CONCERT

Isabelle Boulay en interview pour le spectacle « Piaf Symphonique » !

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« Cette femme-là me fascinait… »

 

Passionné par la chanson française et par Piaf en particulier, Gil Marsalla (qui lui a déjà consacré un spectacle qui a fait le tour du monde) présentera pour la 1ère fois à Nice, le 16 octobre prochain, un tout nouveau projet auquel il a convié une artiste à la voix reconnaissance entre mille : Isabelle Boulay. Puissante, nuancée, pénétrante et finement éraillée, cette voix qui s’est déjà frottée au répertoire de la Môme en partageant avec elle un duo virtuel sur Non, je ne regrette rien saura sans nul doute – en compagnie de l’orchestre philarmonique de l’Opéra de Nice – rendre un hommage vibrant, sincère et respectueux à cette petite dame en noir qui, bien que partie à seulement 47 ans, nous a laissé un héritage musical incomparable.

 


 

🎟️ Isabelle Boulay en concert dans « Piaf Symphonique » au Palais Nikaïa de Nice le 16 octobre 2021 à 20h30 (63.00€)

 


 

Morgane Las Dit Peisson : Vous allez venir à Nice pour une date exceptionnelle… 

Isabelle Boulay : Elle est unique pour le moment mais on compte bien réitérer l’expérience un peu partout par la suite ! (rires) Mais c’est vrai que le spectacle Piaf Symphonique, même si je connais les chansons par cœur, ne peut pas se préparer à la légère. Ça demande énormément de travail en amont et d’ailleurs, je suis venue cet été pour rencontrer l’arrangeur Nobuyuki Nakajima afin qu’on fasse les prises de toutes les tonalités. C’est un projet qui demande énormément d’attention car faire une date unique à grand déploiement comme ça avec l’Orchestre Philharmonique de Nice exige des rouages bien huilés !

 

Je sais que ce sera majestueux !

 

C’est moins « naturel » que de jouer avec son groupe de musiciens habituels en sachant qu’on pourra faire des améliorations sur la date suivante. Là, il faut que ce soit parfait et pour ça, il est essentiel qu’on soit tous très à l’écoute les uns des autres mais je sais que ce sera majestueux ! Chanter avec un orchestre symphonique vous embarque, vous transcende, c’est réellement magique ! C’est un cadeau merveilleux…

 

 

Elle était vraie, cash et authentique !

 

Piaf, une interprète et une sacrée bonne femme…

Je connais très bien le répertoire de Piaf car c’est probablement l’une des chanteuses que j’ai le plus écoutée dans ma vie ! Cette femme-là me fascinait et d’ailleurs, je me souviens qu’à l’âge de 11 ans, j’avais demandé à ma mère un livre – écrit par Simone Berteaut qui était comme sa sœur – sur sa vie. C’est drôle car c’est la 1ère personne que j’ai entendu chanter et qui m’a donné envie de la connaître au-delà de ces chansons… Elle était vraie, cash et authentique. Il n’y avait pas « d’enjolivages » ou de « minaudages » avec Piaf ! (rires)

 

Piaf ne revendiquait rien, elle était, tout simplement.

 

On parle beaucoup de la chanteuse mais c’était une femme libre, farouche, une grande amoureuse et c’était surtout quelqu’un qui ne s’est rien refusé dans sa vie et ça, c’est magnifique ! Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir cet instinct d’aller chercher dans la vie tout ce qu’on peut pour nous aider à tenir. Elle n’a pas vécu longtemps mais très intensément. Et puis c’était aussi une grande égalitariste ! Le mot féministe me dérange car en réalité, il ne devrait pas exister, on ne devrait pas connaître de « combats » pour gagner une égalité. Piaf ne revendiquait rien, elle était, tout simplement. Elle se mettait naturellement à la même hauteur que les hommes sans aucune défiance ou hargne tout en ayant énormément de féminité. Elle a eu la force de se donner le droit d’être elle-même…

 

 

Il y avait une grande lumière dans sa voix…

 

Vous entendre chanter Piaf ne détonne pas, c’est presque évident…

 Ça me touche car je suis une chanteuse de variété mais de nature, ce qui m’attire le plus c’est la grande chanson réaliste. Chez Piaf, ce que j’aime c’est que même si ces chansons étaient très souvent dramatiques, elles nous portaient vers la vie peut-être parce qu’il y avait une grande lumière dans sa voix. C’est quelqu’un qui, malgré les pires épreuves qu’elle a pu traverser, est restée digne et on dirait que sa voix a été l’élément qui lui a toujours permis de rester debout tout au long de sa vie.

Une personnalité intemporelle…

 C’est drôle parce qu’elle a eu une vie extrêmement courte (elle est décédée à 47 ans) et pourtant, elle a marqué l’Histoire, peu importe la génération à laquelle on appartient, on la connaît ! C’est comme si sa voix ne nous laissait pas d’autre choix que de l’écouter, elle a une autorité en elle, une évidence rare… Il y a le talent bien sûr mais c’est un truc indescriptible et inimitable qui part de l’âme.

 

 

J’y vais avec beaucoup d’humilité, de respect et d’affection.

 

Chanter Piaf…

Évidemment, j’aime chanter plus que tout au monde mais avant tout, j’ai toujours ressenti le besoin de faire ça pour faire du bien aux gens à travers des chansons qui me faisaient du bien à moi-même… Aznavour disait que les artistes étaient les pharmaciens de l’âme et c’est un sentiment que je partage. Piaf m’a fait beaucoup de bien et aujourd’hui, j’aime l’idée de lui rendre hommage en partageant avec le public l’amour que j’ai pour ses chansons et l’admiration que je porte à la femme qu’elle était… En revanche, je ne vais pas mentir, c’est sûr que j’ai peur ! (rires) Se mesurer à soi-même, c’est déjà quelque chose mais oser se mesurer au répertoire d’une interprète pareille, c’est troublant… J’y vais avec beaucoup d’humilité, de respect et d’affection. Au plus profond de moi, ce spectacle est quelque chose dont je rêvais mais je n’aurais jamais eu le courage et l’assurance de me lancer là-dedans moi-même ! Si Gil Marsalla n’avait pas pensé à moi et soumis ce projet, je ne l’aurais jamais fait car c’est certainement pour moi la chanteuse la plus intimidante qui soit. Grâce à lui, je vais pouvoir dire merci à Piaf pour tout ce qu’elle m’a apporté sans le savoir…

Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photos par Nelson Simoneau

 


 

Interview parue dans Le Mensuel n°424 d’octobre 2021

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