INTERVIEW

Susie Morgenstern en interview

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À la tête d’un empire de la littérature jeunesse comprenant plus d’une centaine d’ouvrages, Susie Morgenstern – la plus niçoise des américaines -, aura partagé, en plus de 40 ans d’écriture, le quotidien de centaines de milliers d’enfants et d’adolescents ! Pétillante, curieuse, drôle, farfelue et aussi colorée que les histoires qu’elle raconte à la jeune génération, l’auteure des sagas La famille trop d’filles et Emma mais aussi de Confessions d’une grosse patate, La Sixième ou encore L’Amerloque semble, bien qu’elle ait les pieds sur terre pour les choses essentielles, ne jamais avoir vraiment quitté Neverland…

 

SUSIE MORGENSTERN

Retrouvez ses livres dans la collection « Mouche » de l’édition « L’école des loisirs« 

 


« Mon âge mental oscille entre 10 et 14 ans ! »


Morgane Las Dit Peisson : Vous êtes niçoise…

Susie Morgenstern   :   C’est la honte ! (rires) Ça fait plus de 50 ans que je vis à Nice et, à cause de mon accent, on me traite toujours comme une touriste ! (rires) Je suis arrivée ici par amour et j’y suis restée ! Dans Jacques a dit, je raconte cette histoire qui me lie à Jacques Morgenstern, un grand mathématicien, chercheur et niçois de naissance qui, après avoir passé un an à New-York, a réalisé qu’il ne pourrait jamais vivre là bas ! J’ai vite compris que si je voulais garder le bonhomme, il fallait que je le suive et c’est comme ça que j’ai enseigné pendant 40 ans à l’Université de Nice ! (rires)

Enseignante mais surtout auteure de livres pour la jeunesse…

J’ai arnaqué l’Éducation nationale toute ma vie ! (rires) Quand l’envie d’écrire était insoutenable, je faisais des interrogations surprises aux étudiants pour me consacrer à mes livres ! (rires) Mais la plupart du temps, c’était une activité nocturne, pendant que tout le monde dormait à la maison… Maintenant, je m’y attèle en journée et je dors au moins huit heures par nuit !

L’inspiration…

On dit que l’écriture, c’est le résultat de 5% d’inspiration et 95% de transpiration ! C’est pour ça que, que j’aie une idée ou non, je m’oblige à me mettre au travail le matin et ça finit toujours par venir. Je vois vraiment cet exercice comme l’entraînement d’un sportif qui, fatigué ou non, doit entretenir son capital…

Les enfants…

Je crois que si j’ai choisi aussi naturellement de m’adresser à eux, c’est qu’en réalité, j’ai un âge mental qui oscille entre 10 et 14 ans… (rires) Plus sérieusement, Michel Tournier disait qu’écrire pour les enfants, comme il l’a fait avec Vendredi, était l’exercice le plus difficile car il y a beaucoup plus de contraintes. On ne peut pas se permettre d’ennuyer un enfant sinon on le perd et, bien qu’en étant écrivain, on aime la description et la narration, on est obligé d’être beaucoup plus factuel et efficace. Et puis, un enfant, contrairement à un adulte, ne prendra pas de gants s’il n’aime pas ! (rires) En ce qui me concerne, ça marche bien depuis plusieurs années, alors je commence à avoir un peu confiance en moi…

Désormais vous êtes grand-mère…

Quand j’étais maman, je m’inspirais énormément de la matière que m’offraient mes enfants et petit à petit, ce sont mes petits-enfants qui ont pris le relais… L’idée du livre iM@mie m’est d’ailleurs venue en observant mon petit-fils complètement « avalé » par les écrans ! (rires) J’aime profondément les enfants mais aussi les gens dans leur ensemble… Je peux d’ailleurs entrer en conversation avec des inconnus n’importe où, n’importe quand et je crois que c’est pour cette raison que j’écris et qu’ensuite, je prends autant de plaisir à rencontrer les lecteurs… C’est une occasion de plus pour papoter et connaître d’autres histoires que les miennes ! (rires)

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au Festival du Livre de Nice • Photo Le Mensuel 


Interview parue dans les éditions n°398 #1, #2 et #3 du mois de décembre 2018

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