CINÉMA

Cécile de France et Grégoire Monsaingeon en interview pour le film « La passagère »

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« C’était exceptionnellement enrichissant à vivre ! » Cécile de France

 

Pour mettre sur pied La passagère – le 1er film d’Héloïse Pelloquet -, Cécile de France, Grégoire Monsaingeon et Félix Lefebvre se sont littéralement donnés corps et âmes à leurs personnages… Alors que Chiara est heureuse aux côtés d’un mari dont elle a aussi épousé la vie, la famille, le métier et les amis, toute son existence va se retrouver chamboulée à l’arrivée d’un jeune apprenti. Dépeignant une histoire d’amour où l’âge et les différences sont finalement dérisoires, la réalisatrice a livré un film charnel, réaliste, sans tabous et sans préjugés.

 

 


 

Cécile de France et Grégoire Monsaingeon pour le film « La passagère »

cinéma / comédie dramatique

  • 28 décembre 2022 / dans les salles de cinéma

 

 

 


 

 

Morgane Las Dit Peisson : La passagère est le 1er film d’Heloïse Pelloquet…

Cécile de France : Je me sens très privilégiée d’avoir participé au 1er long-métrage de cette réalisatrice… Il y a la plupart du temps quelque chose d’extrêmement pur dans une 1ère œuvre car c’est souvent très sincère. C’est une démarche qui vient généralement des tripes. Un 1er film, pour un réalisateur, ce n’est pas une envie mais une nécessité. C’est un bijou brut alors être embarquée dans une aventure aussi intense, c’est bouleversant, émouvant et vraiment très fort… Il y a une certaine magie la 1ère fois et je trouve ça enivrant !

Un univers déjà singulier, presque naturaliste…

Cécile de France : Je vois un peu Héloïse comme une rebelle quand elle raconte cette histoire d’amour qui vient buter contre les normes de la société ou quand elle déplace le regard du spectateur à travers un prisme féminin en réussissant à ne rien imposer ni revendiquer… C’est ça qui extrêmement fort dans son travail, c’est que les idées sont dans la chair du personnage et on en oublie tout discours. On est absorbé par l’histoire, on arrête d’intellectualiser, on se laisse embarquer et ce n’est qu’à la fin, qu’on se remet à réfléchir à tout ce qu’on a vu, « mine de rien »… La passagère est comme sa créatrice : simple, doux, populaire, généreux, bienveillant, humaniste…

 

 

Un tournage « mixte » entre non-acteurs et acteurs…

Cécile de France : Le lien qu’elle a créé avec les acteurs non professionnels sur le tournage était tellement pur et sincère qu’elle a réussi à les mettre suffisamment en confiance afin qu’ils lui donnent tout, sans concession… C’était beau à voir et c’était surtout exceptionnellement enrichissant à vivre.

Grégoire Monsaingeon : C’est un film d’une philosophie et d’une sensualité incroyables dans un milieu à la fois réaliste, mouvant, « fermé » et très masculin. Je suis sincèrement impressionné par le résultat… 

 

 

Un échange de connaissances…

Cécile de France : C’est exactement ça, on a énormément appris au contact des pêcheurs et de Noël qui, en particulier, nous a emmenés sur son bateau et enseigné les vrais gestes pour qu’on ne donne jamais l’impression, à l’écran, de « jouer ». En pénétrant cet univers, on a découvert tous ses risques, ses difficultés et on est directement entrés dans nos personnages. Souvent, on se documente doucement alors que là, on a été jetés dans le grand bain et il a fallu être à la hauteur tout de suite ! (rires) Ça a été un apprentissage accéléré et intense.

Grégoire Monsaingeon : Rien n’est vraiment passé par la tête, on a chopé nos personnages par le rythme et le geste, de manière très instinctive. Les langages du corps et du faciès ont été les éléments les plus importants à acquérir car il aurait été inconcevable que l’on trahisse ou ridiculise ces hommes marqués par la vie et à la peau tannée par la mer…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel aux Rencontres Cinématographiques de Cannes / Photos DR / interview dans Le Mensuel de décembre 2022

 

 

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