INTERVIEW

Guillaume Canet en interview

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C’est à peine descendu de cheval que Guillaume Canet, cavalier émérite, comédien accompli et réalisateur expérimenté a pris le temps de se livrer sur ses passions mais aussi sur son tout nouveau long-métrage, « Nous finirons ensemble« … Suite à l’origine imprévue des « Petits mouchoirs« , celle-ci a fini par s’imposer à lui bientôt dix ans plus tard ! Explorant les affres d’amitiés qui vieillissent et finissent par s’étioler, Guillaume Canet nous invite à retrouver Max qui, à la veille de son anniversaire, ne souhaite qu’une chose : rester seul dans sa maison du bord de mer… C’était sans compter le débarquement surprise de tous ses « anciens » amis qu’il n’a pas spécialement souhaité revoir pendant trois ans…

 

 

 


« Parfois, comme en amour, une mise au point s’impose pour repartir à zéro… »


MORGANE LAS DIT PEISSON On se rencontre à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer…

GUILLAUME CANET : Cette épreuve du French Riviera Jump Festival s’est bien passée, j’ai fait une petite faute mais ce n’est que le début de la saison… Ma jument n’a pas sauté depuis cet hiver donc on reprend tranquillement nos marques tous les deux… 

Vous avez profité de ce passage dans le sud pour présenter votre nouveau film, Nous finirons ensemble

J’ai rencontré le public de Nice et de Toulon et je dois avouer que je suis très heureux du merveilleux accueil que le film a reçu ! C’est toujours un peu impressionnant de se retrouver devant une salle pleine de gens qui ont envie de découvrir la suite d’un film qui les a marqués… Je craignais qu’ils soient déçus par l’évolution des personnages et qu’ils ne se retrouvent plus en eux mais leurs retours m’ont rassuré ! (rires) De toute façon, je crois qu’on a toujours peur quand on dévoile son travail, quel qu’il soit… On bosse en moyenne pendant deux ans sur un film, c’est un petit morceau de nous, de notre vie alors les réactions – bonnes ou mauvaises – du public nous atteignent inévitablement…

Une suite des Petits mouchoirs

Je n’avais jamais vraiment pensé à faire une suite jusqu’à ce que je retombe sur le film à la télé. J’ai revu les personnages et je me suis à nouveau attaché à eux, j’ai eu envie de les retrouver et c’est à ce moment là que j’ai compris pourquoi beaucoup de gens me demandaient s’il y avait une suite prévue aux Petits mouchoirs

Un film sur l’amitié…

Ce thème ne s’est pas imposé tout de suite car je n’avais pas trouvé l’angle pour le traiter et je ne voulais surtout pas faire une redite du premier chapitre… Et puis, plus tard, j’ai réalisé qu’on pouvait avoir différentes amitiés tout au long de notre vie selon les évènements qui nous frappent… À 45 ans, on a eu des enfants, on a perdu un pote, un parent, on a déménagé ou on s’est remarié… La vie fait qu’on a de nouvelles affinités, de nouveaux centres d’intérêt et que l’on s’éloigne, sans toujours s’en apercevoir, des amis qui nous étaient chers. Parfois, c’est peine perdu et parfois, comme en amour, une mise au point s’impose pour repartir à zéro…

Parler cinéma pendant un évènement équestre fait sens avec vous…

C’est vrai que c’est grâce au cinéma et au film Jappeloup que je suis remonté à cheval… J’ai retrouvé un plaisir que j’avais perdu et ça m’a redonné le virus ! (rires) Depuis, ça ne m’a plus quitté…

Il faut une symbiose entre l’homme et l’animal…

Les chevaux sont de véritables éponges, ils ressentent tout, en particulier la nervosité… Si vous entrez en piste énervé, il va le ressentir et ça va forcément influer son comportement. C’est un sport qui est humainement enrichissant car il vous apprend la patience, la compréhension et l’humilité. C’est une activité qui se fait à deux et qui exige une écoute et une complicité…

Une activité qui oblige à être ultra concentré…

Quand on démarre un parcours, on doit être dans sa bulle, comme coupé du monde et d’ailleurs, quand on joue sur un plateau, il faut se mettre exactement dans le même état d’esprit… Quand ça tourne, il faut être en mesure d’interpréter sa scène tout en ayant cinquante techniciens autour qui ne se préoccupent pas du tout de ce qu’on dit ! (rires) Ils sont dans leurs réglages, leurs textos ou ont la tête ailleurs alors pour ne pas se laisser déstabiliser et perdre ses moyens, il faut s’être armé d’une concentration sans faille ! 

Revenir à la compétition en étant connu a été plus compliqué que pour n’importe quel autre cavalier ?

Sincèrement, ça aurait pu l’être mais j’ai pris une fois pour toute la décision de m’en foutre totalement… Je ne voulais pas me préoccuper de savoir comment allait être perçu mon parcours équestre par les médias ou le public, ni même me faire tout un monde d’une chute qui serait filmée… Que je foire ou que je réussisse, je ne veux m’ajouter aucune pression supplémentaire. Je me partage entre deux univers qui me passionnent et m’équilibrent, il n’y a que ça qui compte…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au French Riviera Jump Festival de Cagnes-sur-Mer • Photos 2019 Trésor Films, Canéo Films, Europacorp, M6 Films, Les Productions du Trésor, Artémis Productions


Interview parue dans les éditions n°403 #1, #2, #3 et #4 du mois de mai 2019

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