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Interview de Mika

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Mika

en interview  vidéo

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MIKA

Crazy Week !!! 2012

 


« Je voulais une nouvelle énergie, un nouveau challenge, je voulais réinterpréter,

ne pas refaire les mêmes choses encore et encore… »


C’est après un long moment de répétition que Mika nous a accordé de son temps à quelques minutes de l’ouverture du festival Crazy Week !!! Sensible, doux, talentueux et perfectionniste, il vous a concocté un album plus intime que jamais, un album qui lui ressemble. Fruit de ses expériences, de ses plus grandes peines et de ses plus belles joies, « The Origin of Love » vous surprendra… 

 

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Morgane L :
Tu as répété longtemps cet après-midi, c’est ton côté perfectionniste ?
Mika : Je ne sais pas si je suis perfectionniste, mais chaque concert est une opportunité pour développer des choses. Et comme je suis en train d’essayer plein de nouveaux trucs c’est vraiment important qu’on les teste dès que possible. Peut-être aussi parce que pendant cinq ans et demi j’avais les mêmes musiciens et tout d’un coup, j’ai tout changé. Je voulais une nouvelle énergie, un nouveau challenge, je voulais réinterpréter, ne pas refaire les mêmes choses encore et encore. Ce soir, au Crazy Week, ce n’est que notre quatrième concert tous ensemble.

Les concerts et les festivals permettent justement de tester de nouvelles chansons ?  
Bien sûr, les festivals c’est l’idéal pour tester les nouvelles chansons mais aussi pour se ressourcer. C’est un peu « Jekyll and Hyde ». Quand je suis en studio, j’oublie un peu comment monter sur scène et je deviens une personne très différente, alors il y a toujours une période de transition un peu étrange quand je remonte sur scène, je redeviens quelqu’un d’autre.

Dans ton nouvel album « The Origin of Love » qui sortira le 17 septembre prochain, y aura-t-il d’autres titres en français ?  
Il y a des titres en français… « Karen », « L’Amour dans le mauvais temps », « Elle me dit », « Un soleil mal luné ». Ça faisait longtemps que je voulais chanter des chansons en français mais même si je le parle assez bien, je ne le parle pas assez couramment pour écrire des titres. Alors j’ai attendu et j’ai eu la chance de rencontrer un ami, Doriand, qui est artiste parolier. J’ai tout de suite senti que c’était une personne qui pouvait comprendre ma sensibilité. On s’est mis au travail dans un petit studio dans le sud, à Saint Rémy de Provence et la première chanson qu’on a écrite était « Karen » puis il y en a eu plein d’autres.

D’où est venue ton inspiration pour ce nouvel album ?
Avec les deux 1ers albums, on a fait le tour du monde au moins quatre fois ! C’était énorme ! On a commencé dans des petits clubs en Asie, maintenant on fait des arènes… Il y a quelques mois on a même fait un concert à Séoul et juste pour tester j’ai chanté « Elle me dit » et des milliers de fans coréens chantaient en français. J’ai été très ému ! Puis, pendant un an et demi je n’ai plus écrit une seule chanson, je n’en avais plus envie… Il y a eu de nombreux changements dans ma vie, j’ai déménagé et je ne savais plus vraiment où j’en étais… Ma sœur a eu un grave accident, ça m’a beaucoup choqué, c’était très sérieux… J’ai attendu longtemps qu’elle se stabilise puis je suis parti à Montréal pour travailler et le soir même j’ai écrit « L’origine de l’amour » qui est devenu le titre de l’album.? Puis je suis tombé amoureux et j’ai écrit une sorte de journal intime pendant un an où je parlais d’une période assez intense de ma propre vie. Cet album m’a donné une sorte de confiance en moi et je me suis dit « si on peut tout perdre en trente secondes, il faut faire ce qu’on veut ».

Ta musique semble légère pourtant tes textes parlent la plupart du temps de sujets forts…
Oui, il y a cette dualité, ce contraste entre des paroles assez sérieuses, déprimantes et une musique qui fait sourire et danser. Je ne sais pas pourquoi… C’est peut-êtremika_interview_crazy-week-2012_scene mon côté libanais où l’on crie et où l’on pleure dans la même phrase. Il y a une guerre mais on est toujours dans un restaurant en train de manger et de danser. Peut-être est-ce ça, peut-être aussi ai-je réalisé que la mélodie et la joie dans la musique donnent du pouvoir, de la force et qu’en mélangeant ça avec quelque chose de triste, le mélange devient très puissant.

On connaît ton goût pour le visuel et le graphisme, alors à quoi pourrons-nous nous attendre sur scène ?
Il y a toujours un concept tout autour de mes shows, c’est assez théâtral. C’est vrai que dans les festivals c’est différent… On est beaucoup plus axé sur la musique et sur la participation du public. Mais il y aura tout de même ce soir  un élément visuel, des surprises, un peu de magie, et d’étincelles un peu partout. J’aime bien l’idée de commencer en noir et blanc et de finir en couleurs. C’est mon concept pour l’instant, ça rafraîchit les choses. On commence d’un endroit très neutre, petit à petit on y ajoute de la magie et au fur et à mesure on bascule dans la joie, on s’éclate. J’aime cette idée de  transformation ! (rires)

Sais-tu, parmi tous tes titres ce que le public français préfère ?
C’est difficile à dire… Il y a des chansons qui ne sont jamais passées à la radio et pourtant elles deviennent les plus importantes sur scène grâce au public. J’ai la chance d’avoir des chansons où les gens peuvent chanter avec moi comme « Rain » mais même avec de nouveaux titres comme « Lola », où j’ai été très surpris de voir que les gens étaient déjà en train de chanter avec moi ! Ce sont des moments qui me réchauffent le cœur. La vérité c’est que quand je monte sur scène, j’y retrouve la raison de ce que je suis en train de faire. Quand les gens embarquent avec moi ça me donne de l’énergie, ça me rassure.

Tu es devenu une idole pour de nombreuses personnes, mais toi étant plus jeune, qui admirais-tu ?
Je n’avais pas d’idole quand j’étais adolescent… Pas de photos sur les murs mais j’avais des disques et des cassettes. J’étais obsédé par la musique, c’est clair et j’écoutais de la musique pop, les Rolling Stones, Nirvana, Nina Simone, Moustaki, Brel ou encore Gainsbourg. Pour moi c’était juste de la musique. J’écoutais simplement cette musique avec une perception un peu naïve, désuète…?(rires) Je dis toujours : « il faut détruire les idoles avant qu’ils te détruisent ». Je suis par exemple obsédé par Björk, je l’adore mais je ne veux jamais la rencontrer parce que c’est peut-être une conne ! (rires) Je me rassure, je suis sûr que ce n’en est pas une mais on ne sait jamais et je ne veux pas savoir la vérité donc je ne la rencontrerai jamais. Il faut savoir se cacher de ses idoles…



Propos recueillis, photos par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel
Montage vidéo par Aurélien Didelot

Crazy Week !!! 2012 – Nice

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