COUPS DE COEUR

Festival OFF d’Avignon : Parce qu’oublier est impossible

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Théâtre / Festival OFF d’Avignon


Parce qu’oublier est impossible…

On a beau être passé, au quotidien, à autre chose depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Art nous rappelle combien cette période a marqué tant les esprits de ceux qui l’ont vécue que de leurs descendants. Impossible en effet de rester impassible face à l’inhumanité dont les nazis nous ont prouvé que certains de nos congénères étaient capables. S’interrogeant sur cette nature humaine déviante et sur ses ravages, les auteurs tentent encore aujourd’hui de trouver des réponses à l’inexplicable en imaginant des situations témoignant d’une époque qui n’a pas encore un siècle d’ancienneté…

En ce temps-là l’amour, un seul en scène poignant et troublant porté par un David Brécourt tel qu’on ne l’avait jamais vu auparavant revient pour la 2ème fois à Avignon. Le comédien y incarne un père qui enregistre un témoignage destiné à son fils dans lequel il raconte et revit les 7 jours qu’il a passé dans un train le conduisant vers un camp.

Adieu Monsieur Haffmann (la pièce aux 4 Molières) revient elle aussi, cette fois-ci portée entre autres par Benjamin Egner, Julie Cavanna et son auteur, Jean-Philippe Daguerre. Une situation inédite, presque cocasse, pleine de pudeur et d’émotions. Un bijoutier juif demande à son employé de s’occuper de sa boutique le temps que tout s’arrange. Ce dernier accepte à condition qu’en échange il fasse un enfant à sa femme !

Autre ambiance pour Fausse note avec Pierre Azéma et Pierre Deny mettant en scène un chef d’orchestre reconnu internationalement se voyant importuné par un soi-disant admirateur belge qui, au fil de la pièce, va révéler son vrai visage et la véritable raison de sa venue. Une partition haletante au dénouement jouissif.

Eric-Emmanuel Schmitt n’est pas resté insensible au sujet. Dans Le visiteur avec Sam Karmann, il nous fait remonter le temps jusqu’en 1938. Les nazis viennent d’envahir l’Autriche et la Gestapo est venue chercher la fille de Freud pour l’interroger. Cette nuit-là, le fondateur de la psychanalyse va recevoir l’étrange visite d’un homme prétendant être Dieu…

Inspirée d’une histoire vraie, L’un de nous deux propose un face-à-face entre Léon Blum et Georges Mandel alors emprisonnés en Allemagne. Incarnés par Emmanuel Dechartre et Christophe Barbier (exceptionnellement sans son écharpe rouge), les deux hommes savent que l’un d’eux ne survivra pas… © Morgane Las Dit Peisson

 

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