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RAPHAEL – Interview

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RAPHAEL

en interview

« L’accident est ce qu’il y a de plus intéressant en musique… »

 

RAPHAEL   « Pacific 231 »

  
Entre « Ces amours-là » au cinéma, la sortie de son nouvel album et la tournée, Raphaël se retrouve sous les feux des projecteurs en cette rentrée… Ce qui ne l’empêche pas de rester lui-même… Réservé et serein… Une jolie rencontre !
Album «  Pacific 231 »


  
Morgane L : Ta tournée précédente « Funambule » en guitare-voix…
   
RAPHAEL : J’ai essayé de faire quelque chose que je n’avais encore jamais fait, essentiellement. J’avais envie de mettre les chansons un peu à nu, de trouver une solution pour qu’elles existent d’une autre manière, d’avoir un côté un peu laboratoire… C’était assez expérimental cette tournée.
   
Tu y as interprété tes plus beaux titres, des reprises et des nouvelles chansons pour mieux appréhender la sortie de « Pacific 231 » ?
  
Oui je pense que ça a un peu aidé. Ça m’a mis dans une certaine manière d’écrire… peut-être avec d’autres instruments que simplement la guitare-voix… il y a des choses plus électriques…
   
raphael-BTournée, album, cinéma… comment fais-tu ?
  
Je ne sais pas si c’est une histoire d’énergie… Ce sont surtout des histoires de timing mais c’est vrai que j’ai été très présent sur scène ces derniers temps. Peut-être un peu trop ? Pour moi non… mais pour les gens… (rires)
Cette tournée, je sens qu’elle va être vraiment formidable ! Les musiciens sont réellement excellents, ça va, c’est sûr, avoir de la gueule ! Mais cette fois elle va être courte, une vingtaine de dates…
  
Pourquoi « Pacific 231 » ?
   
Le nom de cette locomotive me semblait assez évocateur, on dirait un rendez-vous au bout du Monde…
  
Pochette aux allures de futurisme des années 50-60…
    
L’idée de quelque chose de rétro-futuriste, c’était vraiment ça… L’idée d’une espèce menacée…
   
Le type au centre ?
    
C’est moi ! (rires)  En fait on ne sait pas trop s’il est emmené quelque part de force ou si il a juste des potes bizarres…
   
Le clip du « Bar de l’hôtel » reprend cette ambiance… une danse comme une rêverie, les teintes monochromes…
   
C’est vraiment la création d’Olivier Dahan. C’est un mec dont j’aime la vision et la poésie… La chanson parle de ce qu’il y a sous la peau, de pourquoi on fait toujours les mêmes erreurs… C’est assez analytique j’ai l’impression. Et le clip va dans ce sens-là… vers un rêve fait de crainte et de plaisir qui donne à la fin un rêve dans un rêve… Mais je n’ai pas d’explication à chaque rêve ! (rires) Je me reconnais complètement, et dans la pochette, et dans le clip !
   
« Pacific 231 » fruit d’un travail plus solitaire ?
   
Je ne sais pas trop… J’ai quand même beaucoup de musiciens à mes côtés, j’ai passé énormément de temps avec eux. Ça a donné lieu à de la musique, des découvertes et des amitiés, dans une ambiance presque familiale. Ils ont apporté beaucoup de choses. Je ne suis vraiment pas « directif », si quelque chose me déplaît je le dis mais même si ce n’est pas ce que j’imaginais, je vais essayer… Je trouve qu’en règle générale, l’accident est ce qu’il y a de plus intéressant en musique… il faut juste en tant qu’artiste avoir un certain contrôle de l’accident.
    
Fil conducteur de l’album, plus une notion de parcours que de voyage ?
   
Ce n’était pas décidé à l’avance… Il y a un certain vocabulaire, un certain lexique mais ça ne parle pas vraiment de train. Il ne voyage pas, il est fasciné par la mécanique et par l’idée de pouvoir prendre ce train. Et « Terminal 2B », c’est vraiment une histoire d’amour. « La prochaine station » est une métaphore de ce qui arrivera après l’espace, c’est savoir à quel moment du chemin on se situe, savoir dans quelle vision apocalyptique on nage… parce qu’on nage ! (rires)
    
Tes influences…
    
Sur cet album, c’est vraiment la route qui a vraiment « perfusé » ce disque de sa noirceur je crois… Et puis l’idée de cet homme avec son fils… cette trame du futur et cette idée de responsabilité quand il y a quelqu’un qui compte sur vous.
    
Sur scène…
    
Sur scène on aura batterie, clavier, guitare, violoncelle et moi.
    
Le cinéma c’est tout nouveau ?
    
C’est Lelouch qui me l’a proposé, on s’est croisé dans un restaurant… C’était formidable, c’était vraiment une expérience enrichissante… J’aime beaucoup cette idée de lâcher prise… Se laisser dériver comme ça, j’ai adoré faire l’acteur, me faire diriger, j’espère pouvoir le refaire. C’était un peu intimidant mais il est tellement bienveillant…
    

Votre avis…

Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel – Octobre 2010

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