INTERVIEW

Morcheeba en interview

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Malgré une succession de changements au sein du groupe depuis plusieurs années, rien ne semble avoir entaché le style si reconnaissable et caractéristique de Morcheeba… Emputé d’un membre fondateur mais toujours guidé par l’envoûtante voix de Skye, les inventeurs d’un trip-hop suave n’ont rien perdu, en 20 ans, de leur inspiration ni de leur enthousiasme. En attendant d’enregistrer leur prochain album qui devrait voir le jour dans une petite année, les créateurs de Gimme Your Love s’adonnent aux joies de la scène tout cet été…

 

À Puget-sur-Argens le 11 juillet


« Nous ne sommes plus les mêmes qu’il y a 20 ans »


 

Le dernier album est sorti sous le nom de Skye and Ross…

Skye : Oui mais c’est toujours nous ! (rires) Nous avons dû passer par cette petite transition car, lorsqu’un membre du groupe est parti, nous ne pouvions plus utiliser le nom Morcheeba. Plutôt que d’attendre indéfiniment que les choses s’arrangent d’elles-mêmes, nous avons sorti un album et fait une tournée pendant deux ans. Désormais tout s’est démêlé et nous pouvons de nouveau performer sous ce nom quetout le monde connaît. Mais rien n’a vraiment changé, les musiciens sont toujours les mêmes et surtout, le style aussi !

En 2010 tu es revenue dans le groupe quitté en 2003…

À l’époque, j’avais absolument besoin de partir car l’ambiance au sein du groupe n’était pas géniale et Ross n’était pas heureux de cette situation… J’ai bien fait car au moment même où j’allais leur annoncer mon départ, ils m’ont demandé de m’en aller ! (rires) Avec le recul, c’était une bonne chose, ça nous a fait du bien.

C’était l’occasion d’être en solo…

Oui ! Ça a été une superbe expérience ! Ross en a fait autant, il est parti à Los Angeles où il a travaillé avec une quantité de chanteurs avant de rencontrer Amanda Zamolo, une chanteuse qui est devenue sa femme et la mère de ses deux enfants… De mon côté, j’ai pu enregistrer de magnifiques titres en solo et si on n’avait pas pris notre envol, ça ne se serait sûrement jamais passé, Comme quoi – j’en suis persuadée -, rien n’arrive par hasard !

Et ça fait du bien de se retrouver…

C’est exactement ça ! Avoir vécu des choses séparément nous a aidés à mieux nous retrouver car c’est important, en tant qu’artiste, d’avoir un espace intime et de savoir ce que l’on vaut… Aujourd’hui, c’est redevenu très sain, zen, amusant et donc très agréable de travailler ensemble.

Même si d’autres chanteuses se sont succédées, ta voix est restée l’empreinte de Morcheeba…

C’est peut-être une sensation que les gens ont de l’extérieur mais moi, je ne me dis jamais que je suis Morcheeba… Au contraire, je n’en suis qu’un maillon comme la guitare, les paroles ou la production… C’est un peu comme lorsqu’on fait des pancakes, il faut des œufs, de la farine, du lait… Sans l’un des ingrédients, ça peut vite devenir une vulgaire omelette ! (rires) Mais on devrait peut-être éviter de parler cuisine… (rires) Et puis, pour être franche, je n’ai pas vraiment suivi ce qu’ils faisaient quand je n’étais pas là, ça aurait été comme espionner un ex-mari ! (rires) Évidemment, j’espère que le public a été aussi heureux que moi de mon retour mais je suis ravie qu’il ait également aimé le groupe quand je n’étais pas là…

La musique a évolué…

Tout à fait, on a quelque part un peu profité de cette phase de changement pour essayer quelque chose de nouveau. C’est un peu plus instrumental que ce que nous faisions avant mais ça ne veut pas dire que c’est mieux ou moins bien, le son de Morcheeba a simplement évolué et en soi c’est normal, nous ne sommes plus non plus les mêmes qu’il y a 20 ans ! (rires) Même si c’est assez punchy, ça reste chill…

La création se fait à quatre mains ?

Ross écrit la musique et moi, je me charge des paroles. Après le départ de Paul, on s’était dit qu’il fallait faire appel à des auteurs et puis, après s’être essayé à l’exercice, on s’est rendu compte qu’il était temps que l’on ait un peu plus confiance en nous-mêmes. On a écrit une première chan- son, puis une autre et encore une autre et on a réalisé qu’on n’avait besoin – en exagérant bien sûr -, de personne…

 

© Propos recueillis par Delphine Goby O’Brien • Photo Darius Salami • Traduction Arthur Brenac & Delphine Goby O’Brien • Interview parue dans Le Mensuel de juin 2017 n°382 éditions #1 et #2

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