Arnaud TSAMÈRE
Arnaud TSAMÈRE
Addict à la théorie de l’absurde, Arnaud Tsamère brouille les pistes sur scène… Entre humour noir, improvisation et vannes faussement avortées, il nous entraîne dans un univers qui finalement ne ressemble à personne d’autre qu’à lui-même. Les plus grands noms ne s’y sont d’ailleurs pas trompés ! Épaulé par Pierre Palmade et médiatisé par Laurent Ruquier, cet humoriste « tardif » n’a pas fini de faire parler de lui…
« J’adore prendre les gens en otage ! »
C’est étrange d’oser se lancer sur un des exercices les plus difficiles, l’improvisation…
Oui ! Ça a déclenché quelque chose en moi. En fait, je fonctionne beaucoup comme ça. J’aime que les choses s’imposent à moi naturellement et peut-être que j’avais ça en moi, enfoui même si à l’école, comme beaucoup d’humoristes, c’était un peu dans ma nature de faire rire.
Mais c’est vrai que quand j’ai découvert ça, ça a été une révélation et je m’y suis lancé à fond.
Le one-man-show est arrivé comment ?
Je présentais des plateaux d’humoristes, j’étais un peu le « Monsieur Loyal » de la soirée et finalement je me suis senti à l’aise dans le fait d’être seul sur scène.
Plusieurs personnes m’ont conseillé d’écrire un spectacle, j’ai donc commencé avec Arnaud Joyet qui était mon complice et qui l’est toujours d’ailleurs !
Par la suite, on a vite découvert l’univers absurde de François Rollin qui nous a pas mal guidé dans l’écriture. Encore une fois, c’est quelque chose qui s’est imposé à moi quand on m’a fait comprendre que je ne serai pas un escroc si je montais sur scène ! (rires)
La rencontre avec Pierre Palmade ?
Ça s’est fait sur un spectacle d’impro que Pierre avait vu, qu’il avait bien aimé et je l’ai du coup invité à voir mon one-man. Par la suite, il a eu l’idée de monter une troupe dont j’ai fait partie.
« Chose Promise »
Dans ce spectacle, j’entre sur scène en « Patrice Valenton », professeur de sciences économiques. Ce personnage débarque parce qu’il a promis à son meilleur ami de jouer à sa place son spectacle. Et au moment où il monte en scène, son ami est mort ! (rires)
Ce n’est pas très drôle comme pitch mais toutes les circonstances qui entourent cette histoire là le sont vraiment.
Ce prof d’éco qui n’a rien à foutre sur scène décide donc de prendre en otage le public en expliquant qu’on n’est pas dans une démarche artistique mais humaine et qu’ils ont donc intérêt à apprécier sa présence sinon ce seront de beaux salopards puisqu’on est quand même en train de rendre hommage à un mort ! (rires)
Je mets la pression direct !
Pourquoi avoir choisi le thème de la mort ?
C’est du 2ème degré et de la mauvaise foi absolue ! J’adore prendre les gens en otage sur une thématique aussi grave qui est la mort d’une personne, ça m’autorise à raconter ce que je veux puisqu’au dessus de nous, il y a la mémoire de Rémy, notre ami décédé, qui plane… Ça m’autorise à faire quelque chose qui n’est pas forcément très bien artistiquement mais qui est fait avec le coeur.
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