CINÉMA

Oussama Kheddam & Alexandre Castagnetti en interview pour le film « L’école est à nous »

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« Cette histoire est une utopie réaliste ! » Alexandre Castagnetti

 

Inconsciemment plongés l’un et l’autre dans l’univers scolaire par des familles œuvrant dans l’Éducation nationale, le réalisateur Alexandre Castagnetti et le comédien Oussama Kheddam défendent avec passion et implication L’école est à nous qui sortira en salles le 26 octobre prochain. Profitant d’une grève générale, une jeune prof va laisser le « pouvoir » à des élèves afin qu’ils se réapproprient et finissent par aimer cet endroit où ils passent la majeure partie de leur temps : le collège ! Ni moralisateur, ni vindicatif, ce film propose des alternatives et fait, avec humour et finesse, réfléchir…

 

 


 

Oussama Kheddam & Alexandre Castagnetti pour« L’école est à nous »

  • au cinéma le 26 octobre 2022

 

 

 


 

 

Morgane Las Dit Peisson : Une tournée d’avant-premières avec le film L’école est à nous

Alexandre Castagnetti (réalisateur) : On est toujours un peu anxieux quand on arrive dans un cinéma mais quand on recueille les sensations du public et qu’on échange avec lui, on oublie tout tellement c’est génial ! On fait ce métier pour nous bien sûr, mais aussi pour le public alors quand on l’occasion de passer un moment avec lui, c’est magique !

 

« C’était mon rêve de faire un film « utile » !«  Alexandre Castagnetti

 

Un film qui suscite débats et échanges…

Alexandre : Les débats sont animés autour du thème de l’éducation, les spectateurs sont émus, investis, ont une envie de changer les choses… C’était mon rêve de faire un film « utile » mais sincèrement, je n’en attendais pas tant ! L’accueil qu’il reçoit est la plus belle des récompenses… 

Oussama Kheddam (comédien, photo ci-contre) : Le public se livre, raconte des expériences personnelles ; des profs et des élèves exposent leurs points de vue… C’est vraiment agréable d’assister à ça !

 

 

Le terreau scolaire…

Alexandre : C’est vrai que c’est un univers qui m’inspire ! (rires) Le film La colle se passait lui aussi en milieu scolaire mais avec L’école est à nous, je voulais vraiment faire une comédie engagée. On n’est pas dans le loufoque mais dans l’émotion, dans le réalisme et la réflexion. D’ailleurs, on s’est beaucoup documenté sur ce qu’il se passait tant en France qu’à l’étranger. On a travaillé avec des chercheurs en éducation et des profs avant même d’écrire. Le but était de pouvoir s’appuyer sur quelque chose de solide, d’en faire le constat et de proposer une solution possible qui existe déjà. En gros, cette histoire est une utopie réaliste ! (rires) L’école peut être géniale, les enfants peuvent kiffer y aller, peuvent aimer leurs profs et se lancer dans de beaux projets. 

 

 

« J’aime mettre en lumière des personnalités et des parcours discrets, des gens de l’ombre…«  Oussama Kheddam

 

Oussama, prof de techno…

Oussama : Quand Alexandre m’a proposé ce rôle, j’ai évidemment accepté tout de suite ! Je ferais des films toute ma vie avec lui si c’était possible ! (rires) On est devenus amis sur les précédents tournages et j’ai une totale confiance en lui… Mais évidemment, je ne me serais pas lancé dans le projet si le scénario ne m’avait pas plu et j’ai aimé ce personnage de prof de techno parce qu’il fait partie de ces gens dont, au quotidien, on ne parle pas beaucoup. Comme le prof de dessin ou de musique, il a peu d’intérêt en général – aux yeux des parents ou de ses collègues – et moi, c’est quelque chose qui me touche et m’intéresse dans le choix d’un rôle. J’aime mettre en lumière des personnalités et des parcours discrets, des gens de l’ombre.

 

 

Une nouvelle idée de l’école…

Alexandre : Je pense que les classements, la fierté démesurée des 1ers de la classe et le mal-être viscéral des derniers, devraient être bannis de l’Éducation nationale car elle fait plus de mal que de bien. On ne devrait plus apprendre aux enfants à courir après une note mais à s’intéresser réellement aux sujets qu’ils abordent pour qu’ils prennent plaisir à apprendre. L’école doit permettre de réduire les inégalités, pas les accentuer…

Oussama : D’ailleurs, on voit à quel point ça a influencé notre rapport aux autres et à la société. On passe notre temps, aujourd’hui, à tout noter ! Du chauffeur de taxi au livreur de pizza en passant par le plat qu’on vient de manger ! On est en train de devenir dingues avec ça car ça affecte inconsciemment l’image que l’on a de nous-mêmes…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel au CGR Chabran Draguignan / Photos Julien Panié / interview dans Le Mensuel d’octobre 2022

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