COUPS DE COEUR

Éléonore Bernheim en interview pour la saison 9 de la série « L’art du crime »

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« Être actrice, c’est être un peu enquêtrice aussi ! » Éléonore Bernheim

 


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Véritable phénomène qui a dépassé nos frontières, la série « L’art du crime » revient avec deux épisodes inédits dédiés à Cézanne et David, dont une partie du tournage s’est déroulée à Aix-en-Provence. Fidèle à ce qui fait son succès depuis 9 ans, elle mêle enquêtes policières, vulgarisation de l’histoire de l’art et romance contrariée contrariée entre ses deux personnages principaux… Incarnés par les complices et passionnés Éléonore Bernheim et Nicolas Gob – qui éprouvent un plaisir non dissimulé à explorer leurs palettes de jeu -, l’historienne et le capitaine ne cessent, de saison en saison, de se façonner et de gagner en profondeur.

 

 


 

 

Éléonore Bernheim en interview pour la série L’art du crime

interview / festival / séries

  • Saison 9 de L’art du crime à découvrir sur France 2 :
    • Lundi 23 février / 21h10 / épisode 25 / Mourir avec Cézanne
    • Lundi 02 mars / 21h10 / épisode 26 / Le serment de David

 

 


 

Morgane Las Dit Peisson : Participer à Canneseries…

 

Éléonore Bernheim : Venir dans des festivals comme Canneseries, c’est un privilège parce que ça nous permet de mettre des visages sur les chiffres et l’audimat, ça rend la chose plus humaine et plus vivante ! Ce sont toujours des moments de partage que j’adore… Le public est tellement fidèle que c’est incroyablement revigorant de le voir. Et puis, je me suis rendu compte à la projection que beaucoup de jeunes suivent la série, alors qu’on s’imagine qu’ils ne sortent jamais la tête des réseaux sociaux. J’ai trouvé ça encourageant puisque inconsciemment, ils se cultivent. C’est une énorme satisfaction, car drainer un public aussi large était vraiment un pari !

 

Il fallait oser miser sur l’art…

 

Totalement ! C’était une vraie gageure de réussir à intéresser les gens à ce propos que l’on imagine souvent inaccessible. Et aujourd’hui, c’est fou la force de frappe de L’art du crime et les scores de chaque diffusion ! C’était complètement inattendu, d’ailleurs, on parlait au début de 2 ou 3 saisons seulement !

Il y a même un rayonnement dans le monde entier, car ce n’est pas diffusé qu’en France… On reçoit des messages en grec, en allemand, en néerlandais, en chinois et, quand on les a lus les premières fois, c’est devenu concret, on a pris la mesure du phénomène ! On vit vraiment quelque chose d’incroyable…

 

 

Preuve que l’art a un impact sur tout le monde, on fait désormais des prescriptions muséales…

 

Je crois que c’est grâce aux émotions qu’on se sent toujours concerné par l’art à un moment donné. Car, peu importe son terrain d’expression, l’artiste a pour vocation de provoquer des sensations. Sans être dans un rapport analytique ou d’expertise à l’art, si ça déclenche une émotion bienfaitrice, ça peut tout à fait avoir un pouvoir de guérison psychique, j’en suis sûre…

 

© Festival de Télévision de Monte-Carlo 2025

 

Il y a l’art mais aussi le crime, qui vous passionne…

 

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours été fascinée par les serial killers, les faits-divers et puisque ça me faisait très peur et que je devais être assez autocentrée comme tous les enfants (rires), j’étais constamment persuadée que j’allais être la prochaine cible !

Je suivais ça de manière très attentive dans le journal… Mais d’une certaine manière, être actrice, c’est être un peu enquêtrice aussi. Il faut essayer de comprendre son personnage, l’appréhender, le décortiquer…

 

 

Le personnage de Florence Chassagne gagne, au fil du temps, en maturité et en sérénité…

 

Oui, elle avait vraiment les qualités de ses défauts et les défauts de ses qualités. Avec toute sa spontanéité et sa capacité d’émerveillement, elle avait un ressort très enfantin qui l’empêchait d’avancer dans sa vie affective et personnelle. Je crois que cette immaturité ne pouvait pas tenir sur la longueur, et on en a d’ailleurs beaucoup parlé avec les auteurs. Pour moi, cette espèce de déséquilibre amoureux, cette incapacité à rentrer dans une relation pouvait finir par la faire devenir un brin agaçante. Il y a eu un moment où, moi-même en tant qu’actrice, je ne la trouvais plus crédible.

C’est déjà un personnage légèrement hors sol, donc il fallait l’ancrer un peu plus pour qu’on y croie… Ça me touche que ça se voie parce que ça a été un travail important pour moi de la rendre plus « réaliste » sans la dénaturer.

 

© Caroline Dubois – France Télévisions – Gaumont

 

On sent que vous affinez constamment les personnages…

 

C’est réellement de la dentelle et les auteurs sont dans ce travail-là aussi. C’est une grande chance d’avoir un rôle pareil, qui s’étire sur une décennie… On peut le bosser, l’enrichir, le malaxer, le guider… D’ailleurs, avec Florence Chassagne, j’ai découvert qu’un personnage peut à son tour nous accompagner pendant un moment de notre vie… Et comme il y a des ponts entre elle et moi, on se nourrit mutuellement.

 

© Caroline Dubois – France Télévisions – Gaumont

 

L’art du crime n’est pas dans un schéma « consommable ». C’est plus un rendez-vous…

 

C’est vrai que L’art du crime a sa propre temporalité alors qu’on est habitués à un rythme effréné de consommation qui a d’ailleurs donné naissance au terme « binger » ! Ça déforme le travail des scénaristes qui finissent par moins raconter une histoire que répondre à un cahier des charges. Maintenant, tu peux regarder les séries en accéléré et certaines sont même produites pour ça ! C’est fou !

Du coup, je trouve en effet plaisant que L’art du crime ne soit pas dans cette exigence-là d’efficacité. Elle a une grande ambition et se distingue des autres formats grâce à ça. Elle est très dense parce qu’elle se divise en 3 parties : l’histoire de l’art, la comédie romantique et l’enquête, donc elle a besoin de temps pour installer les choses, notamment avec l’art, qui n’est pas un prétexte. On ne peut rien négliger.

 

 

Impossible de ne pas revenir sur votre lien à tous les deux…

 

Dans la vie, les amitiés sont des cadeaux précieux… Entre Nico et moi, cette alchimie est née dans le travail et ensuite, on est devenus amis. Ça s’est construit par le jeu et désormais, c’est cette connivence qui le nourrit. Pour un acteur, c’est un atout insensé car ça t’emmène dans d’autres régions, ça te permet de dépasser tes limites sans crainte, sans honte… C’est tellement délectable ! Ça crée un langage commun qui facilite tout. C’est un tango qu’on danse depuis 10 ans maintenant et je ne remercierais jamais assez la vie, la série et Françoise Menidrey, la – très grande – directrice de casting d’avoir cru en moi pour ce rôle qui demande d’être aussi « calée » que décalée…

 

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel à Canneseries / Mars 2026 / Photo DR

 

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