Victor Belmondo en interview à Canneseries pour son rôle de Julien Sorel dans la série « Le rouge et le noir » sur France 2

Victor Belmondo en interview pour "Le rouge et le noir"
© Léane Le Meur
Au coeur de la drome provençale à Montélimar

Victor Belmondo

Si un grand nom peut parfois être lourd à porter, Victor Belmondo semble avoir réussi le pari de tracer son propre chemin sans jamais risquer la comparaison malgré une ressemblance physique flagrante tant avec son père qu’avec son grand-père… Rôle après rôle, le comédien affirme donc une personnalité et un jeu bien à lui, jusqu’à se glisser aujourd’hui dans les habits de Julien Sorel, l’un des héros les plus complexes de la littérature française. Dans cette nouvelle adaptation du « Rouge et le Noir » de Stendhal, il prête son énergie et sa sensibilité à ce jeune homme ambitieux, amoureux stratège et tourmenté, prêt à bousculer l’ordre social pour se construire un destin. Entouré de Virginie Ledoyen, Patrick Mille, Camille Razat, Patrick Timsit ou encore Romane Bohringer, Victor Belmondo retrouve pour l’occasion Gaël Morel, qui l’avait déjà dirigé dans son poignant long-métrage « Vivre, mourir, renaître« . Une nouvelle étape pour l’acteur, au cœur d’une mini-série événement à découvrir en intégralité dès le 21 août sur france.tv, puis à partir du 31 août à 21h10 sur France 2.

Morgane Las Dit Peisson : Vous avez retrouvé Gaël Morel à la réalisation pour « Le rouge et le noir »…

Victor Belmondo : On se sent en sécurité quand on retravaille avec quelqu’un qu’on connaît et qu’on apprécie. Je rêvais de refaire un projet avec Gaël et je pense que, pour m’attaquer à un personnage comme Julien Sorel et à une œuvre comme Le rouge et le noir, je ne pouvais pas être mieux entouré !

J’avais déjà mes marques… Avec Gaël, on est amis dans la vie, donc sur un plateau, on se comprend, on parle le même langage. Ça rend les choses beaucoup plus simples, plus rapides et plus fluides de se sentir en confiance et de savoir exactement où le réalisateur veut aller. On a une véritable connexion qui fait qu’on a besoin de très peu se parler, on sait l’un et l’autre où l’on veut amener la scène.

C’est flatteur qu’un même réalisateur arrive à vous imaginer dans des rôles très différents…

C’est excitant parce que j’estime énormément Gaël et son cinéma. Je trouve que c’est un réalisateur d’immense talent, donc qu’il puisse penser à moi pour endosser des rôles aux antipodes, c’est en effet hyper gratifiant et j’espère surtout que ça ne s’arrêtera pas là ! (rires)

Victor Belmondo en interview
© Nicolas Valois – France Télévisions

Julien Sorel permet de révéler de nombreuses facettes de jeu… 

C’est un personnage très complexe, qui navigue entre différentes émotions. Il nous perd un peu à certains moments, puis on le retrouve, et il nous surprend… C’est ça que j’ai trouvé fascinant et c’est ça que j’ai adoré jouer ! J’ai aimé mettre de la vérité et dévoiler son honnêteté dans chacune de ses contradictions, pour pouvoir mieux jongler entre les multiples états d’âme qu’il éprouve au fil de l’histoire.

Aborder un personnage presque « réel » tant tout le monde connaît…

C’est particulier comparé à un rôle que l’on doit créer… Il y a un équilibre à trouver entre le respect du texte de Stendhal et la vision qu’en a le réalisateur… C’était passionnant d’apporter à ce héros de la littérature mon ressenti, ainsi qu’une certaine modernité, sans pour autant dénaturer l’image qu’en ont les lecteurs. Ça a été le plus gros du travail : ne pas trahir l’œuvre tout en y injectant ma sensibilité.

D’ailleurs, pour l’anecdote, Julien Sorel n’a effectivement pas existé, mais Stendhal semble s’être clairement inspiré de vraies histoires pour écrire Le rouge et le noir

Jouer en costume…

Ça change complètement la donne quand on endosse un costume d’époque parce qu’on bascule totalement dans une autre réalité. Tout à coup, on a naturellement une nouvelle posture, on parle différemment et on est projeté dans le passé grâce aux décors !

Et c’est aussi en voyant les autres acteurs et les figurants avec qui on joue qu’on voyage dans le temps… Ça aide à ne plus se poser de questions, on s’immerge et on est en 1830 !

Victor Belmondo en interview
© Léane Le Meur

Le format série permet de travailler plus en profondeur le personnage ? 

Contrairement à pas mal de séries, je sais a priori – sans spoiler – qu’il n’y aura pas de suite pour moi ! (rires) Mais même sans ça, j’ai l’impression que ça n’a rien changé. 

On a tourné la série comme on tourne habituellement un film. La frontière entre les deux aujourd’hui est vraiment minime. En l’occurrence, on a tourné en 40 jours, ce qui correspond à la durée pour un long-métrage et on a travaillé de la même façon et au même rythme que sur un film. Peut-être aussi parce que Gaël Morel n’avait, jusqu’à présent, fait que du cinéma…

L’esthétique léchée et le traitement du rythme sont très cinématographiques…

Exactement et je trouve que c’est très fort de la part de Gaël. Il a réussi à respecter le roman ainsi que le texte classique tout en insufflant à la série une fraîcheur et quelque chose de très actuel, de très moderne, sans que ce soit « forcé ». Ce savant mélange est vraiment fluide. Tout est intact et en même temps, on regarde ça comme une histoire d’aujourd’hui…

En dehors du contexte historique, c’est une histoire contemporaine…

Les questionnements intimes demeurent les mêmes, c’est vrai… Ils sont simplement transposés dans une société qui n’est plus la nôtre. Mais de toute façon, le texte de Stendhal était déjà ultramoderne à son époque ! Le personnage de Sorel était sacrément en avance sur son temps !

Victor Belmondo en interview
© Nicolas Valois – France Télévisions

On ressort un petit peu différent d’un rôle comme celui-ci ?

J’ai tendance à vite passer à autre chose après un tournage, mais évidemment que chaque projet reste un peu en moi et m’apprend des choses sur moi-même, au-delà de l’expérience professionnelle. Donc oui, je crois qu’on reste habités et nourris de tous les personnages qu’on incarne, même après leur avoir dit au revoir, une fois entendu le dernier « Coupez ! » en plateau. Quoi qu’il arrive, je suis persuadé qu’ils sont enfouis quelque part en nous…

Présenter « Le rouge et le noir » à Canneseries pour rencontrer le public…

Je suis ravi, car ça nous permet de voir le public et d’échanger avec les journalistes. C’est fantastique, pendant un festival, d’avoir le temps de discuter avec les gens et d’avoir leurs retours… C’est une chance inouïe !

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Festival Canneseries de Cannes pour Le Mensuel / Photo Léane Le Meur

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