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COUPS DE COEUR
« La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob », l’histoire folle et vraie racontée par Jean-Philippe Daguerre
La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob de Jean-Philippe Daguerre
lecture / roman / comédie / théâtre
- paru le 07 janvier 2026 chez Albin Michel
- 176 pages / 17.90€ / à commander ici !
- au théâtre : depuis le 10 janvier 2026 / Paris / Théâtre Montparnasse / infos & billetterie ici !
La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob de Jean-Philippe Daguerre : Quand le réel dépasse la fiction
Homme de théâtre, auteur et metteur en scène, Jean-Philippe Daguerre (à qui l’ont doit Adieu Monsieur Haffmann et Du charbon dans les veines) aborde ce 1er roman comme il construirait une pièce de boulevard contemporain : une mécanique précise, des scènes courtes, un rythme vif. Le récit a d’ailleurs déjà été porté sur les planches à Paris, trois jours après la sortie de l’ouvrage en librairies ! Et c’est peut-être ce savoir-faire théâtral qui a été la clef pour raconter avec autant de justesse l’histoire de La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob… Car si le titre peut nous laisser croire à un conte pour enfants, il s’agit bien là d’un fait réel, presque historique, bien qu’il ne soit pas resté dans la mémoire collective…

Jean-Philippe Daguerre © Alexandre Foulon
Tout commence après Mai 68, au Fouquet’s. Une jeune inconnue, Danièle Bâtisse, y fête ses 27 ans lorsqu’elle croise Georges Cravenne (qui deviendra rapidement son époux), attaché de presse et producteur de cinéma alors au sommet de sa carrière. On se situe aussi après le succès colossal de La Grande Vadrouille réalisé par un certain Gérard Oury qui, avec sa fille Danièle Thompson, s’est déjà engagé dans un nouveau projet : une comédie audacieuse et déjantée opposant les communautés juive et palestinienne ! Sujet également sensible à l’époque… Pas étonnant que les équipes aient exprimé quelques réticences, Louis de Funès et Cravenne les premiers… Malgré tout, ils ont (c’est facile aujourd’hui de l’affirmer) évidemment eu raison de se lancer même si le début des années 70 était marqué par la guerre du Kippour.

Le tournage a lieu, de Funès – d’un professionnalisme obsessionnel – répète jusqu’à l’épuisement (notamment pour la célèbre scène de danse) et le film, passé culte, nous a laissé autant de répliques légendaires – « Salomon, vous êtes juif ? Ah ben ça alors ! Ça ne fait rien, je vous garde quand même ! » – que de passages mémorables comme la danse bien sûr, mais aussi l’usine de chewing-gum ou encore de Funès à moto, déguisé en rabbin, lancé à pleine vitesse rue de Rivoli derrière un dissident palestinien. Une image devenue symbole !
La sortie du film est prévue le 18 octobre 1973. Les préprojections organisées par Cravenne sont un triomphe, mais « une » femme (propalestinienne et maniacodépressive), s’y oppose fermement, dénonçant une approche comique qu’elle juge criminelle. Alors qu’elle prétexte vouloir aller se reposer à Saint-Paul-de-Vence, elle monte précisément ce jour-là dans un vol Paris-Nice, affublée d’une fourrure blanche, accompagnée de son petit chien Zizi et… d’une carabine ! Son idée ? Détourner l’avion et demander, haut et fort, que les bobines du film soient détruites ! Malgré ça, il sortira et connaîtra un succès foudroyant.

La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob au Théâtre Montparnasse à Paris
Une histoire vraie, racontée comme une pièce haletante que l’on peine à lâcher, où le rire, la politique et le tragique se télescopent, jusqu’à laisser le lecteur face à une réalité bien plus vertigineuse que la fiction…
© Textes Jean-Louis Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photo DR
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