INTERVIEW

Guillaume Bats en interview

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Un peu sudiste dans l’âme, Guillaume Bats – qui reconnaît honnêtement avoir une légère tendance naturelle à l’oisiveté – s’est surpris lui-même à s’atteler si régulièrement à sa tâche sans même attendre les coups de fouet de Jérémy Ferrari, devenu – avec Éric Antoine – son producteur ! S’il ne faut certainement pas y voir un signe de sagesse de la part de l’humoriste, il est indéniable que la raison première de sa motivation soit véritablement la passion d’une scène dont il ne pourrait désormais plus se passer…

 

À Puget sur Argens le 20 octobre 2017



« Je pense pouvoir me targuer d’avoir une vie assez exceptionnelle littéralement parlant… »


 

Morgane Las Dit Peisson : Tu joues à un rythme intensif depuis un petit moment…

Guillaume Bats :  Oui jusque là j’étais sur scène au Trévise une fois par semaine et à partir de janvier, on va doubler le rythme à l’Apollo ! Sincèrement, ça fait un bien fou de travailler régulièrement et surtout, de s’astreindre à un rythme de jeu. Je me suis aperçu en étant chaque mardi à Paris et en tournée généralement le week-end, que c’est cette « obligation », cet emploi du temps qui m’avait finalement le plus manqué…

La scène est vraiment une drogue ?

Je crois que oui en tous cas, maintenant que j’en ai pris l’habitude, j’adore ça et j’aurais vraiment du mal à m’en passer ! Il y a la scène bien sûr mais il n’y a pas que ça… C’est génial d’avoir l’occasion de tourner un peu partout en France et de rencontrer des gens différents à chaque fois. Ça casse complètement la routine car même si je joue le même spectacle, le public est, sans langue de bois, réellement différent à chaque représentation. 

S’adresser au public, interagir avec lui est devenu naturel avec l’expérience ?

Au début, c’est vrai que ça me faisait un peu peur…  Je ne craignais pas tellement le fait de parler directement aux gens mais plus de me perdre dans le déroulé du spectacle et d’avoir un trou de mémoire ! (rires) Je m’interdisais de trop improviser pendant les premières années et c’est vrai qu’avec le temps et l’expérience, j’ai énormément appris et acquis de l’assurance. Au fur et à mesure, je me suis autorisé quelques libertés et aujourd’hui, je suis beaucoup plus détendu dans ce domaine ! (rires) Il n’y a pas de miracle, c’est le métier qui rentre et ce qui est fascinant, c’est de se dire qu’il y a toujours matière à apprendre et à progresser… 

Hors cadre ! est un nouveau spectacle…

Les premiers spectacles, dans l’humour, sont souvent autobiographiques et servent de présentation, de prise de contact avec le public… On se raconte, on se livre, on dit qui on est, par quoi on est passé, ce qu’on aime et c’est en général à partir du second qu’on ose se lancer dans quelques observations sur ce qui nous entoure. Après, pour être très honnête – pour une fois (rires) – j’ai un peu triché avec Hors cadre ! car il n’est pas à 100% inédit. Il y a eu énormément de réécriture et d’ajout de nouveaux sketchs mais l’essence même du spectacle est restée identique.

Tu parles donc un peu de toi dans Hors cadre ! ?

J’y raconte ma vie mais je ne voulais pas que ce soit chiant car je pense pouvoir me targuer d’avoir une vie assez « exceptionnelle » littéralement parlant… Je tenais à ce que mes propos soient à la hauteur de ma façon de voir les choses alors bien sûr, ce n’est pas lisse, c’est sans filtre et même souvent très corrosif mais je suis comme ça dans la vraie vie et je tenais à rester naturel sur scène. Le fil conducteur, c’est la chronologie de ma vie… On part de ma naissance, des complications ce jour là, je parle de mon parcours, du fait que je ne connais pas mes parents, je raconte mes passages dans les familles d’accueil… La base est vraie mais heureusement, j’extrapole pas mal sur scène ! (rires)

Et tu t’es offert des producteurs de premier choix… 

Je me suis en effet entouré d’Éric Antoine et de mon acolyte Jérémy Ferrari à la production et ça a créé une toute nouvelle dynamique y compris sur scène. Hors cadre ! a d’ailleurs de nouveau été écrit avec Jérémy qui est désormais partout, à la production, à l’écriture, à la mise en scène… Il ne me lâche plus, je n’en peux plus ! (rires) Depuis le temps qu’il rêve de se faire du fric sur le dos d’un handicapé… En tous cas, les avoir tous les deux comme producteurs est très amusant car ils sont vraiment aux antipodes ! Je sais que si je suis en manque de câlins, de rêves et de tendresse, je peux appeler Éric et que si j’ai besoin de rigueur, de me faire engueuler voire même de me faire humilier, Jérémy répondra toujours présent ! (rires) Plus sérieusement, ils sont très complémentaires dans ce qu’ils m’apportent au quotidien…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo Julie Caught

Interview parue dans Le Mensuel de janvier 2017 n°377 éditions #1 et #2

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