INTERVIEW

Fabrice Laurent en interview

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Façonnant chaque année avec l’aide précieuse d’Agnès Bonnet une programmation empreinte d’éclectisme et de passion, Fabrice Laurentdirecteur de Performance d’Acteur – s’apprête à souffler les 40 bougies du plus ancien festival d’humour français. Ne choisissant aucun artiste sur catalogue ou en fonction d’un nombre de followers, ces deux amoureux de la comédie, du jeu et de la scène proposent au public méditerrannéen, à chaque édition, leurs coups de coeur pour des artistes qui, médiatisés ou non, ne répondent qu’à un désir profond de jouer encore et toujours plus intensément. 

 

 


« L’humour s’infiltre désormais partout ! »


MORGANE LAS DIT PEISSON : Tu diriges le plus ancien festival d’humour…

FABRICE LAURENT : Jean-Pierre Carriau l’a créé il y a 40 ans car il était très sensible au phénomène du café-théâtre qui se développait à Paris. C’était à l’époque une véritable nouveauté qui apportait une grande liberté de ton sur scène et, vivant à Cannes, il a désiré partager sa passion avec les cannois… C’est ainsi qu’est né le Festival International de Café Théâtre avant qu’il ne change de nom, une dizaine d’années plus tard, pour devenir Performance d’Acteur. Les salles de spectacles s’étant développées sur Cannes et le Palais des Festivals ayant fait son apparition, la notion de café-théâtre n’avait en effet plus beaucoup de sens…

En 40 ans, le paysage humoristique a énormément changé…

En effet ! Il y a 40 ans, c’était le seul festival d’humour et l’an dernier, par exemple, ce registre comptait plus de 17 000 représentations en France ! C’est devenu, au fil du temps, le genre d’art vivant le plus diffusé, c’est impressionnant ! L’humour s’infiltre désormais partout, que ce soit sur les scènes nationales ou dans les médias, chaque radio a ses billets d’humour et beaucoup d’émissions télé font appel à des chroniques humoristiques.  

Des humoristes qui ont de plus en plus de responsabilité et de poids…

C’est vrai qu’entre la télé, la radio et la toile, ils sont de plus en plus sollicités pour donner leur avis sur tout et parfois sur n’importe quoi mais je crois qu’il ne faut pas oublier l’essentiel : la scène. Qu’un comédien fasse une pastille sur YouTube ou une chronique en radio, c’est sur les planches, face au public, qu’il prend tout sa dimension et se dévoile réellement. En tous cas, cette omniprésence de l’humoriste est symptomatique de deux choses : on ne va pas très bien mais on cherche à se soigner ! (rires) C’est finalement très positif ! L’humour apporte une légèreté et une fraîcheur à un quotidien parfois pesant mais aussi un soupçon de « mal-pensance » qui contraste avec une bien-pensance quant à elle souvent oppressante…

Un humour multiple et des jeunes talents mis en valeur…

C’est une très grande famille qui regroupe en effet plusieurs types d’expression qui vont du stand-up au théâtre très décalé en passant par le théâtre musical ou encore l’humour noir et chez Performance d’Acteur, on aime proposer un petit peu de tout ce qu’il se fait sur scène, que les artistes soient connus ou non. Ce qui compte pour nous, c’est d’offrir une diversité au public et de présenter nos coups de coeur… C’est dans cette optique de découverte et de soutien aux jeunes artistes qu’on a préféré leur réserver des salles – à 17h et 19h – dans lesquelles ils peuvent jouer l’intégralité de leurs spectacles plutôt que de les mettre en compétition en leur décernant un prix sur un plateau d’humoristes…

Des surprises sont prévues…

Il y a la soirée Fabien Olicard & Friends qui, comme le Trio Lecaplain, Ferrari, Tsamère, se fera pour la première – et peut-être unique – fois à Performance d’Acteur mais aussi la soirée nord / sud que nous préparent Noëlle Perna et les Frères Taloche ! (rires) Ça aurait été impensable de souffler ces 40 bougies sans Noëlle qui est une fidèle du festival ! On lui fait une confiance totale même si je ne suis pas sûr que la pissaladière aux frites fasse son entrée au Guide Michelin ! (rires) Ils sont complètement givrés tous les trois donc tout ce que je sais de cette création exceptionnelle, c’est qu’il va falloir s’attendre à tout ! (rires)

Et Jamel clôturera cette 40ème édition…

On ne le présente plus ! (rires) Il est venu à la 20ème édition et pour des raisons d’emploi du temps et de tournages, vingt ans se sont écoulés avant son retour… On désirait vraiment qu’il soit là car c’est un joli symbole de fidélité et de continuité…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson à la plage-restaurant Le Bénitier à Cannes • Photos droits réservés

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Interview parue dans les éditions n°402 #1, #2, #3 et #4 du mois d’avril 2019

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