INTERVIEW

Sellig en interview pour Le Mensuel en 2013

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Sellig

en interview 

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SELLIG
 
 
  

Nouveau Spectacle Episode 4

 

« Un humoriste est un bouffon moderne,

une soupape de la société… »

Plébiscité par la radio Rire et Chansons qui propose plusieurs de ses sketchs très régulièrement, Sellig a déjà dû vous faire hurler de rire plus d’une fois ! Pratiquant la thérapie par le rire qui porte souvent plus ses fruits que celle du divan, l’humoriste s’amuse des situations les plus banales de notre existence. Du déménagement à l’adoption d’un chaton en passant par l’achat de la peinture du salon, tout y passe pour nous aider à dédramatiser un quotidien qui ressemble très étrangement au nôtre. Dans son nouvel Épisode, il a choisi de s’attaquer entre autres aux dimanches ennuyeux et aux réveillons faussement festifs… Tout un programme…

 

   

seelig-interview-2014-CMorgane L : Nous allons découvrir l’Episode 4… Ce sont un peu Les aventures de Martine finalement ?

Sellig : Oui on peut dire ça ! (rires) Mais en un peu plus musclé et beaucoup plus rock n’ roll !

Dans ce dernier épisode, on va retrouver votre famille ? Votre soeur, votre beau-frère Bernard, votre femme, votre pépé, votre chat, votre chien et vos enfants ?

Exactement ! Sur scène, en gros, on est chez moi mais aussi chez 60 millions de français. On me dit souvent que c’est un sujet un peu bateau, mais c’est notre vie à tous. Tous mes personnages m’ont été inspirés par mes proches, par mes voisins, par des copains, par tous les gens qui vivent autour de moi. Et les gens s’aperçoivent en me voyant évoluer sur scène que l’on a tous la même vie, on est au moins 80% dans notre pays à vivre de cette même manière ! Ça fait peur n’est-ce pas ? (rires)

Le choix du quotidien était une évidence ou un besoin de vous défouler après la journée ?

Il y a un côté un peu agressif dans le défouloir… En réalité, c’est juste venu naturellement. J’ai remarqué, quand on se rencontre entre amis, que la première chose qu’on se raconte, après avoir parlé des gosses, c’est cette chose marrante, agaçante ou surprenante qui nous est arrivée dans la semaine. Sur scène, j’ai eu envie de faire la même chose, j’ai voulu raconter la vie de tous les jours avec mes propres mots car même si mon spectacle a plusieurs lignes de lecture, ce sont ces sujets tout simples qui sont au coeur même de la vie.

C’est pour ça que ce spectacle touche tout le monde…

Oui mais j’en connais qui n’aiment pas du tout mon style. Le quotidien brut de décoffrage comme celui que je raconte, peut angoisser certaines personnes. Je suis né dans une famille populaire, j’ai vécu dans le « peuple », au contact des gens. Mon grand-père m’a quasiment fait grandir avec Louis de Funès tant il le regardait, et je me souviens que ce grand artiste disait que sa seule volonté était de divertir. Mon travail aujourd’hui, mon rôle social, ce n’est que ça… Divertir… J’arrive au fil du temps à fédérer des gens de toutes catégories sociales qui viennent me voir à la fin du spectacle et je suis toujours étonné d’avoir fait rire ces gens-là. C’est très bizarre… À un moment donné, je crois que les gens m’oublient, sur scène je deviens leur miroir et ils se projètent complètement dans mes personnages et dans mes histoires.

Vous essayez de faire du bien aux gens ?

Plein de gens me disent ça à la fin du spectacle. Ils me confient qu’ils étaient arrivés complètement angoissés et stressés pour différentes raisons mais que, pendant une heure et demie, ils ont réussi à ne plus penser à rien. Ils sont parvenus à s’échapper, le temps d’une soirée, dans un autre univers que le leur et c’est là que je me dis que j’ai bien travaillé, que j’ai gagné mon pari et que j’ai réussi mon job.

C’est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire ?

Oui, le plus beau compliment c’est celui-là. Il m’est arrivé il y a quelques années de recevoir un homme venu au spectacle avec sa femme atteinte d’un cancer en phase terminale. En sortant, il est venu me voir pour me dire qu’il ne m’avait pas pas regardé une seule fois mais qu’il avait passé une merveilleuse soirée car il avait passé tout le spectacle à contempler rire sa femme… C’est extrêmement violent pour un artiste d’entendre ça car il prend conscience de beaucoup de choses y compris du véritable intérêt de son travail. Depuis que je fais ce métier, même si je ne suis pas dans les médias, pour je ne sais quelles raisons, les gens pratiquent le bouche à oreilles et disent entre eux qu’ils ont passé une heure et demie « ailleurs » avec Sellig. Certains ont oublié leurs problèmes d’argent, d’autres leurs maladies… C’est ça finalement le vrai job d’un humoriste. C’est un bouffon moderne, une soupape de la société.



Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel
Interview parue dans l’édition n°345 de Février 2014
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