INTERVIEW

Fabrice Laurent en interview

By  | 

PERFORMANCE D’ACTEUR

Depuis bientôt 40 ans, le festival Performance d’Acteur se plie en quatre pour, le temps d’une semaine, afficher sur le visages des cannois et de leurs invités des sourires qui ont tendance à se faire trop rares depuis quelques temps. S’adressant à tous grâce à une programmation des plus variées, Agnès Bonnet et son complice Fabrice Laurent oeuvrent toute l’année en coulisses pour nous servir sur un plateau les artistes que l’on attend impatiemment sans oublier tous ceux qu’ils dénichent avec une passion dévorante.

 

Festival Performance d’Acteur avec Nawell Madani, Baptiste Lecaplain, Ary Abittan, Jarry…
⇒ À Cannes du 15 au 22 avril 2017

 


« Offrir de l’humour aux gens n’est pas quelque chose de futile… »


 

Morgane Las Dit Peisson : Encore une année passée…

Fabrice Laurent : Ça passe à une vitesse incroyable et on se retrouve déjà pour une nouvelle édition de Performance d’Acteur ! On a travaillé toute l’année pour ça et on a réussi, je crois, à concocter un beau festival malgré le marasme ambiant…

On a l’impression que faire un festival d’humour est encore plus utile aujourd’hui...

Effectivement, on réalise peut-être encore plus dans le contexte actuel qu’offrir de l’humour aux gens n’est pas quelque chose de futile… C’est essentiel de défendre notre liberté de rire mais surtout celle de critiquer, de se moquer, d’être impertinent et insolent… C’est ce qu’on fait depuis 38 ans et on n’a pas l’intention de s’en priver, tout particulièrement quand on sent que la menace gronde.

Les humoristes ne sauvent pas la vie des gens mais la soulagent…

L’époque est très anxiogène pour plein de raisons et face à ça, le rire a deux intérêts… Il soulage la tête bien sûr mais il fédère également. Voir des gens qui ne se connaissent pas rire ensemble dans une même salle avec un esprit convivial et fraternel, ça a quelque chose de réellement magique.

Une salle d’inconnus très différents qui s’accordent est en effet un beau message d’espoir…

Oui et c’est d’autant plus vrai sur le festival Performance d’Acteur où, depuis son commencement, on essaye de programmer des spectacles très divers autant au niveau des âges, que des registres d’humour ou des origines sociales alors voir rire en choeur des inconnus, c’est vrai que c’est déjà une jolie victoire…

Performance d’Acteur c’est l’autre festival de Cannes…

Oui c’est vrai ! (rires) Et dans l’esprit des gens qui voient ça de l’extérieur, Cannes est réduite à sa Croisette et ses paillettes alors que cette ville est loin de n’être que ça. C’est une ville qui est d’ailleurs extrêmement contrastée et c’est pour ça qu’on désire s’adresser à tout le monde autant dans le choix des spectacles que l’on propose que dans les nombreuses salles qui accueillent le public. On va à la rencontre des gens dans les salles de quartier mais on fait surtout en sorte qu’ils viennent en centre ville et dans ce fameux Palais des Festivals.

Investir huit lieux n’est pas, logistiquement parlant, une solution de facilité…

(rires) C’est certain qu’on choisit rarement les solutions les plus simples ! Par contre, au delà de l’intérêt que représente pour nous d’aller à la rencontre de tous les publics, alterner des salles qui ont des capacités d’accueil aussi variées nous permet de programmer des artistes qui le sont tout autant. On peut, comme cette année par exemple, proposer des spectacles à fort remplissage comme ceux de Nawell Madani ou Baptiste Lecaplain sans délaisser des artistes montants qu’on aime énormément tels qu’Ahmed Sylla ou le Chinois Marrant et qui – pour le moment en tous cas – ne peuvent pas encore assurer des salles de 1000 places.

Et il n’y a pas que des spectacles chez Performance d’Acteur

En effet, on propose régulièrement aux gens de participer au festival en organisant des ateliers d’écriture, de théâtre, de cirque… C’est essentiel pour nous de ne pas proposer qu’une simple programmation…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo droits réservés

Interview parue dans Le Mensuel de février 2017 n°378 éditions #1 et #2

 

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply