INTERVIEW

Les Frères Taloche en interview

By  | 

 

Après 27 ans de duo, 20 ans d’émissions télé sur la RTBF, des dizaines de découvertes de jeunes talents comme Laura Laune et la création d’un festival d’humour, Les Frères Taloche ont tout de même réussi à se trouver un peu  de temps ces derniers mois pour mettre sur pied un tout nouveau spectacle ! Car, bien qu’inoubliables dans leurs sketches Les Frites ou J’ai encore rêvé d’elle, ont eu envie de se réinventer un peu tout en restant – heureusement – fidèles à leur jeu de scène reconnaissable entre mille…

 

 


« On ne s’est jamais engueulés… »


MORGANE LAS DIT PEISSON : Sous vos petits airs, vous travaillez énormément…

VINCENT COUNARD : (rires) On a plein de défauts mais c’est vrai qu’on a échappé à celui d’être fainéants. Cette année 2019 est fort chargée entre le trio inédit avec Noëlle Perna, le rodage de notre nouveau spectacle Mise à jour, les enregistrements de notre émission Signé Taloche et nos activités de producteurs mais c’est aussi ça qui fait que c’est tellement excitant !

Comédiens mais aussi directeurs de festival…

VINCENT : On a plusieurs casquettes et en effet on a créé en 2011 un festival d’humour à Liège – le Voo Rire – alors très régulièrement on va voir des spectacles pour dénicher de nouveaux talents. Je crois aussi que ça nous permet d’être encore dedans même si nous sommes désormais un vieux duo de comiques ! (rires) Bien qu’on conserve ce qui fait notre identité depuis 27 ans, c’est essentiel de rester curieux de ce qui se fait en côtoyant la jeune génération. C’est passionnant de voir comment l’humour évolue au fil du temps…

Un nouveau spectacle…

BRUNO COUNARD : C’est essentiel de se réinventer tout en ne se trahissant pas… Mise à jour invite le spectateur à entrer dans notre univers burlesque, visuel, un peu clownesque et décalé qu’il apprécie, agrémenté de nouvelles tenues de scène, d’une nouvelle affiche, d’un nouveau metteur en scène et surtout de nouveaux thèmes.

Une Mise à jour qui, sur l’affiche, semble encore en cours…

VINCENT : (rires) C’est une excellente idée qu’a eu notre graphiste ! Cette petite barre d’installation qu’ont tous les ordinateurs insinue qu’en effet, sur nous, la mise à jour n’a peut-être pas été complètement terminée voire même qu’elle a planté en cours de route ! (rires)

Il est en phase de rodage…

BRUNO : Chaque jour on modifie l’ordre des sketchs, on fait des coupes, on change des musiques, on fait des tonnes de petits réglages… Cette période de rodage est capitale pour le spectacle car ça nous permet de voir l’impact qu’il a sur les gens. C’est aussi palpitant que stressant car quoi que pense notre entourage de nos sketches, c’est le public qui a le dernier mot… On a fait quelques dates alors on commence à être plus à l’aise mais sincèrement, expérience ou pas, les premières fois restent toujours compliquées ! (rires)

Travailler en famille…

VINCENT : En pratiquement 27 ans de duo, on ne s’est jamais vraiment engueulés… On est complémentaires et complices, c’est une grande chance ! On s’énerve peu, on écrit ensemble et quand l’un à une idée, il la soumet à l’autre et on la teste… On n’a jamais rien planifié ou marketé, tout s’est enchaîné assez naturellement…

BRUNO : C’est une véritable chance ! Il n’y a jamais de tension et on tombe assez vite d’accord sur le but artistique à atteindre. Et puis on conserve aussi un certain équilibre grâce à notre indépendance. On a chacun une société de production, des projets personnels et c’est peut-être aussi ça qui nous permet de ne pas avoir envie de nous étriper ! (rires) On sait que certains y arrivent, mais je ne pense pas qu’on serait capables de faire rire sur scène tout en ne s’entendant pas dans la vie…

Mime, burlesque et rire…

VINCENT : Ça fait partie intégrante de notre ADN, on a envie de faire rire, c’est plus fort que nous ! Obélix est tombé dans la potion quand il était petit, nous c’est dans l’humour…

BRUNO : J’ai commencé comme jongleur dans une petite troupe de cirque amateur et un jour, le clown n’est pas venu donc j’ai dû le remplacer au pied levé ! (rires) C’est la première fois que je faisais rire, je n’y avais jamais pensé mais dès que j’y ai goûté, je n’ai plus pu m’en passer ! C’est un pouvoir extraordinaire ! Je n’ai d’ailleurs jamais eu envie de me lancer dans une pièce dramatique…

VINCENT : Mon premier émoia été de voir Bourvil à la télévision quand j’étais tout petit… Je crois que ça m’a marqué de voir que quelqu’un pouvait réunir toute la famille devant le poste pour la faire rire ! J’étais incapable à l’époque d’analyser ce que ça pouvait représenter mais je me rappelle avoir trouvé ça fascinant ! Ensuite, c’est à l’école que je me suis rendu compte que je n’étais pas le meilleur en beaucoup de choses mais que par contre, j’arrivais à faire rire les gars de ma classe et parfois même les profs ! (rires)C’est à cette période que je me suis aperçu que j’avais ce petit don ou ce pouvoir qui était très agréable. C’est chouette d’en faire son métier surtout que, quand on finit de travailler, les gens nous applaudissent ! (rires)

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pendant le festival Perf d’Acteur à l’Hôtel Eden de Cannes • Photos Pascal Ito


Interview parue dans les éditions n°403 #1, #2, #3 et #4 du mois de mai 2019

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply