INTERVIEW

Michel Boujenah en interview

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Pourtant en pleine écriture en ce moment de son prochain long-métrage, Michel Boujenah n’a pas résisté à l’appel du jeu qu’il pratique avec la même gourmandise qu’à ses débuts ! Presque quarante ans après ses premiers pas d’acteur, c’est dans sa tête et son imaginaire qu’il a choisi d’emmener des spectateurs qu’il invite à lâcher prise. Jouant les équilibristes entre rêve, réalité, fantasme et mensonge pour mieux révéler quelques vérités profondes, l’humoriste se glisse tour à tour dans la peau d’une vieille dame qui a peur d’avoir oublié de fermer les volets en quittant la Tunisie, d’un adolescent qui se pose des questions sur les femmes ou dans son propre corps de petit garçon qui s’imagine en conversation sur la mort avec son père…  

 

Michel Boujenah dans « Ma vie encore plus rêvée » à Sanary le 24 novembre 2018 • à Draguignan le 12 février 2019 • à Antibes les 05 & 06 juin 2019

 


« Je ne me vois pas du tout m’arrêter un jour… »


Morgane Las Dit Peisson : On vous retrouve sur scène…

Michel Boujenah   :   Je suis en train d’écrire tranquillement mon quatrième film donc j’avais un peu de temps et surtout j’avais besoin de jouer car je me sens extrêmement mal quand je ne joue pas pendant un certain temps… Donc quand on m’a proposé de faire une cinquantaine de dates, je n’ai pas hésité un instant ! Jouer est toute ma vie, j’ai l’impression de respirer pour ça alors la moindre occasion est bonne pour aller sur scène, quitte à inventer un spectacle ! (rires)

Ma vie encore plus rêvée…

Sans rêve, la vie n’aurait aucun intérêt… Il faut rêver sa vie pour réussir à la construire, j’en suis persuadé ! Certains pensent que le rêve éloigne de la réalité alors que selon moi, on n’agit concrêtement qu’après avoir fantasmé quelque chose… Le métier que j’exerce me le prouve chaque jour, l’imagination n’est pas un frein mais un moteur… 

Vous alternez tous types de salles… 

C’est très plaisant car ça oblige à adapter constamment son jeu et puis surtout, ça nous rappelle d’où l’on vient ! Quand on débute, on s’offre très rarement des grandes salles ! (rires) On me dit souvent que je suis nostalgique alors qu’au contraire, j’ai besoin d’aller de l’avant tout le temps, je ne veux simplement jamais oublier que je n’ai pas toujours été connu… 

33 ans séparent le film Trois hommes et un couffin et la version théâtrale qui vient de se créer…

Croyez-le ou non, je n’ai pas vu passer toutes ces années ! (rires) J’en ris parce que je n’ai pas le choix mais quand je me regarde dans la glace le matin, je ne réalise pas du tout que le type en face de moi va sur ses 66 ans… C’est effrayant de se dire qu’on fait à notre tour partie des « vieux » mais dans un sens, c’est bon signe, ça veut dire qu’on a la chance d’être encore là ! 

Ne pas voir passer les années, c’est ne pas s’ennuyer…

Exactement ! D’ailleurs, je ne me vois pas du tout m’arrêter un jour en prenant ma retraite, je crois que je ne survivrais pas à ça ! (rires) Avec l’âge, c’est certain, j’ai envie de ralentir le rythme pour profiter un peu plus de ma famille mais je serais malheureux si je ne travaillais plus… J’adore la cadence que j’ai en ce moment car je peux me permettre d’écrire à la maison, faire du sport, aller à des anniversaires que je ratais continuellement tout en foulant les planches par-ci, par là…

L’écriture semble prendre de plus en plus de place…

En effet, j’ai toujours adoré écrire et je m’y adonne désormais de plus en plus… On est complètement libre quand on écrit et c’est une grande jouissance que de s’installer à sa table de travail pour rentrer dans les aventures des personnages qu’on invente… Je vois tout, je suis vraiment dedans au point que parfois je n’arrive pas à décrire tout ce que j’imagine et c’est très amusant car moi qui ai toujours été un écrivain « de bouche », je me surprends aujourd’hui à inventer non plus en disant les choses, mais en les écrivant…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Festival du Rire de Fayence • Photos Renaud Corlouer


Interview parue dans les éditions n°397 #1, #2 et #3 du mois de novembre 2018

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