Éric Fraticelli en interview pour son film Permis de détruire et pour la tournée d’un nouveau spectacle qui fêtera ses 30 ans de carrière

Éric Fraticelli en interview
© 2025 Marvelous Productions - Pan Cinéma - France 3 - Les Improductibles
  • interview / cinéma / spectacle
  • « Permis de détruire »
    • le 01 juillet 2026 au cinéma
    • d’Éric Fraticelli
    • avec Éric Fraticelli, Kad Merad, Patrick Timsit
  • Nouveau spectacle « 30 ans, what happened ? »
    • 16 décembre 2026 / 20:00 / Avrignon / Confluence Spectacles
    • 16 janvier 2027 / 20:00 / Béziers / Zinga Zanga
    • 30 janvier 2027 / 20:00 / Nice / Palais Nikaïa
    • 04 février 2027 / 20:00 / Toulon / Le Zénith
    • 05 février 2027 / 20:00 / Marseille / Le Dôme
    • 07 février 2027 / 18:00 / Montpellier / Zénith

Éric Fraticelli

Nouvelle aventure pouvant être vue sans connaître le 1er volet « Permis de construire », le dernier film d’Éric Fraticelli – « Permis de détruire » – nous ramène dans un de ces villages corses qu’il affectionne tant. Patrick Timsit a racheté le cabinet médical (toujours en travaux) de Didier Bourdon et y fait s’installer un psy campé par Kad Merad. Mais bien qu’il soit tout juste sorti au cinéma, son réalisateur est déjà, quant à lui, sur tous les fronts ! Alors qu’il a écrit et mis en scène le 1er spectacle de son ami Jean-François Perrone (alias Jeffou, à retrouver à Fréjus le 12 juillet), qu’il vient d’achever le tournage du « Clan 2 » et que la série « Plaine orientale » prépare sa 2ème saison, Éric Fraticelli s’apprête à remplir quelques-unes des plus grandes salles du pays avec un seul en scène qui célébrera ses 30 ans de carrière !

Morgane Las Dit Peisson : « Permis de détruire », un nouveau volet mais pas une suite…

Éric Fraticelli : C’est un peu ça ! (rires) On peut très bien aller le voir sans connaître Permis de construire. Le personnage de Didier Bourdon est finalement reparti de Corse et c’est celui de Patrick Timsit – dentiste – qui a racheté son centre médical. Kad Merad – psy de son état – le rejoint pour y travailler, bien que ce soit toujours en travaux… Mais psy dans un village corse, ça donne du boulot ! (rires)

C’est une idée qui germait depuis longtemps ? 

Non, pour être honnête, c’est une proposition de France Télévisions qui, après avoir vu les scores de diffusion et de VOD, s’est dit que ça pouvait être une bonne idée. Finalement, ce sont ces acteurs économiques qui m’ont incité à me pencher sur ce projet artistique… Mais pour rester transparent, le 1er volet aussi était une idée des producteurs de chez Marvelous Production ! (rires) Ils avaient pensé à la trame de départ : un Continental qui vient construire sa maison en Corse. Ensuite, il fallait tout inventer.

Sans ça, vous n’y seriez jamais allé ?

Avant que mon ami Philippe Godeau (producteur) me pousse, je n’avais jamais vraiment osé imaginer passer derrière la caméra puisque je ne m’étais même pas confronté à un court-métrage ! Quand ça s’est présenté, je me suis lancé mais sans trop savoir si j’en étais capable… Je crois que j’ai besoin qu’on me donne une impulsion…

À vos côtés, Kad Merad et Patrick Timsit…

J’avais tourné dans Marseille de Kad Merad, et on a souvent essayé de retravailler ensemble. Jusqu’à présent, le timing n’était jamais le bon. Pour Patrick Timsit, c’était différent, on ne se connaissait pas, mais il m’intéressait artistiquement. On lui a transmis le projet pendant qu’il terminait un tournage en Belgique. Le lendemain midi, il nous donnait sa réponse positive et le surlendemain, il arrivait à Ajaccio alors qu’il venait de se faire opérer des dents ! Humainement, je n’ai vraiment pas été déçu et professionnellement, c’est un mec hyper volontaire, respectueux et travailleur… Il faut savoir que beaucoup ne répondent même pas quand on leur envoie un scénario ! (rires) Je ne suis pas impressionné par la « starisation » mais quand des comédiens d’expérience comme eux s’engagent avec autant d’engouement, ça rassure et ça motive… Et puis, je suis heureux de les avoir réunis pour la 1ère fois à l’écran.

Comment être sûr de l’alchimie ?

C’est toujours un point central pour moi et j’aurais aimé qu’on ait le temps de se réunir tous les trois autour d’un repas pour briser la glace, mais on n’a jamais réussi avant le tournage. Donc c’était quitte ou double ! (rires) Car même si ce sont des pros capables de merveilleusement faire semblant, le fait d’être complices dans le jeu apporte un supplément d’âme… C’est impalpable mais ça fait toute la différence. Je crois que dans le boulot comme dans un couple, tout est affaire de feeling… Quand on rencontre une personne, il y a quelque chose d’irrationnel qui fait qu’on le sent ou non.

Les tournages s’enchaînent mais un retour sur scène, en solo, est prévu dans les plus grandes salles du pays…

J’avais terriblement envie d’y retourner bien que l’emploi du temps soit chargé et qu’il n’y ait, pour moi, pas d’exercice plus difficile que le seul en scène ! J’avais commencé en duo puis j’ai enchaîné 3 spectacles en solo par « obligation », mon camarade de l’époque voulant s’y essayer seul… Mais honnêtement, une fois encore, je n’aurais pas franchi ce cap de moi-même ! (rires) En revanche, même si je préfère l’esprit de troupe, j’ai pris goût à cet échange privilégié avec le public.

Éric Fraticelli en interview
© Pierre Taisne

D’ailleurs, des gens vous ont appelé Pido en arrivant…

C’est marrant parce que ceux qui m’ont connu sur scène m’appellent toujours Pido, ceux qui m’ont découvert avec Mafiosa m’appellent Tony, d’autres ont été marqués par le Piaf de L’enquête corse… Je n’ai plus de prénom et franchement, j’adore ça ! Être éternellement le personnage est, je crois, la plus belle récompense quand on fait ce métier, ça veut dire qu’on la rendu crédible et vivant. Et puis, ça me fascine tellement de pouvoir vivre par procuration toutes ces vies, ça me permet d’exister encore plus pleinement, plus intensément… C’est peut-être aussi une façon d’essayer d’échapper à la mort ? Le personnage, lui, va continuer à vivre tant que quelqu’un le regardera…

Le nouveau spectacle va célébrer 30 ans de carrière…

Il va être le fruit d’un mélange. J’ai demandé au public ce qu’il avait préféré des anciens spectacles et à ça, j’ai ajouté plus de la moitié de nouveautés, car je ne suis plus concerné par les mêmes sujets qu’il y a 15 ans. Ça a été un petit défi amusant de marier les deux époques pour rendre l’ensemble cohérent. Évidemment, on va y retrouver mon goût pour les personnages, mais aussi une observation parfois sans concession de notre temps… Il y a, par exemple, deux extraterrestres qui se cachent des humains parce qu’ils sont effrayés de ce qu’il se passe sur la planète… Ce n’est plus si drôle pendant quelques minutes car ça bouscule, puis on en rit parce que, même si je veux véhiculer des messages, c’est ça qui m’anime

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Cinéma Le Lido de St Raphaël pour Le Mensuel / Photo 2025 Marvelous Productions – Pan Cinéma – France 3 – Les Improductibles

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