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COUPS DE COEUR
Nicolas Gob en interview pour la saison 9 de la série « L’art du crime »
« C’est de l’ordre de l’alchimie, de l’impalpable… » Nicolas Gob
Véritable phénomène qui a dépassé nos frontières, la série « L’art du crime » revient avec deux épisodes inédits dédiés à Cézanne et David, dont une partie du tournage s’est déroulée à Aix-en-Provence. Fidèle à ce qui fait son succès depuis 9 ans, elle mêle enquêtes policières, vulgarisation de l’histoire de l’art et romance contrariée contrariée entre ses deux personnages principaux… Incarnés par les complices et passionnés Éléonore Bernheim et Nicolas Gob – qui éprouvent un plaisir non dissimulé à explorer leurs palettes de jeu -, l’historienne et le capitaine ne cessent, de saison en saison, de se façonner et de gagner en profondeur.
Nicolas Gob en interview pour la série L’art du crime
interview / festival / séries
- ★ 13 > 17 juin 2025 / Monaco / Grimaldi Forum / gratuit sur réservation ici !
- Saison 9 de L’art du crime à découvrir sur France 2 :
- Lundi 23 février / 21h10 / épisode 25 / Mourir avec Cézanne
- Lundi 02 mars / 21h10 / épisode 26 / Le serment de David
Morgane Las Dit Peisson : Un des moteurs de L’art du crime, c’est le casting…
Nicolas Gob : C’est clair que c’est un des facteurs qui fait que l’alchimie générale a pris… Mais ce qui est amusant, c’est que si notre duo avec Éléonore a été une évidence absolue pour l’équipe, ça nous a échappé au tout début. C’était très sympa, aucun souci, en revanche, la rencontre n’a pas été aussi grandiloquente que ça ! (rires) C’est étrange qu’il ait émané de ces essais quelque chose qu’on n’a pas ressenti tous les deux alors qu’aujourd’hui, on est super complices et qu’on s’adore dans la « vraie » vie ! C’est de l’ordre de l’alchimie, de l’impalpable, de l’instinct et de l’émotion… Ça peut paraître accessoire puisqu’on joue un rôle, mais l’entente est primordiale pour déployer le meilleur jeu possible. Si on ne supporte pas son partenaire, on fait le job sans supplément d’âme et ça donne un résultat étriqué. J’ai globalement eu la chance de ne jamais tomber sur des cons, d’avoir des tournages joyeux et je crois que ça fait vraiment toute la différence !

© Festival de Télévision de Monte-Carlo 2025
Quand on arrive à la 9ème saison, on retrouve une famille, un cocon…
Tourner L’art du crime est un vrai rendez-vous professionnel et humain. Tout le monde évolue avec le même projet, la même envie de raconter une histoire, le même désir de faire toujours mieux, de retrouvailles en retrouvailles… Il y a une réelle cohésion de groupe. D’ailleurs, les auteurs sont très forts car ils se nourrissent de ça. Ils apprennent à nous connaître et ça inspire leur écriture. Pour la réalisation, c’est pareil… Au fil des saisons, on sent qu’on atteint un haut niveau d’exigence parce qu’on est de plus en plus dans le partage et c’est exactement ce qu’il faut essayer de ne pas perdre et de ne pas trahir.
https://www.youtube.com/shorts/1Ui2wmc-IxU
Les personnages évoluent au point qu’on a l’impression que les rôles s’inversent un peu… Antoine dévoile une fragilité tandis que Florence gagne en assurance…
Totalement ! C’est ça la magie d’une série, c’est qu’on évolue avec nos personnages et qu’ils nous en apprennent aussi sur nous. C’est pour ça que c’est très intéressant de les jouer sur la longueur… Et effectivement, tous les deux se révèlent de plus en plus. D’ailleurs, j’aurais eu du mal à jouer longtemps Antoine Verlay si les auteurs ne l’avaient pas emmené au delà du cliché du type hermétique à tout et un peu bas de plafond ! (rires) Il avait tendance à réunir pas mal de critères que je déteste chez un être humain, donc je suis ravi qu’il évolue vers une certaine sensibilité et que ce côté flic ne devienne plus qu’un marchepied pour raconter une histoire.
D’ailleurs, la plupart de nos séries racontent des histoires policières…
Oui c’est curieux, en France, on raconte des histoires via le prétexte d’une enquête… Il faut être flic maintenant pour qu’on nous écrive un scénario ! (rires) On a vraiment pris l’habitude de se divertir avec un crime qui devient presque accessoire. C’est un code, L’art du crime y répond, mais je ne sais pas pourquoi les gens sont presque rassurés que ce soit un truc policier… Est-ce que c’est pour exorciser leurs frayeurs ou jouer à résoudre les énigmes ? Aucune idée mais ça marche ! Ce n’est pas ce qui m’anime le plus, donc je suis heureux que mon personnage bouge et gagne en profondeur.

© Caroline Dubois – France Télévisions – Gaumont
Au fil des saisons, il y a presque un travail d’orfèvre sur les mimiques et les attitudes…
J’allais dire qu’on est sur de la dentelle, mais c’est totalement ça… C’est un kif maintenant de connaître suffisamment nos personnages pour nous permettre d’aller vers les petites choses.
C’est marrant parce qu’on nous demande souvent ce qui est le plus dingue sur L’art du crime et évidemment, il y a cette réponse un peu « convenue » – mais très vraie en même temps -, qu’on tourne dans des lieux majestueux comme Le Louvre… C’est vrai que c’est ouf et en même temps, ce qui nous anime tous les deux, c’est ce mini truc qui pousse à nous dépasser, ce tout petit détail qu’on travaille, qui ne se voit sûrement pas à l’œil nu, mais qui fait une différence à la fin.

© Caroline Dubois – France Télévisions – Gaumont
Une saison 09 loin de Paris, sur nos terres provençales, à Aix-en-Provence…
On est venus tourner à Aix l’épisode sur Cézanne et ça a été une vraie bouffée d’air frais de changer de décors et d’habitudes.
On imagine qu’ils vont continuer à se tourner autour…
Eh oui ! (rires) On répond à un code scénaristique basé sur leur attraction… Je pense qu’il faut essayer de convenir que s’ils finissent dans une maison avec chien et enfants, ce sera super, mais ça ne racontera plus la même chose, car ça instaurera un quotidien… C’est amusant d’ailleurs de voir à quel point ça passionne les téléspectateurs, ça passe souvent avant l’enquête et les tableaux ! (rires)
Heureusement, les auteurs redoublent d’efforts pour imaginer des astuces afin que ce duo continue à s’aimanter sans trop tourner en rond.
Venue du Québec, on commence à voir fleurir la prescription thérapeutique muséale, prouvant les bienfaits de l’art sur notre santé…
Je ne connaissais pas mais je trouve ça génial ! Guérir les maux par l’art en incitant les gens à s’ouvrir à quelque chose de plus beau et de plus grand qu’eux, c’est merveilleux ! À notre échelle, c’est d’ailleurs ce que l’on fait avec la série. On divertit les téléspectateurs en leur faisant découvrir des œuvres, des artistes et leurs histoires à travers un cocktail détonnant de flics, d’art, d’Histoire et de duo mal assorti…
© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel à Canneseries / Mars 2026 / Photo DR
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