer des nouveautés pour les tester sur le public ?
Il y a deux ou trucs que je fais comme ça mais ce n’est pas vraiment la démarche. Je ne travaille pas en ce moment en me disant que je travaille sur mon prochain spectacle… Mais je me dis qu’il y a des choses à explorer.

 

L’actualité politique et l’approche des élections présidentielles te donnent de la matière supplémentaire en ce moment ?
Oui tout à fait, un petit peu…
Mais sans jamais aller trop loin parce que ce n’est pas le but du spectacle et ça ne serait pas moi.
J’en parle parce que tout le monde en parle, parce qu’on est en plein dedans et que ça fait partie de la grosse actualité de notre pays mais ce n’est pas mon cheval de bataille même si ça fait partie de moi aussi.

 

Ce spectacle m’a plus fait pensé à la vie en général, à des tranches de vie…
C’est juste ce que tu dis parce que ce spectacle c’est un peu le prolongement de la vie…
Effectivement, dans la vie, on passe par plein d’émotions, par plein d’étapes.
On peut avoir à un moment une conscience politique, on peut s’intéresser à des futilités, on a une vie amoureuse etc. donc en effet, j’essaye de faire passer toutes ces choses-là mais de façon très tranquille. Plus je suis proche de moi, moins j’ai l’impression d’être faux.

 

Depuis la première interview, j’ai vu que tu avais fait l’Olympia pendant trois soirs d’affilée, c’est une salle mythique alors ça fait quoi ?
Ça fait énormément plaisir de faire l’Olympia !
Ce n’est pas rien surtout avec mon parcours. Je ne vais pas dire que je viens d’en bas mais un peu quand même donc arriver à accéder à de telles salles, pour moi, c’est extraordinaire !
Je n’osais pas imaginer de telles choses au départ mais ça s’est fait ! Ça donne envie de le refaire !

 

NGIJOL_3511_itwTu as également joué au Cameroun, a-t-il fallu retravailler le spectacle ?
Un petit peu oui…
Disons que si on va jouer en Suisse ou en Belgique, ça reste francophone. L’adaptation est différente dans les grandes lignes.
En Afrique par contre, c’est totalement différent, il y a beaucoup de choses à revoir…
Les références politiques ne sont pas les mêmes, la vie personnelle aussi…
C’est un changement de culture, un changement de codes… Il faut tout revoir.

 

Le sketch de la lettre du cousin camerounais par exemple est resté le même ?
Là, culturellement, c’est totalement leur truc parce que ça part de quelque chose de vrai cette lettre.
Ça leur parle car il y a toujours des correspondances entre l’Afrique et l’Europe entre les lettres, les coups de fil et autres…
On a toujours de la famille qui nous demande des choses… Le fait que ça fonctionne était quasiment garanti !

 

L’accueil a été comment au Cameroun ? En France, nous n’avons pas la culture du stand-up à l’américaine, c’est pour ça que ta formule de sketches et de stand-up fonctionne si bien, mais là-bas quel type d’humour est apprécié ?
Au Cameroun, il y a également une culture de « l’humoriste » donc ça s’est très bien passé. J’ai justement mis en bonus dans mon DVD un extrait.
C’était vraiment bien, c’était émouvant… Vraiment une très belle expérience !

 

A refaire ?
Exactement !

 

Tu t’étais imaginé que ce mélange de one-man et de stand-up pouvait fonctionner aussi bien ? Car on a vu l’année dernière dans la salle, des gens de tous âges, de toutes origines sociales, de toutes origines, des parents avec des enfants, des couples, des potes… il y avait une belle mixité dans le public…
Je ne m’étais pas imaginé tout un tas de choses… J’essaye juste d’être fidèle à moi-même.
Je le dis souvent et je fanfaronne peut-être un peu avec ça (rires), mais j’ai l’impression d’avoir un vrai public. Sans être au niveau d’un Gad, d’une Florence Foresti, mais à mon humble niveau je suis très content des salles parce qu’elles ressemblent à l’endroit où j’ai grandi et à ce que je connais le mieux.
A Paris, j’ai toujours tendance à aller dans des quartiers comme la Bastille ou République où il y a de tout !
Je pense que je serai toujours mal à l’aise dans un quartier où il n’y a que des noirs ou bien que des blancs.
Ça me dérangerait vraiment parce que je n’ai pas été élevé comme ça. Dans nos classes, on était tous mélangés, on l’est dans la vie donc c’est un peu ma perception des choses…
Quand c’est unicolore ou unigénérationnel ça me dérange un peu.

 


Donc là tu es satisfait ?
Oui, mon discours va avec ce que je fais, avec ce que je suis.

 

NGIJOL_3436_itwTu m’avais parlé la dernière fois d’artistes qui t’avaient donné la fibre comique comme Pierre Richard et Louis de Funès, qu’est-ce que selon toi, on retrouve d’eux chez toi ?
Ce sont des mecs que je trouve très forts dans leur registre de comédiens. Je n’ai pas la prétention de me comparer à eux mais ce sont des gens qui m’inspirent dans leur façon de jouer.
Je m’en sers sur scène, j’ai pu m’en servir également dans le dernier film dans lequel j’ai joué. Je suis fan de ces mecs là…
Ce n’est pas forcément « palpable » tout le temps dans ce que je propose. Je ne te dirais pas que je pense à eux tout le temps mais ils font partie de mes plus grosses influences.

 

En parlant de comédie justement, on avait pas mal évoqué « Case Départ » qui allait sortir à l’époque, il a été très bien accueilli alors peut-on espérer une nouvelle aventure cinématographique avec Fabrice Éboué ?
Oui, on y travaille en ce moment. Je pense qu’on va partir sur un autre truc dans les prochains mois et en parallèle à ça je travaille sur d’autres projets qui ne sont pas encore totalement concrets mais qui j’espère, se réaliseront bientôt !
Cette année va être une année où l’on va bien bosser ces domaines là… J’en ai envie.

 

Sur scène aussi pourrait-on t’imaginer un jour jouer en duo avec Fabrice ?
Je ne vais pas dire que ça m’étonnerait… On ne sait jamais ! (rires)
On a encore une démarche vachement différente, voire égoïste, sur scène… Mais rien n’est impossible !
En même temps, comme on est amis, qu’il y a une bonne camaraderie, ça pourrait être marrant. Je pense que ce qui serait intéressant c’est qu’un jour, on fasse une tournée ensemble…
Quelque chose d’assez éphémère, une vraie création originale, une sorte de tournée comme on en voit dans la musique et dans les gros festivals. Ce serait notre festival à nous ! Un festival d’égoïstes ! (rires) Ce serait bien de sillonner les routes pendant un ou deux mois tous les deux.


Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel

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