« Kwibuka, se souvenir » avec Sonia Rolland
Sur les traces de son passé
Lia (Sonia Rolland) a construit sa vie en Belgique, loin du Rwanda qu’elle a fui à l’âge de 9 ans pendant le génocide des Tutsi en 1994. Devenue basketteuse professionnelle, elle approche désormais de la fin de sa carrière lorsqu’une proposition inattendue lui est faite : rejoindre l’équipe nationale rwandaise pour disputer le championnat d’Afrique ! L’occasion de renouer avec ses origines et de revenir, pour la première fois, dans un pays qu’elle a quitté dans des circonstances tragiques… Sur place, ce qui devait être une aventure sportive prend une dimension beaucoup plus intime. Les souvenirs enfouis ressurgissent et Lia décide de mener sa propre enquête pour retrouver la trace de ses proches disparus. Au fil de ses recherches, une question finit par l’obséder : qu’est-il réellement arrivé à son frère ? Et si, contre toute attente, celui-ci était encore en vie ?
Avec Kwibuka, qui signifie « se souvenir » en kinyarwanda, Jonas d’Adesky signe un film profondément personnel. Né en Belgique d’un père rwandais et d’une mère belge, le réalisateur a lui-même entrepris ce voyage pour renouer avec ses origines. Alors qu’il pensait sa grand-mère disparue pendant le génocide, il a finalement réussi à la retrouver, âgée de plus de 80 ans ! Une expérience qui a directement nourri l’écriture de cette histoire… Pour incarner Lia, le cinéaste a choisi Sonia Rolland, dont le parcours fait étrangement écho à celui de son personnage. Née à Kigali, l’ancienne Miss France 2000 a elle aussi quitté ce pays enfant et pratiqué le basket. Une proximité si forte que l’actrice a confié avoir parfois eu du mal à distinguer son propre vécu de celui de son héroïne. Ce film rappelle combien le travail de mémoire demeure essentiel, plus de trente ans après le drame. Un récit sensible sur les origines, la transmission et la nécessité de regarder le passé en face pour pouvoir avancer.

