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Ary Abittan en interview pour Le Mensuel

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Ary Abittan

en interview 

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ARY ABITTAN
 
 
 

 

« Je suis obligé de l’avouer, je m’aperçois que c’est très important d’avoir le regard d’une femme ! »

Il le dit volontier lui-même, ses personnages sont tous un peu fous ! Ce qui est plus inquiétant, c’est qu’il avoue surtout qu’ils lui ressemblent tous un peu… Car, malgré sa génération, Ary Abittan n’a pas cédé à la mode du stand-up et a préféré suivre le sketch « de tradition » mettant en scène des personnages hauts en couleurs qui révèlent sa large palette de jeu d’acteur. Car, même s’il se retrouve propulsé depuis quelques temps devant les écrans, n’allez pas croire que l’artiste soit un débutant ! Ayant toujours rêvé de faire ce métier, ayant toujours senti que c’était sa vocation, il n’a eu de cesse que de réussir. Sur son chemin il croisera des anges gardiens comme Eddy Marouani, Gad Elmaleh, Judith Elmaleh et son talent a fait le reste…
 

 

interview_humour_ary-abittan_eric_nice_2012Morgane L : La scène a toujours fait partie de vos envies ?
Ary Abittan : Oui, j’ai commencé à monter sur scène dans des clubs de vacances puis j’ai continué dans des cabarets. Un jour, avec un pote, on est parti la fleur au fusil pour faire le « forum de Sarcelles », c’était un peu l’Olympia de Sarcelles de l’époque (rires). Pour remplir la salle, on a fait venir tout le monde ! Les amis, la famille… Et ça a super bien marché ! Ça a vraiment commencé comme ça…

Puis sont arrivés le théâtre, un peu de télé et le cinéma avec « Coco »… Les premières parties de Gad, d’Enrico Macias…  Jusqu’au spectacle « A la folie » co-écrit avec Judith Elmaleh. Comment vous êtes-vous choisis tous les deux ?
En fait, assez naturellement… On s’est rencontré sur le tournage de « Coco ». On a commencé à discuter, j’étais pote avec son frère, on déconnait, tout simplement. À cette époque, j’avais déjà un premier spectacle et en discutant, on s’est découvert des affinités. Elle a su me canaliser et réorienter le spectacle. Depuis, je suis obligé de l’avouer, je m’aperçois que c’est très important d’avoir le regard d’une femme ! (rires)

De septembre 2009 à juin 2010, vous avez joué ce spectacle à Paris avant de partir en tournée et aujourd’hui, trois ans après ces débuts, vous le jouer encore. Qu’est ce que ça fait de penser que tant de gens ont fait le déplacement pour le voir ?  
J’aurais beaucoup de mal à expliquer ce qu’est un succès et tout particulièrement celui-là. On a joué ce spectacle trois mois au Palais des Glaces, puis on est parti six mois à la Comédie de Paris et on est ensuite revenu au Grand Palais des Glaces. Ça ne s’explique pas… C’est trop fort… On a juste pris ça comme un magnifique cadeau !

Ça fait 3 ans que vous tournez avec votre one-man « À la folie », ce n’est pas lassant de jouer le même spectacle aussi longtemps ?
Vous savez, entre le début du spectacle en 2009 et maintenant, finalement, il ne reste pas grand-chose d’origine. Comme je joue des personnages sur scène, ce qui est intéressant, c’est que je leur invente une vie un peu tous les jours. Alors comme nous, ils évoluent chaque jour. C’est très passionnant de les jouer en live et de les faire réagir en fonction de l’actualité. Du coup j’ai toujours un réel plaisir à les interpréter et à jouer ce spectacle-là !

Il a évolué en fonction de l’actualité mais en fonction des rencontres que vous avez faites ?
Oui, enfin il évolue surtout en fonction du public en fait. Le one man show est un spectacle vivant. On dit « one » parce qu’on est tout seul sur scène mais en réalité, il se crée quelque chose avec le public et ça améliore constamment ce que j’ai testé la veille.

On arrive à sentir chaque soir jusqu’où on peut aller avec un public ?
Au début, c’est comme chaque rencontre, on fait doucement connaissance et puis après ça vient tout seul ! (rires)

Alors ce spectacle « A la folie » a-t-il un fil conducteur qui lie tous ses personnages entre eux ? 
Le seul fil conducteur, s’il y en a un, c’est moi. Sinon, c’est tout simplement du live. C’est un peu fou, très atypique et en même temps, il me ressemble un peu, je ne sais pas… Mais parfois ça fait un peu peur, parce qu’il porte vraiment bien son nom ! Parmi les personnages, il y a vraiment des fous ! (rires)

Il y a des sketches très traditionnels, loin du stand-up actuel. C’est important pour vous ce jeu d’acteur ? Ça rappelle un peu la façon de faire d’Elie Kakou qui arrivait à nous faire hurler de rire sans moyens extraordinaires, sans grand écran etc.    
Mon spectacle, c’est vraiment la tradition du one man show à la française. C’est ce que je sais faire et surtout, c’est ce que j’aime faire. Avoir des personnages et les jouer, les faire vivre, leur créer une existence, c’est ce que j’aime faire par dessus tout.

Parmi les personnages, on retrouve toujours le présentateur météo, celui du journal, leurs accents… ?
Oui, il y a Michel Varoufe, il y a celui heureux en ménage, celui qui divorce parce qu’il n’a plus rien à raconter, il y a celui qui trouve sa copine moche et qui finit par lui dire le jour de son enterrement qu’elle était belle, il y a le fameux jaloux compulsif et plein d’autres…

Un petit coup de coeur pour l’un d’entre eux ?  
Sincèrement je les aime tous. Quand je monte sur scène, peut être que j’ai un penchant pour Michel Varoufe qui est un peu plus présent… Il a quelque chose en plus, mais c’est surtout avec entre lui et le public en fait que quelque chose se passe.

Toute cette carrière déjà bien remplie vous amène maintenant au cinéma. Trois films l’année prochaine et pas des moindres ! En février, on vous découvrira dans « Vive la France »…
C’est l’histoire d’un petit pays totalement inconnu, le Taboulistan. Le fils du Président Tabouli a l’idée d’envoyer deux habitants en France pour faire sauter la Tour Eiffel afin de faire parler de leur pays. Ça va être quelque chose comme la « Grande Vadrouille » mais avec José Garica et Michaël Youn donc… à l’envers !

Une grande tragédie donc ! Le second film dans lequel on vous verra sera celui de Charles Némes qui sortira en mars 2013, « Hôtel Normandy »…
Oui, une belle comédie très romantique et sympathique. J’ai connu Charles Némes à l’époque de la « Tour Montparnasse infernale ».

Et le dernier « La Grande Boucle », que nous découvrirons en salle en juin prochain…
Tout à fait… Alors « La Grande Boucle », c’est particulier car ce film a tout de même demandé trois mois et demi de préparation ! Ça m’a obligé à faire du vélo tous les jours puisque j‘interprète un coureur italien, maillot jaune du Tour de France. Clovis Cornillac, lui, joue le rôle d’un vendeur en magasin de vélos qui perd à la fois son emploi, sa femme et tout le reste ! Sur un coup de tête, il décide de faire le Tour de France en amateur et d’entamer la course un jour avant les pros. Tous les journalistes vont s’emparer de cet événement et ne vont plus parler du maillot jaune… Autrement dit… Moi ! Cela occasionnera évidemment de nombreux rebondissements très sympathiques !

Et ça demande vraiment une longue préparation ce genre de film ?
Vous savez, quand on vous demande de refaire quinze fois la même prise de vue donc de refaire quinze fois les cinq ou six cents mètres en vélo en faisant des sprints comme un coureur, croyez moi ça demande de l’entraînement ! (rires) Il faut se faire des cuisses d’acier ! (rires)

Qu’est ce qui est intéressant dans ce genre de personnages, qu’est-ce qui vous plaît le plus ? Faire le caméléon ?
Oui c’est exactement ça ! (rires) Dans ce film, je joue le rôle d’un italien alors j‘ai dû parler avec l’accent pendant tout le tournage. Et tourner avec Clovis Cornillac, c’est fabuleux aussi !

Mais j’ai eu beaucoup de plaisir à tourner ces trois films et je crois qu’ils vont tous être bons.

Vous avez déjà vu des extraits des montages ?   
Non pas encore vraiment mais j’ai vu quelques rushes et j’ai hâte de voir le résultat final !

Ce n’est pas un peu curieux pour quelqu’un qui est habitué à la scène et au retour immédiat du public de devoir patienter plusieurs mois ainsi ?
Oui je comprends ce que vous voulez dire… C’est la grosse différence entre les deux. Au cinéma on a joué mais on ne sait pas encore ce que cela donnera et comment ce sera reçu alors qu’au théâtre on joue et on sait tout de suite si c’est bon ou mauvais !

Et en parlant de scène, y aurait-il des projets d’écriture pour un nouveau spectacle ?
Oh oui… J’y pense… J’y pense même tout le temps ! (rires)

Et ça partirait dans quelle direction ?
Quand ce sera clair dans ma tête je vous jure que je vous appelle en premier. Juré ! (rires)


Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel

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