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MABILLE – Interview

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Bernard MABILLE

en interview

« Anne Roumanoff et moi, c’est le mariage de la carpe et du lapin ! »

Pas si méchant en fin de compte ! Qui l’eut cru ? Piquant sur scène, il est adorable dès qu’il en redescend… de l’esprit et de la gentillesse…
Une rencontre enrichissante !
« Mabille seul en scène » – Passage à Fayence

 

Bernard MABILLE   « Mabille seul en scène »
 
 
Morgane L : Seul en scène ?
 
B. Mabille : J’ai fait ça de façon périodique, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas fait. Je suis un amateur professionnel ! Je vais au gré des humeurs ! J’étais aux « Deux Anes » pendant un temps, je ne regrette pas mais j’en avais assez d’être tous les soirs au théâtre à Paris, prendre ma voiture à telle heure etc.
Vous savez, c’est pénible au bout d’un moment d’être prisonnier d’un lieu, d’avoir la même loge… à la base on ne fait pas ça pour être fonctionnaire mais pour parcourir la France… J’en avais un peu marre ! J’ai repris la scène il y a un an et demi et j’ai la chance que ça se passe bien. On remplit des salles sans grosses télés, c’est très agréable !
 
Les petites salles vous manquaient ?
 
bernard mabille 1Oui, j’aime bien me balader, j’aime bien sortir de chez moi ! (rires) C’est agréable et on rencontre toujours des gens sympas. Je discute beaucoup, je suis curieux de tout, comment vivent les gens, ce qu’ils écoutent…
 
Je suis resté moi-même, quand je suis dans le Gers, mes copains sont agriculteurs… je n’ai pas du tout épousé le métier ! Quand j’ai bossé avec Le Luron qui était quand même la star des stars, je me suis dit que j’aimais je ne ferai ce métier là ! Ça ne m’avait pas plu d’être coupé de ma famille, de mes copains, de mes attaches…
 
Et quand j’ai commencé, ça a été assez dur, ça ne s’est pas bien passé tout de suite… car entre faire rire sur des mots dits par un autre qui a un énorme talent et faire rire soi-même… j’ai galéré pendant un moment !
 
Le Luron vous a poussé ?
 
Non, après sa disparition, je ne savais plus… Ecrire pour les autres c’est un peu une vie de couple et avec Thierry, j’ai vécu ces sept dernières années en couple – entendons-nous – avec des disputes, des grandes amours, des passions…
 
Forcément, quand vous faites du « succès », les autres vous proposent plein de trucs mais c’était du travail de fonctionnaire… On en revenait à ça, c’était écrire des textes, s’inscrire à la SACEM… ça ne m’excitait pas et un jour, un copain m’a demandé pourquoi je ne montais pas sur scène. J’étais un peu paumé dans ma tête alors je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et ça m’a très vite plu !
 
Le théâtre…
 
Ma dernière pièce remonte à il y a 5 ans, c’était un montage de Frédéric Dard, alors là, c’était vraiment le pied ! Les textes étaient magnifiques, ça allait du truc le plus salace au truc le plus tendre…
Mais sinon j’ai joué de très mauvaises pièces pour avoir le bonheur de jouer avec une équipe ! (rires) Avec Pierre Doris, qui, pour les humoristes a vraiment été un maître parce qu’il avait 20 ans d’avance et cette espèce d’humour noir, méchant… Desproges lui doit beaucoup, on lui doit tous beaucoup !
 
Envie de retenter ?
 
Je suis en pleine tournée, alors pas maintenant, mais oui j’aimerais bien… Une bonne pièce ! Mais les gens ne pensent pas à vous pour le théâtre, en France on est très compartimenté. Moi on va me filer que des trucs d’humour politique !
 
Chansonnier ?
 
Je me bats un peu contre ça… c’est un peu poussiéreux, c’était souvent écrit en alexandrins, il y avait un pianiste… Alors dès lors que vous faites de l’humour politique, on vous dit chansonnier. Mais est-ce qu’on le dirait des Guignols, de Coluche ou de Laurent Gerra ?
 
Votre spectacle évolue chaque soir selon l’actualité…
 
J’essaye, c’est mon boulot de journaliste un peu… Rien que pour Les Grosses Têtes je suis obligé de m’informer chaque matin.
 
Finalement vous écrivez pour quelqu’un d’autre…
 
Anne Roumanoff m’a appelé parce que Michel Drucker lui avait demandé des textes politiques… Et on a eu du bol, ça a fonctionné tout de suite ! C’est vraiment un travail à deux, on ne travaille que par e-mail et on se voit une fois par an.
 

Elle trouve des sujets et du coup elle m’a appris à fouiller dans d’autres thèmes que je n’aurais peut-être pas abordés et moi, je lui ai apporté la concision : une phrase, un rire et ainsi de suite. J’ai eu un peu les pétoches mais Anne m’a donné de la discipline, du sérieux… ce que je n’avais pas vraiment ! C’est une belle expérience et en plus ça marche du feu de Dieu ! Et pourtant, par rapport à ce que je disais, j’y suis allé un peu à reculons. C’est le mariage de la carpe et du lapin… mais ça marche !

 

Votre avis…

Photos réalisées et propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel – 03 octobre 2010

 

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