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Interview video de Asaf Avidan pour Le Mensuel en 2013

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Asaf Avidan

en interview 

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ASAF AVIDAN

 

 

  
« Ma musique est simplement le résultat

d’une démarche intérieure et d’une expression extérieure… »

 

Impossible que vous soyez passés à côté du phénomène Asaf Avidan qui sévit depuis quelques mois sur les ondes avec son titre « One day » !
Beaucoup pensent en l’entendant que cette voix si singulière ne peut appartenir qu’à une femme et nombreux sont ceux qui la comparent à Janis Joplin mais elle est bien la propriété d’un homme, un jeune artiste israëlien… Déchiré, écorché, puissant et envoûtant à la fois, le son de cette voix ne peut laisser personne indifférent !
Ce qui explique certainement pourquoi ses concerts se jouent désormais à guichets fermés et que son dernier album « Different Pulses »,
seulement quelques semaines après sa sortie, devenait déjà difficile à trouver…


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asaf-avidan-en-interview-le-mensuel-different-pulses-2013-concertMorgane L. : Cette journée au Midem a été plutôt chargée non ?
Asaf Avidan : Heu… oui ! On va dire que j’ai été très occupé cette toute cette dernière… année ! (rires) Mais c’est cool, je ne suis pas ce genre d’artiste qui se plaint de ne pas avoir de temps car si je n’ai pas beaucoup de temps libre, ça veut dire que les gens sont intéressés et se sentent concernés par ma musique, donc c’est bon signe ! (rires)

Avant de te lancer dans une carrière musicale, tu as travaillé dans la création de films d’animation, comment as-tu atterri dans la chanson ?
À cause d’une fille ! C’est toujours la faute d’une fille ! (rires) En fait, j’ai toujours essayé de m’exprimer artistiquement. Je suis devenu « animateur » 2D, 3D. J’ai toujours été passionné par les arts visuels. À l’époque, j’avais une petite amie qui partageait ma vie depuis six ans et on s’est séparé. Ça été une période assez difficile pour moi, ça a changé ma vie sans que je le désire. Tout s’est cassé la figure… Mon couple, mes rêves, mes envies… Ça a vraiment été le « cliché » de la séparation douloureuse ! C’est à ce moment là que je me suis posé beaucoup de questions sur ma vie et que j’ai réalisé que je n’aimais plus autant faire ce que je faisais. C’est un métier qui demande une immense patience ! (rires) Entre la naissance de l’idée initiale et la réalisation finale du film, quel qu’il soit, il faut y consacrer des mois entiers ! 
Ce qui m’a finalement séduit dans la musique, à l’inverse, c’est cet effet « immédiat »… Je pouvais condenser tous les sentiments que j’avais enfouis en moi pour les exprimer à travers mes cordes vocales, ttte raison en particulier, je crois, que je suis tombé amoureux de la musique à ce momout simplement. Ils sortaient directement comme ça, au grand jour, en une seconde…
 
Tu chantes, tu composes, tu fais beaucoup de choses que tu as apprises tout seul mais as-tu une préférence ?
Oui, j’ai appris à jouer et à chanter tout seul. Même si je ne considère pas réellement avoir appris tout ça… J’ai plutôt retenu des accords car tout est question de « combinaisons ». Je n’aurais jamais eu envie d’utiliser une guitare ou un piano, d’essayer d’en jouer, si je n’avais pas eu besoin d’écrire une chanson et je n’aurais jamais chanté la chanson de quelqu’un d’autre, donc, par obligation et par « combinaison » des deux, j’ai trouvé cette thérapie. Écrire les choses, ça les a fait sortir… Ma musique est simplement le résultat d’une démarche intérieure et d’une expression extérieure… Dans la vie, tout est question de combinaisons et ça a toujours été comme ça.
 
Qu’est-ce qui t’inspire les thèmes de tes chansons ?
Ce sont toujours des thèmes très personnels… Tu peux trouver des choses en toi que tu n’aurais pas eu l’idée d’explorer autrement. Donc tu écris quelque chose de personnel mais tu te retrouves en fait à accéder à quelque chose de beaucoup plus profond que tu ne l’aurais imaginé et c’est là que tu te retrouves à réfléchir à la mort, à l’amour, à la vie… À ces choses essentielles auxquelles tu ne fais pas toujours assez attention dans ta vie quotidienne. C’est philosophique dans le sens où j’essaye de comprendre ce qu’il m’arrive, mais c’est une question universelle… Qu’est-ce que je fais du temps que j’ai ici, sur terre, et est-ce que ça en vaut la peine ? C’est pour ça que mes chansons peuvent traiter en surface d’une relation amoureuse mais qu’au final, elles reviennent toujours à l’essentiel et qu’elles font réfléchir sur la vie mais aussi sur la… mort ! (rires) Je suis désolé si je suis morbide ! (rires)
 
Tu as une voix unique et très particulière, ça peut apparaître comme une chance aux yeux des autres mais comment as-tu réalisé que tu avais cette voix et comment te l’es-tu appropriée ?
Je n’avais jamais trouvé que ma voix était unique ni même différente de celles des autres… Jusqu’à ce que je me produise devant des gens. Quand j’écrivais des chansons, c’était uniquement pour moi, c’était ma thérapie à moi. J’avais besoin de ressentir ces sentiments, j’avais besoin que ce soit physiquement difficile pour exprimer ce que j’avais en moi… Et je crois qu’elle s’est adaptée à moi, aux circonstances. Elle n’aurait peut-être pas été la même sans ces expériences. Il y a des millions de choses qui se passent en moi mais lorsque je chante, j’ouvre mon coeur, je libère mon esprit et je casse les barrières pour que toute la largeur du spectre des sentiments soit condensée en une seule chose… ma voix. 

Ton nouvel album « Different Pulses » sort lundi, comment te sens-tu ?
Hier j’étais en voiture dans Paris et j’allais de rendez-vous en rendez-vous lorsque je me suis retrouvé à St Lazare, devant un grand magasin Fnac où ils avaient mis une putain d’énorme affiche de ma tête ! C’était surréaliste ! (rires) Il y avait une pré vente de l’album et j’ai réalisé l’ironie de toute cette aventure… Quelque chose de si personnel se retrouvait, là, sous mes yeux ébahis, partagé avec tant de gens d’un coup c’est une sensation indescriptible ! On se sent à la fois heureux et dépossédé… C’est toujours un mystère pour moi ! Je n’arrive pas à comprendre ces sentiments… Je suis très excité par tout ça mais en même temps un peu effrayé par cette exposition de mes sentiments. C’est un peu comme du voyeurisme d’une part et de l’exhibitionnisme d’autre part… Je me mets à nu, et les gens peuvent aussi bien aimer que détester ! Je me retrouve très exposé et j’espère que l’on ne va pas me jeter des pierres ! (rires) 

De quoi parle ce nouvel album ?
En un mot, je dirais que le thème essentiel de ce nouvel album est l’espoir. L’espoir brisé mais aussi le besoin de redonner de l’espoir, de recréer de l’espoir…

Il est peut-être un peu plus positif, c’est pour cela que le style musical est un peu différent ?
Je ne crois pas avoir changé de style de musique… Je pense que j’avais besoin de dépeindre différentes choses de moi… On ne peut pas toujours faire la même chose, ce serait comme si un artiste peintre n’utilisait qu’une partie de sa palette, de ses couleurs… J’ai adoré travailler avec « The Mojos », avec eux j’ai fait du « old school », du rock, du blues, de la folk mais j’ai réalisé que pour exprimer plus d’émotions et pas seulement revivre les mêmes choses encore et encore, j’avais besoin de différentes couleurs, de différents outils, j’ai eu besoin de changement pour donner naissance à un album plus personnel. Mais faire une chanson tout seul à la guitare m’aurait trop limité dans la création et je ne pouvais faire l’homme-orchestre (rires) alors j’ai commencé à établir des parties électroniques pour la batterie, puis pour la basse… Ce sont ces nécessités qui ont fait que naturellement le son a changé.

Et comptes-tu rejouer avec « les Mojos » à l’avenir ?
Pas pour le moment même si on est resté très potes et que l’on se voit souvent. Pour l’instant, on n’a pas prévu de rejouer ensemble, ils ont leurs propres trucs à eux et j’apprécie aussi d’être en solo. Je pense que ça arrivera à nouveau mais plus tard…



Propos recueillis par Delphine O’Brien et Morgane Las Dit Peisson
Montage vidéo par Aurélien Didelot
Interview parue dans l’édition n°336 d’Avril 2013

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