INTERVIEW

Olivier Lejeune en interview

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Bien qu’on l’ait régulièrement vu ces dernières années dans la peau de personnages imaginés par Sacha Guitry, Jean Giraudoux, Robert Lamoureux ou par lui-même, Olivier Lejeune ne sévit pas que dans les pièces de théâtre ! Dernièrement à l’affiche du film Edmond, c’est sur les planches qu’il a choisi de revenir, mais seul cette fois-ci ! À travers une écriture ciselée et corrosive à souhait, c’est muni d’un sourire désarmant qu’il tire joyeusement sur tous ceux qui font l’actualité ! 

 

 

Olivier Lejeune, Mieux vaut en rire > Fayence / 18 mai

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« C’est peut-être cette causticité scénique qui me permet de si bien me tempérer ! »


MORGANE LAS DIT PEISSON On a l’habitude de te voir au théâtre mais cette fois-ci, tu es seul en scène…

OLIVIER LEJEUNE : J’aime toutes les facettes de ce métier, que je le fasse au cinéma ou sur scène, avec des camarades ou seul mais il faut reconnaître qu’avec Mieux vaut en rire, je m’offre un petit plaisir d’égoïste en ne partageant ce dialogue qu’avec le public ! (rires) 

La première fois seul en scène après ton duo avec Patrick Green ? 

Ça s’est produit un peu par hasard… En 74, on avait monté, avec Patrick, un duo qui marchait du feu de dieu au point que le 45 tours de notre parodie Pot pour rire M. le Président s’était écoulé à plus de deux millions d’exemplaires ! (rires) Mais les deux dernières années ont été très dures, Green était complètement allumé et a même fait de la prison. Un soir, on avait un gala à Perpignan mais il n’est jamais venu… L’organisateur était effondré alors pour ne pas annuler, je lui ai proposé d’interpréter les deux personnages… (rires) Je n’avais jamais fait ça avant mais ça a cartonné alors j’ai continué seul !

Mieux vaut en rire 

Il suit perpétuellement l’actualité ! (rires) C’est d’ailleurs ce qui épate beaucoup les gens, ils ont vraiment l’impression d’être devant un journal de 20 heures revu et corrigé à ma sauce ! Dernièrement, on a évidemment eu pas mal de gilets jaunes mais aussi l’affaire Benala ou encore l’héritage de Johnny… J’adore exercer mon esprit à rebondir sans cesse tout en trouvant le plus rapidement possible l’angle drôle et incisif ! Parfois, ça sort instantanément sur scène, comme un moment de grâce et parfois, ça ne vient pas ! (rires) C’est toujours un mystère, une énigme et je crois que c’est pour ça que même après plus de quarante ans de parcours, je ne m’en lasse pas !

Gentillesse mais humour provocateur et piquant… 

Quand j’ai débuté, j’ai écrit pour Le Luron et ça m’a énormément appris… Il avait ce petit ton corrosif tout en affichant un sourire désarmant sur son visage de petit garçon bien élevé ! (rires) Je pense avoir ce petit côté là aussi et c’est d’ailleurs peut-être cette causticité scénique qui me permet de si bien me tempérer et rester gentil dans la vie de tous les jours ! (rires) 

Un numéro de mémoire… 

C’est la cerise sur la gâteau, les gens l’adorent ! (rires) Ils sont stupéfaits alors que très franchement, avec un peu d’entrainement, tout le monde peut arriver au même résultat ! J’ai commencé à travailler ma mémoire à l’âge de 7 ans alors je n’ai plus tellement de mérite mais le secret, c’est d’apprendre en associant des images aux idées. Cette méthode de mnémotechnie servait déjà aux Grecs et aux Romains et, au Moyen Âge, des professeurs de mémoire parcouraient toute l’Europe ! Désormais, c’est beaucoup utilisé par les magiciens et les comédiens qui doivent parfois retenir de longues tirades ! (rires) L’année prochaine, je vais reprendre Si je peux me permettre et c’est une pièce que j’avais apprise en une seule nuit, il y a 20 ans  ! À l’époque, on disait de moi que j’étais un malade, un autiste, un hypermnésique… J’ai eu droit à tous les labels ! (rires) Mais en réalité, je me suis amusé en apprenant et c’est d’ailleurs, je crois, la seule véritable façon de faire…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo droits réservés


Interview parue dans les éditions n°403 #1, #2, #3 et #4 du mois de mai 2019

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