INTERVIEW

Tom Novembre & Christophe Malavoy en interview

By  | 

 

Fausse note fait partie de ces pièces dont il est très ardu de parler sans risquer de trop en dire et gâcher ainsi les diverses « surprises » auxquelles le public sera confronté… Conçue comme les poétiques poupées russes qui laissent inlassablement découvrir une autre facette d’elles-mêmes, cette dramatique comédie à tiroirs ne fournira toutes les clefs de compréhension qu’à son extrême dénouement après avoir passé ses spectateurs comme ses deux comédiens par tous les états psychologiques auxquels un être humain peut se frotter… Intense du début à la fin, drôle parfois et effroyablement réaliste, la partition que jouent Tom Novembre et Christophe Malavoy rappelle que peu importe le poids du passé qui pèse sur nos épaules, chacun d’entre nous est capable de résilience.

 

TOM NOVEMBRE & CHRISTOPHE MALAVOY pour la pièce « FAUSSE NOTE »À ANTIBES LE 15 JANVIER • À LA CIOTAT LE 17 JANVIER • À SAINT RAPHAËL LE 18 JANVIER • AU BROC LE 09 MARS

 


« C’est très intense à jouer… »


MORGANE LAS DIT PEISSON CONTRAIREMENT À CE QUE L’ON AURAIT PU CRAINDRE, LE THÉÂTRE ATTIRE TOUJOURS LES FOULES…

CHRISTOPHE MALAVOY : C’est réconfortant de voir que les gens ont besoin d’échange, de réunion et de partage… Le théâtre est quelque chose de vrai et de physique qui, après des journées entières passées devant de multiples écrans, fait du bien et permet de se « reconnecter », d’une certaine manière, à la réalité des émotions et des sensations. Et puis, je crois que le théâtre attire aussi grâce à l’unicité qu’elle propose. À chaque représentation, il y a du danger, de l’éphémère, de la réinvention, de la palpitation et les gens aiment ça.

TOM NOVEMBRE : L’une des vocations du théâtre, c’est de créer du lien et de faire en sorte que les gens se sentent finalement beaucoup plus proches les uns des autres… Dans une même salle, ces gens qui ne se connaissent pas partagent les mêmes interrogations, les mêmes préoccupations et les mêmes émotions. Je crois que même inconsciemment, ça tient chaud…

 

FAUSSE NOTE, UNE PIÈCE DE DIDIER CARON QUI S’EST AVENTURÉ DANS UN REGISTRE MOINS COMIQUE…

TOM : La pièce est construite sur un glissement progressif… Elle démarre sur un ton qui pourrait laisser présager quelque chose de léger mais les couleurs et les nuances vont petit à petit s’assombrir…

 

ÇA PERMET DE FAIRE ÉVOLUER SON PERSONNAGE TOUT AU LONG DE LA PIÈCE…

CHRISTOPHE : Pour nous, acteurs, Fausse note est une pièce qui nous offre réellement la possibilité de jouer sur des registres différents puisqu’on passe de la comédie au drame, de l’ambiguïté à la violence, de la perversion à la folie… On se régale car c’est un thriller psychologique intense entrecoupé de moments véritablement drôles. La rencontre de nos personnages est un affrontement douloureux et une joute physique dont aucun des deux ne ressortira indemne, mais c’est très beau car il y a malgré tout une dignité et une maturité qui s’en dégagent lorsque l’on comprend les vrais enjeux de cette pièce.

TOM : C’est très intense à jouer car, contrairement au cinéma où l’on tourne par bribes en se mettant dans une énergie de sprint, au théâtre on est plutôt dans une course de fond. On est obligé de gérer tout son souffle et tout son être, son physique et son mental pour se mettre, pendant une heure et demie, au service d’une histoire littéralement bouleversante…

 

UNE PIÈCE GRAVE ET POPULAIRE…

CHRISTOPHE : Elle parle de la responsabilité, de la culpabilité, de la relation au père et c’est pour ça que bien qu’elle traite d’un sujet historique, elle touche tout le monde… Et puis, comme dans tout bon roman policier bien ficelé, elle incite à mener l’enquête et entraîne le public de fausse piste en rebondissement jusqu’à ce qu’il ait toutes les clefs pour comprendre…

 

UNE PIÈCE QUI VA AU DELÀ DES MOTS…

CHRISTOPHE : Le duel entre le personnage de Tom et le mien fait parfois tellement mal que l’on observe dans la salle de vrais silences habités où les gens continuent à percevoir des choses… Fausse note est en effet un texte qui va bien au delà des mots et qui nécessite qu’on laisse du temps aux spectateurs de ressentir les émotions.

TOM : Les silences, sur scène, effraient parfois les comédiens alors qu’ils peuvent être aussi puissants que désopilants. Dans Fausse note, ils sont essentiels et inévitables… Ils sont comme une respiration, un moment de réflexion… Ils ne sont pas vides, ce ne sont pas des pauses mais des moments de « digestion » de l’information reçue et de suspens… Ce sont des silences remplis qui deviennent encore plus épais que des mots…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Festival de Ramatuelle • Photos droits réservés


Interview parue dans les éditions n°398 #1, #2 et #3 du mois de janvier 2019

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply