INTERVIEW

Pierre Croce en interview

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Derrière ses airs d’éternel adolescent, Pierre Croce semble savoir exactement où il souhaite aller… En 2012, il créait sa chaîne YouTube pour faire connaître son one man mais rapidement, celle-ci a dépassé toutes ses attentes au point de faire oublier pendant quelques temps, qu’un spectacle existait ! Malgré ses bientôt 230 millions de vues, l’humoriste n’a pas oublié cette scène dont il rêve depuis l’enfance et qu’il est le seul à fouler avec un powerpoint.



« J’ai toujours rêvé d’aller sur les planches, ça a toujours été ma motivation première… »


 

Morgane Las Dit Peisson : On te connaît grâce à YouTube et désormais on te retrouve sur scène dans Powerpoint Comedy

Pierre Croce : J’ai d’ailleurs commencé par la scène en 2011 et ma première vidéo « officielle » n’est sortie qu’en 2013. Dans l’idée, je voulais m’en servir pour promouvoir mon spectacle mais elle a tellement cartonné, qu’elle a fini par prendre le dessus – en termes de notoriété – sur la scène. Mais depuis petit, j’ai toujours rêvé d’aller sur les planches, ça a toujours été ma motivation première.

L’idée d’utiliser un powerpoint ?

Ça vient de l’époque où j’étais en école de commerce et que l’on devait exposer nos recherches devant toute la classe. Contrairement à beaucoup, c’était le moment que j’attendais le plus ! (rires) Je n’ai jamais été très à l’aise dans le rôle du mec en fond de salle qui fait marrer ses potes quand le prof a le dos tourné par contre, je crois que j’ai toujours eu ce besoin de m’exprimer devant une assemblée et de sentir qu’on m’accordait une certaine attention.

On recherche quoi quand on se lance seul en scène ?

Je crois qu’avant même d’avoir l’idée de se lancer comme humoriste, il faut être quelqu’un d’observateur… Étant petit, par exemple, je parlais très peu mais je scrutais énormément tout ce qui se déroulait autour de moi et parmi tout ce que je voyais, beaucoup de choses me faisaient rire et j’avais envie de partager ces sensations. À partir de là, il n’y avait que deux possibilités : soit rester timide et tout garder pour moi, soit me décider à extérioriser un peu plus… Mais pour y arriver, il est essentiel d’assumer ses propos

Le secret c’est donc le don d’observation ?

En réalité, l’univers dans lequel on travaille est bien plus humain que ce que les gens s’imaginent, ce n’est pas si show business que ça… Et heureusement ! (rires) Le rôle des humoristes est d’observer le quotidien et de rester très proches de tout ce qu’il se passe pour essayer d’en rire par la suite. J’ai l’impression que notre « branche » artistique est peut-être celle qui est encore le plus protégée du star-system puisqu’elle a besoin d’être en prise direct avec la vraie vie pour trouver de nouveaux sujets à traiter. 

S’inspirer du quotidien…

Personnellement, j’ai eu une tendance, au début, à travailler partout et à essayer de trouver des sujets sur tout ! Quand je prenais le train par exemple, j’écrivais des blagues sur le train, mais c’était pareil dans le métro ou à la boulangerie… J’essayais à tout prix de dénicher un axe drôle dans chaque situation du quotidien mais je me suis aperçu au fil du temps que même si ça m’avait permis d’acquérir des automatismes, ce n’était pas nécessairement un gage de qualité. 

À quoi ressemble le spectacle sur scène ?

Sur scène, j’ai réellement un powerpoint avec moi mais je n’ai pas voulu avoir une mise en scène trop précise et figée car j’ai toujours été énormément attiré par les stand-up. De nature, je ne suis pas très porté sur les sketchs à personnages, j’ai une préférence pour le fait d’établir un dialogue assez fluide avec le public et ma seule véritable contrainte scénique est cet écran qui illustre, contredit ou nuance visuellement mes vannes.

C’est ton regard sur notre société…

Oui mais ce n’est que le mien ! (rires) Je ne cherche surtout pas à imposer des messages ou à avoir un discours moralisateur même si je me rends bien compte, en entendant les gens à la sortie, que le contenu du one-man les pousse à s’interroger et à débattre. On vit dans une société hyper connectée qui ne choque pas la jeune génération mais qui peut dérouter, parfois, les personnes un peu plus âgées alors j’espère, qu’en partie grâce à  ce spectacle, elles se réconcilieront avec toutes les technologies que l’on aborde…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo Fifou

Interview parue dans Le Mensuel de janvier 2017 n°377 éditions #1 et #2

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