COUPS DE COEUR

Tom Villa en interview pour son spectacle « Les nommés sont… »

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« On peut aborder tous les sujets en humour ! »

 

Tout vient à point à qui sait attendre et c’est donc presque un an après la date initiale que Tom Villa peut enfin « ouvrir » sa drôle de cérémonie ! Repéré par les adeptes de la série Munch avec Isabelle Nanty où on lui donnait le bon Dieu sans confession et par les auditeurs de France Inter qui ont pu savourer ses billets d’humour hebdomadaires sur l’actualité, le comédien, sur scène comme en radio, se propose de nous faire vivre une prestigieuse soirée de remise de prix – Les nommés sont… – façon Festival de Cannes ! 

 


 

 

Morgane Las Dit Peisson : Un spectacle en smoking…

Tom Villa : J’adore les costumes et les smokings, j’aime me sentir bien habillé et surtout, il y a l’idée de me faire le plus beau possible pour les spectateurs qui m’ont réservé leur soirée… Ils ont fait le déplacement pour moi et se sont organisés – baby-sitter, parking, dîner etc. – en fonction de moi donc je me sens « investi » d’une grande mission et j’ai envie d’en être digne.

Et puis, il y a également l’idée de rentrer dans un costume de scène car si je jouais en jean et en tee-shirt, ça ne serait pas le même spectacle. La tenue influe sur la gestuelle, les déplacements, les mouvements et permet d’aller plus loin dans le jeu.

Les nommés sont…

Il y a tous les codes des cérémonies : l’intro, les catégories, la pensée pour les disparus de l’année, les jingles et les vidéos pour qu’on puisse vivre en « vrai » un évènement que le public ne voit habituellement qu’à la télé. J’adore regarder ces programmes mais je dois l’idée à mon metteur en scène, Édouard Pluvieux. Ça m’a immédiatement séduit car ça me permet d’aborder tous les thèmes que je désirais, en réglant une fois pour toutes la question des transitions.

 

 

Tu « tailles » mais toujours avec un petit air de-ne-pas-y-toucher…

J’adore ce côté un peu sucré-salé, aigre-doux, piquant sans que ce soit personnel. Mon but, c’est de titiller sans jamais être méchant frontalement car ça reste de l’humour, je ne suis pas là pour régler mes comptes ! (rires) Évidemment, j’aborde l’actualité donc ça me fait parfois prendre un peu position sur certains sujets mais je ne supporterais pas de me fâcher avec des gens ou de les blesser, ça n’a jamais été ma volonté.

Jamais trash ni vulgaire mais incisif…

Je crois sincèrement qu’on peut aborder tous les sujets en humour à partir du moment où l’on a trouvé le bon angle.

Les handicapés, par exemple, ont beaucoup d’autodérision et se vannent entre eux donc tant que rien n’est malintentionné, je ne vois pas pourquoi ils devraient être exclus d’un sketch. Surtout qu’ils ne supportent pas qu’on s’apitoie sur leur sort. Ils ont besoin d’être traités comme tout le monde donc je ne vois pas pour quelle raison on ne pourrait pas rire d’eux au même titre qu’on se moque d’un valide. Je comprends que ça puisse interpeller les gens… Ça les gêne qu’on « s’attaque » à quelqu’un qui n’a pas 100% de ses capacités physiques en revanche, ça ne les choque pas qu’on s’en prenne aux Anges de la Téléréalité qui sont cons comme des bites ! (rires) Pourtant la bêtise humaine est aussi une forme de handicap et elle est malheureusement beaucoup plus répandue… (rires)

 

 

Un one-man travaillé avec Édouard Pluvieux…

On s’est rencontrés au Macumba à 4h du matin, j’étais en Freddie Mercury, lui en Georges Michael… Une évidence ! (rires) J’exagère un peu mais pas sur le « coup de foudre » car ce métier est avant tout de l’humain. Et puis, il sait formidablement s’adapter autant à l’artiste qu’à son public donc il ne travaille jamais de la même manière avec Kev Adams, avec Maxime Gasteuil ou avec moi.

L’envie de scène et de jeu…

Je crois que j’ai toujours eu envie qu’on m’écoute, qu’on me regarde, qu’on s’intéresse à moi… On ne va pas rentrer dans la psychologie mais il y a certainement quelque chose à régler là-dessous ! (rires) J’aime jouer et m’adresser aux gens mais bizarrement, quand j’écris pour Jérôme Commandeur, Jeff Panacloc, Éric Antoine ou Arnaud Ducret, ça ne me dérange pas du tout d’être dans l’ombre. C’est une position qui est différente, voire confortable et puis, j’adore travailler avec des gens qui ont des talents que je n’ai pas, on maximise les savoir-faire et on va plus loin ensemble, c’est jouissif. Si je n’avais pas ma petite part de lumière, peut-être que je ne le vivrais pas aussi bien mais là, j’ai l’impression d’avoir trouvé un équilibre.

 

 

Dans la « lumière » sur tous les fronts : scène, radio, télé, rien ne te résiste !

Le secret – et je n’arrive pas à l’être vraiment – c’est d’être bien organisé et entouré, de rationner son temps mais surtout de prendre du plaisir en faisant les choses. Que ce soit Munch, le spectacle, France Inter, Vivement dimanche ou Surprise sur prise, je m’y suis engagé uniquement par envie et par passion et l’air de rien, ça aide à trouver l’énergie de tout faire…

Les billets d’humour nécessitent de s’informer en continu et de s’intéresser à tous les sujets…

À ma décharge, j’ai toujours été très curieux de tout donc je n’ai pas la sensation que ça me demande un travail supplémentaire et puis, contrairement à une époque pas si lointaine, c’est quand même devenu très facile d’être informé de tout en temps réel.

 

 

De l’actu sur scène aussi…

Oui ce n’est pas une arnaque marketing ! (rires) Car en plus d’aborder des sujets dans l’air du temps (et donc changeants sur le long terme) j’ai inséré dans Les nommés sont… une partie consacrée à l’actualité. Autant dire que je dois rester alerte ! (rires)

Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photos par Fifou 

 


Interview parue dans Le Mensuel n°423 de septembre 2021

 

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