INTERVIEW

I Muvrini en interview

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Actuellement en pleine tournée mais aussi en pleine préparation de leur prochain album alors que leur dernier, Pianetta, n’a seulement vu le jour qu’en décembre dernier, les membres du groupe I Muvrini risqueraient fort, à eux tout seuls, de faire s’écrouler le mythe du farniente corse ! Continuellement en mouvement pour faire voyager une musique qui s’exporte bien au delà de nos frontières hexagonales, les frères Bernardini ont soif de partage et n’aspirent qu’à apporter, au quotidien, leur humble aide au monde de demain qui apparaît sous les traits de la jeunesse d’aujourd’hui. Donnant de leur énergie et de leur temps bien au delà des salles combles de concerts, c’est bien souvent dans des écoles, des collèges ou des lycées qu’il faut aller chercher ces prédicateurs de bon sens qui luttent activement à la fois contre la non-violence et pour le respect d’une terre que l’on malmène…

À Aix en Provence le 27 mars 2017 • À Sanary sur Mer le 29 mars 2017

Rencontre tout public « La non-violence ça s’apprend »

à la MJC Picaud de Cannes le 20 mars à 20h

 


« Notre quotidien à nous c’est de semer et de réveiller l’enthousiasme qui sommeille en chacun de nous… »


 

Morgane Las Dit Peisson : Vous n’arrêtez jamais et êtes à la fois en tournée et en préparation d’un nouvel album…

Jean-François Bernardini : C’est ça qui est superbe car la tournée actuelle nous permet de venir à la rencontre des gens avec notre dernier album Pianetta mais aussi avec des morceaux qui feront partie du prochain dont la sortie est prévue cette année. Il n’a pas encore de nom bien défini mais ce spectacle – qui succède à Invicta – est réellement tout nouveau bien que l’esprit d’Invita soit quelque part toujours très présent en nous.

Le public est tellement porté par l’atmosphère bienveillante, sereine et chaleureuse qu’il viendrait de toute façon les yeux fermés…

Cette marque de confiance que nous donne le public est, je crois, la plus belle récompense que puisse un jour recevoir un artiste. Ils sont de plus en plus nombreux à savoir qu’ils vont en effet trouver une certaine sérénité mais aussi une insolence car l’art est là avant tout pour ouvrir des fenêtres et interroger. Monter sur scène aujourd’hui, c’est monter sur la scène du monde, on ne peut pas se permettre qu’elle soit vide de sens et de questionnements. Notre quotidien à nous c’est de semer et de réveiller l’enthousiasme qui sommeille en chacun de nous car je crois qu’effectivement, au delà même de la musique, le public a soif de ça…

L’album Pianetta en est un bel exemple…

Pour nous, cet album Pianetta est très sincèrement une petite perle inspirée par l’enfance qui s’adresse à l’enfant qui existe encore en chacun de nous. À travers lui, on essaye de toucher cette immense classe de plus de 7 milliards d’élèves dont nous faisons partie et, parler à hauteur d’enfant – avec tout ce que ça comporte de noblesse et d’exigence – c’était à nos yeux simplifier des choses que l’on nous présente comme très complexes pour mieux nous les rendre étrangères. Et puis je crois qu’on est arrivé à un moment de notre Histoire où nous ne pouvons plus réfléchir en différentes tribus puisque nous sommes tous confrontés au même défi climatique.

On est au delà de l’écologie…

La Terre est comme nous, elle a deux poumons : un vert et un bleu et quoi qu’on fasse, nous, les êtres humains, on les abîme continuellement. Il faudrait que notre espèce fasse un peu plus preuve d’humilité et on est conscient que ça ne sera pas un exercice simple. Changer nos habitudes et notre façon de concevoir la vie va exiger un réel travail de fond et de transmission car, on le voit très bien dans notre société actuelle, dès leur naissance les enfants sont de plus en plus éloignés de la terre, de l’arbre et des rivières et risquent, en grandissant, de trouver normal qu’on en soit arrivé à la circulation alternée ! Il y a tout un apprentissage à réinventer car je crois qu’il n’y aura plus aucun contrat social possible sans ça.

Vous prenez énormément sur votre temps pour discuter avec la jeunesse…

Ça exige un investissement personnel important mais c’est véritablement ce qui me passionne le plus. J’ai donné près de 250 conférences et rencontres à ce jour sur la non-violence dans des lycées et des universités et j’en ressors toujours aussi épaté de voir à quel point ces jeunes sont finalement assoiffés de contenu. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, on arrive à capter leur attention pendant deux heures en n’utilisant que de simples mots et ça ne fait que me conforter dans l’idée qu’ils ont besoin d’être reconnectés avec leur vraie nature. Aujourd’hui, on ne se permet presque plus de prendre du temps pour méditer, réfléchir voire même s’ennuyer et lorsque notre cerveau a un petit moment disponible, il devient l’objet de toutes les convoitises, il est sollicité sans cesse par les médias et les divertissements alors il est essentiel d’être présent et l’école est peut-être encore le dernier rempart face à ça…

Vous nourrissez votre musique de l’aide que vous apportez à tous ces jeunes ?

Constamment ! Ces échanges nous transforment et nous grandissent et indubitablement, ça se ressent, au fil des années, dans nos albums. Le prochain sera d’ailleurs encore plus empreint de toute cette âme et de cette tendresse qui se soulèvent jour après jour et nos spectacles le sont évidemment aussi. Sur scène, on est toujours les huit mêmes musiciens car I Muvrini est une famille exigeante autant du point musical que spirituel… Et pourtant, on est sans cesse dans le renouvellement, autant pour notre bien-être à nous que pour offrir au public un concert à la hauteur de ce qu’il mérite…

 

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo droits réservés

Interview n°1005 parue dans Le Mensuel de mars 2017 n°379 éditions #1 et #2

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