Le Festival International du Film Panafricain de Cannes 2026 fait se rencontrer cinéma, mode, musique, expo, conférences, artistes et public

Festival International du Film Panafricain de Cannes 2026
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Festival International du Film Panafricain de Cannes 2026

Regarder le monde autrement

Après les projecteurs du mois de mai, Cannes rallume les écrans pour un autre voyage cinématographique. Du 21 au 25 octobre, le Festival International du Film Panafricain investira l’Espace Miramar pour sa 23ème édition. Plus de 50 films venus d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe ou encore d’Amérique composeront cette traversée du cinéma indépendant, entre fictions et documentaires, histoires intimes et grands récits collectifs. Pendant cinq jours, les projections côtoieront également des rencontres avec les équipes, des conférences, des expositions, de la mode et de la musique.

Un réalisateur canadien pour ouvrir le festival

C’est au Canadien Jephté Bastien que reviendra l’honneur de donner le coup d’envoi. Président du jury consacré aux fictions, le réalisateur présentera mercredi 21 octobre à 19h30 son dernier film, Face to face, en ouverture du festival à l’Espace Miramar.

À ses côtés, plusieurs personnalités… L’actrice et productrice antillaise Astrid Siwanker présidera le jury des documentaires, tandis que la comédienne Maïk Darah – célèbre voix française de Whoopi Goldberg et Angela Bassett – comptera parmi les membres du jury. Le comédien haïtien Jimmy Jean-Louis sera également de la partie avec sa série de voyages Jimmy goes to Tropico.

Des hammams marocains aux mines du Congo

Le voyage commencera donc mercredi 21 octobre dès 9h30. L’évolution des hammams marocains, documentaire de Petri Luukkainen, retournera à Fès sur les traces d’une vingtaine de bains traditionnels étudiés à la fin des années 1990 pour savoir ce qu’ils sont devenus. La séance se poursuivra avec Le sang et la boue de Jean-Gabriel Leynaud, plongée à Numbi, dans l’est de la République démocratique du Congo, où l’exploitation du coltan – indispensable à l’industrie électronique – façonne la vie de toute une communauté.

Quelques heures plus tard, changement de décor avec Rano. Valery Rosier et Farellia Tahina Venance emmènent leur fiction sur une île au large de Madagascar, où une jeune Belge frappée par un deuil croise un homme parti à la recherche de sa mère. Le réel laissera alors progressivement entrer l’invisible. À 17h, Les possédés : le pouvoir de la transe Gnawa déplacera encore les frontières, cette fois à Montréal, où Mohammed Makhfi filme la renaissance de la lila tagnaouite, rituel porté par la musique, la spiritualité et la diaspora marocaine. L’équipe du film sera présente pour rencontrer le public.

Filmer les racines et les mémoires

La question de l’identité traversera une grande partie de cette édition. Jeudi, Nyota, les enfants lumière donnera la parole à des enfants marqués par les guerres de l’est du Congo. Dans un orphelinat du Kivu, Vanessa Kabwela et Idriss Gabel suivent notamment Chantal et Paulin, frère et sœur nés de viols de guerre, qui se rencontrent pour la première fois et partent sur les traces de leur mère.

Vendredi, ce sont les mémoires politiques du continent qui ressurgiront avec Amílcar de Miguel Eek. Le documentaire brosse le portrait d’Amílcar Cabral, agronome, poète et figure de la lutte anticoloniale en Guinée-Bissau et au Cap-Vert, assassiné en 1973. Plus intime, Kaloubadya suivra le même jour la quête de Marine Sigismeau, Réunionnaise partie explorer les silences de sa famille et les blessures transmises de génération en génération. L’équipe accompagnera la projection.

Quand le cinéma remonte le cours du jazz

Vendredi soir, les fauteuils de l’Espace Miramar devraient avoir quelques difficultés à rester immobiles. À 19h30, Tukki : des racines au bayou, d’Alune Wade et Vincent Le Gal, suivra les circulations culturelles entre les deux rives de l’Atlantique. Jazz, spiritualité, cuisine et arts de la parade se répondent dans ce documentaire porté par les compositions du musicien sénégalais Alune Wade.

La musique prendra aussi une place à part entière avec Dynamique Express, groupe de kompa haïtien et de zouk dirigé par Frédéric Mery, invité pour un ciné-concert. Une manière de rappeler que le FIFP ne se contente pas de montrer des images : cinéma, musique et arts se rencontrent au sein d’une même programmation.

L’Histoire à hauteur d’enfant

Parmi les rendez-vous du week-end, Valdiodio occupera seul la séance de 14h30 samedi. Réalisé par Amina N’Diaye Leclerc, le film s’inspire de l’histoire de son père, Valdiodio N’Diaye, figure de l’indépendance sénégalaise accusée de complot contre l’État. Mais plutôt que d’aborder cette page politique par le simple récit historique, la cinéaste choisit le regard d’Amina, sa fille âgée de 10 ans. L’arrestation, l’expulsion de la famille et la séparation deviennent ainsi les fragments d’une histoire nationale racontée depuis l’intimité familiale. L’équipe du film sera présente à Cannes.

Mais ce samedi ne se jouera pas seulement devant les écrans. La journée accueillera aussi la conférence des Mariannes de la Diversité, avant le traditionnel dîner de gala panafricain à 20h à l’Hôtel Martinez. Le Sublime Fashion Show by Donatela, également annoncé lors de l’ouverture et de la clôture, y ajoutera une parenthèse mode.

Des films, mais aussi un marché des arts

Le festival s’étendra cette année au Cannes Pan-African Films and Arts Market, espace voué aux créateurs. Le photoreporter François Maurel y dévoilera une exposition, tandis que Samuel Ivaha Diboua, gouverneur de la région du Littoral au Cameroun, dédicacera l’ouvrage consacré au bilan du peuple autochtone Batanga présenté lors du FIFP 2025.

Cette extension résume finalement assez bien l’ambition du rendez-vous : faire circuler les œuvres au-delà des seules salles de projection et créer des passerelles entre cinéma, photographie, littérature, mode et musique.

Derniers films avant les Dikalo

Dimanche, la programmation continuera notamment avec Le masque de San de Sarasin Jacques, road-movie ethnologique qui accompagne un homme et un masque africain dans leur retour au Mali, jusqu’à un territoire où magie et réalité commencent à se confondre. À 14h30, Rusambo d’Angela Zivo Gapa plongera dans une cérémonie de lobola au Zimbabwe bouleversée par la disparition mystérieuse de la dot. Les équipes des deux films sont annoncées présentes.

À 20h, les Dikalo Awards refermeront finalement ces cinq jours de projections. Longs et courts-métrages, fictions, documentaires, interprètes ou encore prix consacré à la paix : 9 catégories viendront distinguer les œuvres de la compétition avant un dernier concert. Une conclusion festive pour un rendez-vous qui, depuis Cannes, entend faire du cinéma panafricain une fenêtre qui s’ouvre bien au-delà des frontières du continent…

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Sur la Croisette, l’Espace Miramar ouvre ses portes à la culture

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