COUPS DE COEUR

Fanny Ardant part en tournée avec « La blessure et la soif »

By  | 

La blessure et la soif avec Fanny Ardant

théâtre / seul en scène / drame

 


Votre évènement n'apparaît pas dans l'agenda de notre appli ?

Soumettez-le nous GRATUITEMENT ici !


 

Magistrale

 

Elle enchaîne les films sans relâche – Les Rois de la piste ou Complètement cramé ! sortis dernièrement, Isola en production cette année et même Après, prévu pour 2027 ! – mais, bien qu’ils lui aient pris une grande partie de son temps et de sa carrière, Fanny Ardant n’a jamais tourné le dos à la scène, cet art premier qui s’impose, malgré toute sa dureté et son exigence, comme un espace vital. Après avoir brillé dans la comédie Croque-Monsieur puis dans deux pièces de Marguerite Duras, elle revient au théâtre (bien qu’elle se dise à chaque fois qu’elle n’y retournera plus !) dans un rôle aussi dense qu’épuré : une femme seule en scène, faisant face à l’amour, au désir, à l’absence et à la mémoire.

La blessure et la soif, adaptée d’une partie du roman (éponyme) foisonnant de Laurence Plazenet paru en 2009, raconte une passion interdite… Au 17ème siècle, en pleine Fronde, une femme – la Duchesse de Clermont – remplit toutes les conditions pour être « heureuse » selon les normes de l’époque. Orpheline, sortie du couvent à 15 ans pour « bien » se marier et devenir mère (de garçons, qui plus est), son destin semble tout tracé ! Jusqu’au jour où elle rencontre le chevalier de la Tour et découvre – elle qui a toujours été guidée par la foi de Dieu et ses lois – l’amour charnel et le coup de foudre. Par crainte qu’ils ne soient découverts, l’amant fuit et ne reviendra en France que des décennies plus tard pour se consacrer à la religion, avant de mourir.

Et c’est par là que commence l’histoire que Fanny Ardant nous raconte, avec sa voix grave et sensuelle – reconnaissable entre mille -, ses silences tendus et sa retenue brûlante, en livrant un jeu à la fois sobre et envoûtant. Sans artifice, en deuil et dans une pénombre magistralement habillée par la lumière de César Godefroy, la comédienne fait retentir le tumulte intérieur de cette femme qui n’a jamais cessé d’aimer malgré la distance et l’absence.

La mise en scène de Catherine Schaub, minimaliste et centrée sur le verbe, lui laisse tout l’espace pour s’emparer de ce texte exigeant, intime, presque mystique et qui résonne avec les grands rôles féminins de la littérature classique. La blessure et la soif confirme, s’il le fallait, que Fanny Ardant est définitivement une actrice instinctive, habitée et qui aime suffisamment la vie pour nous rappeler à quel point, même dans le drame, elle vaut la peine d’être vécue… Tout comme l’amour, qui sera d’ailleurs au cœur du prochain film qu’elle réalisera, Elle regardait sans plus rien voir… 

 

© Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photo Émilie Brouchon

 

↵ Retour vers la rubrique « théâtre »

       

 

You must be logged in to post a comment Login